Voici les visuels pour la nouvelle saison de la Maison parisienne Caulaincourt, qui attestent une nouvelle fois que son créateur, Alexis Lafont, est toujours très (bien) inspiré.
Collection Paris:
Voici les visuels pour la nouvelle saison de la Maison parisienne Caulaincourt, qui attestent une nouvelle fois que son créateur, Alexis Lafont, est toujours très (bien) inspiré.
Collection Paris:
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Voici quelques visuels de la nouvelle collection Club été 2012 de Caulaincourt.
Concernant les modèles dotés d’une semelle brique, Alexis Lafont, le fondateur et designer de la marque parisienne, apporte la précision suivante: "La première de montage est montée et cousue avec la technique dite du bolognais. Ensuite, la trépointe est cousue Blake à la première. Enfin, la plaque de micro cellulaire qui ne peut être cousue en raison du matériau qui la constitue, est collée à la première ainsi qu’à la trépointe. Souvent sur ce type de montage, la trépointe est "fausse", simplement soudée, ce n’est pas le cas sur nos modèles afin de procurer plus de robustesse."
"En outre, nous avons utilisé deux formes à monter sur ce type de modèle: une forme assez ronde pour le Buck et le Old Wing et une forme arborant plus de bois sur le bout et légèrement plus nerveuse pour le Hopkins. Souvent les formes utilisées pour les modèles de type Buck sont très, très rondes à l’instar de celles employées pour les chaussures de golf. Les nôtres sont arrondies mais plus étroites et donc assez "racées" pour des formes rondes. Cela permet d’éviter avoir un soulier qui aurait un aspect un peu lourd."
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For The Discerning Few a le plaisir de présenter à ses lecteurs un nouvel entretien exclusif avec Alexis Lafont, créateur de Caulaincourt, que nous avions déjà rencontré il y a un an maintenant. Cet entretien a été réalisé à l’occasion de la présentation de la nouvelle collection de la marque.
Lien vers la première interview d’Alexis Lafont.
For The Discerning Few : Peux-tu nous présenter la nouvelle collection automne/hiver Caulaincourt ?
Alexis Lafont : En termes de nouveaux modèles, l’actualité chez Caulaincourt se présente sous deux formes : la nouvelle collection Club hiver et les nouveaux modèles de la collection Paris.
La collection Caulaincourt Paris étant une collection de souliers intemporels, la création de nouveautés prend plus de temps et n’est pas soumise au dictat des saisons. Nous venons de recevoir notre double boucle asymétrique, le modèle Pandore, monté sur la nouvelle forme à monter « maison » : une serre d’aigle. Certains modèles sont plus difficiles à réussir que d’autres … En l’occurrence il y a tellement de modèles à boucles sur le marché, et parmi eux de vrais modèles mythiques, qu’il était important de laisser du temps au temps. C’est chose faite et je suis très fier de ce modèle qui restera sans doute un classique de notre maison.
En outre, nous proposerons aussi trois nouveaux modèles supplémentaires – un derby et deux richelieu, conçus pour être de belles bases à patiner – qui devraient faire leur entrée en février 2012.
La collection Club hiver de cette année, quant à elle, est particulièrement riche :
- Des rééditions de classiques « maison » en série limitée
- Le Tweed
- Une nouvelle forme : la AL 800 (qui accueille aussi le modèle Pandore)
- Une collection Capsule montée en Vibram
- Le premier soulier Caulaincourt doublé en fourrure de lapin
- Le premier soulier vernis Caulaincourt (à venir)
FTDF : Comment t’est venue l’idée de créer des modèles bi-matière en utilisant du tweed ?
Alexis Lafont : Cela existe déjà depuis très longtemps : j’ai retrouvé une paire en bi-matière tissu / cuir datant de 1890. Je me suis donc contenté de reprendre cette idée et de l’interpréter sur des modèles ayant les caractéristiques des souliers d’antan, modernisés :
- Bottillons en richelieu : devenus très rares à une époque ou les gens veulent aller toujours plus vite car c’est assez long à chausser le matin
- Figures de style « old school » comme le modèle Gatsby
- Formes plus arrondies mais très creusées en cambrure etc.
