Après avoir proposé deux mises plutôt formelles, je propose cette fois-ci un ensemble beaucoup plus sport qui repose avant tout sur une pièce centrale, un voyageur en demi mesure dans un tissu pied de coq Holland & Sherry pesant 700g/mètre. Je précise d’ores et déjà que malgré le soleil apparent, les photos ont été prises en février à une période où les températures étaient beaucoup plus basses.
Ce manteau (taille 46) est basé sur le même patronage que celui qu’arbore Virgile dans son billet Only Brown In Town. Je ne vais pas donc pas revenir sur ses caractéristiques car il les a déjà présentées.
À l’instar du sien, la longueur est d’un mètre, ce qui me paraît adapté en l’espèce. Les manches sont volontairement plus longues que celles de mes manteaux/imperméables de mi-saison. En effet, c’est un manteau d’hiver, je le porte donc généralement avec une paire de gants, dès lors une manche un peu plus longue donne une meilleure couverture et une meilleure isolation.
C’est un manteau sport du fait de son patronage caractérisé notamment par ses grosses poches plaquées à rabat et aussi du fait du motif du tissu. Dès lors, il me semble plus approprié de le porter par-dessus une tenue dépareillée que par-dessus un costume.
Mais revenons sur ce tissu à motif pied de coq plutôt marqué. Le moins que l’on puisse dire est que cela sort de l’ordinaire. Je dois reconnaitre que j’apprécie particulièrement le pied de coq et le pied de poule d’une manière générale, je trouve que ces motifs ont plus de personnalité que le chevron qui présente l’avantage et le désavantage d’être très discret. En l’espèce, ce manteau n’est pas discret, je me doute qu’il sera considéré comme inélégant par de grands penseurs qui crieront à la faute de goût. Bien sûr, cela n’empêchera pas ces détenteurs du Savoir universel d’apprécier ce type de pièce en regardant un film américain des années quarante. La vérité est qu’il s’agit simplement une pièce très classique qu’on peut apprécier ou pas.
Je reconnais que ce manteau n’est pas pour les « débutants ». Il n’est pas discret et de fait attire les regards. Il faut pouvoir l’assumer. Autant le dire clairement, si vous ne vous êtes pas affranchi du regard des autres, passez votre chemin.
En outre, ce manteau m’a permis de constater, une nouvelle fois, la grande inégalité existant en matière vestimentaireentre les hommes et les femmes. En effet, j’ai pu constater que lorsqu’une femme, quel que soit son âge, porte une veste ou un manteau dans un tissu similaire, cela ne « choque » personne. En revanche, pour un homme, a fortiori relativement jeune, je vous garantis que c’est une autre histoire.
Au-delà du manteau, le reste de la mise n’a pas grande importance. C’est une mise dépareillée qui comporte un blazer bleu croisé 6×2 à poches plaquées et un pantalon de flanelle gris clair, à pattes de serrage, bas à 18cm et revers de 5cm.
La chemise est blanche à fines rayures bleues, à poignets simple comme d’habitude. Le col est différent de ceux présentés dans les deux mises précédentes. C’est un semi-spread, il ne fait que 7,6cm de longueur mais il est suffisamment évasé pour rester sous les revers de la veste. En revanche, il ne présente pas un empattement suffisant, à mon goût, ce qui fait que le nœud de cravate ne vient pas s’insérer de manière très nette. À ce sujet, la cravate est en cashmere gris foncé, elle fait 8cm dans le bas.
Afin d’insister sur le côté sport de l’ensemble, je porte une paire de chukka boots en veau velours sable, non doublée. Je sais qu’il y a quelques opposants au port d’un bas revers avec une paire de chukka mais je ne me suis jamais senti concerné par cette règle. Je porte des bas revers parce qu’ils donnent d’avantage de tenue au bas du pantalon. En outre, je porte mes pantalons courts, avec très peu de cassant, le revers me permet d’insister sur le fait que c’est bien volontaire. Pour les bas simples, même très étroits, un peu plus de cassant me paraît, en général, plus approprié.
Enfin, je porte un mi-bas pied de poule gris et noir afin de maintenir un semblant de continuité avec le pantalon.
Bonne lecture,
Pierre-Antoine LEVY
Photos prises par Virgile MERCIER à l’aide d’un Canon EOS 1100D
Suite aux très nombreux mails que nous recevons chaque semaine, nous avons pris la décision de citer les marques à titre indicatif.
Manteau : Marc Guyot
Blazer : Boglioli
Chemise : Barba Napoli
Pantalon : Arthur & Fox
Cravate : Drake’s
Chaussures : Alden














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brillant
Pierre-Antoine,
Je te lis regulierement et je trouve que tu connais vraiment ce dont tu parles,
et de plus tu as beaucoup de style c’est toujours plaisant de voir un jeune homme bien saper.
sans être pédant ou désagréable, une petite précision de conjugaison : "bien sapé" : "un jeune homme bien "pris" et non "prendre"
En tous les cas, un manteau possédant son caractère, un peu d’originalité tout en conservant de l’élégance ne fait pas (jamais ?) de mal !
Belle tenue, belle maîtrise du sujet. Bravo.
Il n’est certainement pas simple de sourire sur commande, mais pour les prochaines revues, tentez d’abandonner cet air si sérieux…
un peu étonné de la différence d’orientation du motif sur les revers…
Il serait difficile qu’il en soit autrement… Les revers ne sont pas amovibles.
Justement, l accord des motifs n aurait il pas du etre fait lors de la confection?
Très belle mise, qui a le mérite de présenter un motif original. Quant à la marque de vos gants ?
Merci Ayrton,
Ces gants en pécari proviennent de chez HELION, une maison française que je tiens en haute estime.
Ah, superbe en effet, quel dommage que ce genre de savoir-faire ne se trouve pas en livraison.
Tres bel ouvrage. Du pur Marc Guyot. A titre personnel, je n’hesiterais pas a porter le manteau a la ville. Concernant les marques, j’aimais bien le côté anonyme des tenues, qui donnaient l’occasion de jouer aux devinettes, du moins pour les pièces principales mises en valeur. !
Ping: Very bold coat… « StyleGent.com
Je ne comprends, s’il agit d’une demi-mesure de M. Guyot, pourquoi indiquer une taille ?
En demi-mesure, on part d’une carrure pré-existante étant donné que l’on se base sur un patron généralisé. Donc en l’espèce, la carrure de ce manteau correspond bien à un 46.
Je pense que cela peut être intéressant pour les lecteurs afin de situer un peu les choses. En effet, au cours de mon expérience dans le PAP, j’ai pu constater que la plupart des hommes ne connaissaient pas leur taille et n’avaient aucune idée concernant celle-ci. C’est sans doute pourquoi, ils se font vendre/achètent souvent des vestes et des manteaux bien trop grands.