Suite à la demande de certains de nos lecteurs, For The Discerning Few vous propose aujourd’hui un petit article consacré à un accessoire désuet : l’épingle à cravate.
A l’origine, l’épingle à cravate (tie pin en anglais) était uniquement portée par les aristocrates anglais. Outre son aspect décoratif indéniable, l’épingle leur permettait de fixer les plis de la cravate, qui à l’époque était sans doute esthétiquement plus proche de ce que l’on appelle aujourd’hui « lavallière ». Souvent en soie, accompagnée éventuellement de dentelle, il était nécessaire de bien fixer cette lourde pièce de tissu afin qu’elle conserve sa forme et qu’elle reste bien en place.
Les épingles étaient en général surmontées d’une perle ou d’une pierre précieuse et elles étaient confectionnées à la demande pour leur propriétaire.
A la fin du 19ème siècle, cet accessoire s’est quelque peu popularisé. Il a d’abord été adopté par les classes supérieures britanniques, avant que les Américains à leur tour, ne s’en emparent. On peut alors parler de véritable « prêt à porter » de l’épingle à cravate, celle-ci étant désormais produite en série, la perle étant remplacée par diverses figures telles que des têtes d’animaux, des épées et autres symboles.
En cette fin de 19ème siècle et début de 20ème siècle, l’épingle à cravate est aussi bien portée par des hommes que par des femmes et elle trouve désormais sa place sur tous les divers tissus que les gens peuvent nouer autour de leur cou (cravates, nœuds divers, foulards, etc.)
Si nous considérons que la pince à cravate est tombée en désuétude (voir notre billet consacré à cet accessoire), que dire alors de l’épingle à cravate ? Il est désormais rarissime de croiser un élégant porter un tel ornement. Cet « oubli » des nombreuses pièces et accessoires qui composaient le vestiaire masculin prouve, encore une fois, l’appauvrissement de ce dernier. Néanmoins, la disparition de l’épingle à cravate peut s’expliquer aussi par la cravate telle qu’elle existe aujourd’hui. La cravate contemporaine a une meilleure tenue que les cravates qui existaient à l’époque, notamment dans sa partie supérieure (juste sous le nœud). Il n’est plus utile désormais de fixer la cravate à cette hauteur, celle-ci n’étant plus bouffante. L’épingle à cravate n’a donc désormais qu’une fonction purement esthétique. A l’inverse, la pince à cravate, placée généralement plus bas, a toujours pour fonction de fixer la cravate pour éviter que celle-ci ne vole au vent.
Si une épingle à cravate discrète peut tout à fait être portée dans la vie de tous les jours dès lors que vous portez une tenue formelle, cet accessoire est fortement recommandé lorsque vous portez une lavallière. Nous entendons par « lavallière » ce qu’il serait plus convenable d’appeler "Ascot", soit le type de nœud présent sur cette photo:
Et non celui qui ressemble à un énorme nœud papillon que voici (principalement porté par des femmes au 19ième siècle) et qui s’appelle véritablement "lavallière":
Sans épingle, la lavallière est tout de suite beaucoup plus triste et elle sera rapidement très désordonnée, il faut bien le reconnaitre. Dès lors, l’épingle à cravate sera de bon aloi lors des mariages ou autres cérémonies en habit.
Nous préconisons le port d’une épingle surmontée d’une perle. Le plus simple est le mieux. Pas de figure tarabiscotée et trop clinquante, cela ne rime à rien.
Si à titre personnel nous n’avons jamais porté cet accessoire, il est toujours intéressant de connaitre la richesse du vestiaire masculin et, sans nécessairement les porter aux nues, de mettre en avant des accessoires et des pièces aujourd’hui délaissés et presque oubliées.
Nous en profitons pour remercier les lecteurs qui nous font part de leurs suggestions et de leur intérêt pour tel ou tel sujet, que nous nous efforçons généralement de traiter. Nous remercions aussi les nombreux lecteurs qui communiquent avec nous par mails et sur le blog par le biais des commentaires.
Amicalement,
Virgile Mercier et Pierre-Antoine Levy – For The Discerning Few





