Et puis, en ce moment nous travaillons avec Savile House by Scabal sur des événements singuliers. Récemment, nous avons proposé à nos clients de réaliser leur propre Tweed au cours d’une soirée, chose rarissime. Le client pouvait ensuite commander du tissu et faire réaliser, par exemple, une paire de soulier sur commande assortie à une saharienne.
FTDF : Tu as aussi utilisé des semelles Vibram, on sait que c’est assez tendance. Quel est ton avis sur la question ?
Alexis Lafont : Cette nouveauté s’inscrit dans une volonté qui nous anime de répondre à des aspirations d’ergonomie de nos clients, en plus de l’aspect esthétique et qualité. Un montage gomme a les vertus évidentes qu’on lui connait. Mais aussi quelques défauts comme la difficulté d’un ressemelage propre et l’esthétique qui peut déplaire à certains. Donc nous avons travaillé à résoudre ces problèmes. Nous avons en réalité un double montage : un premier montage cuir en Blake, auquel on ajoute une semelle gomme cousue elle aussi. Cette solution résout les deux problèmes évoqués plus haut, en particulier sur le plan esthétique. En effet, une fois chaussés, ces souliers ne peuvent être identifiés comme étant montés sur une semelle gomme.
Quant à Vibram, c’est tout simplement une des marques de référence qui a fait ses preuves.
FTDF : Tu as développé une ligne femme comme tu nous l’avais annoncé lors de notre première interview. Peux-tu nous en parler ?
Alexis Lafont : En quatre ans, je ne compte plus le nombre de femmes de clients m’ayant demandé de passer à la chaussure femme. Ce n’est ni mon métier ni mon inspiration et pas mon savoir-faire. Mais à force, l’idée a fait son chemin. C’est d’ailleurs le même phénomène qui nous amène à sortir notre premier soulier vernis masculin dans quelques semaines. Et j’ai commencé à entrevoir cela comme un défi personnel. La solution à mon problème a été la suivante : utiliser la technique et le savoir-faire « homme » sur des souliers de femme. Cela a donné naissance à deux modèles sortis cet été, et qui ont, à ma grande surprise je dois le dire, rencontré un vrai succès.
On envisage désormais de décliner un nouveau modèle en veau à patine de façon à pouvoir offrir aux femmes le choix de personnalisation que l’on offre aux hommes.
Pour autant, nous n’avons pas l’ambition de développer outre mesure la chaussure femme chez Caulaincourt. Nous restons avant tout une marque masculine.
FTDF : Peux-tu nous parler de ta petite gamme de maroquinerie qui se développe ?
Alexis Lafont : Il y a plus d’un an nous avions sorti un sac 24h masculin de toute beauté, à un tarif placé étant donné les caractéristiques qu’il développait. Il s’agissait d’un MTO : le client choisissait la doublure de son sac (cuir, ou tissus type tweed, tartan etc.) ainsi que la patine de la peausserie habillant l’extérieur du sac. Ce sac a rencontré un franc succès mais nous avons malheureusement dû arrêter sa commercialisation en raison d’un problème rencontré par l’atelier chargé de sa fabrication. La maroquinerie et le travail de patine font partie de notre savoir-faire et j’étais frustré d’avoir été contraint d’arrêter ce produit. Inutile de préciser que nos clients l’étaient encore plus que moi.
Il est très rare aujourd’hui à Paris de dénicher de la maroquinerie dont on choisit la couleur à la carte et il est encore plus rare de trouver cela à un prix correct. Nous proposons depuis longtemps les ceintures sur mesure patinées, ainsi que d’autres objets connexes comme de magnifiques gants lustreurs. Pour compléter cette offre, nous avons récemment développé une gamme d’objets de petite maroquinerie de toute beauté en partenariat avec la marque Italienne Il Bussetto. Nous disposons aujourd’hui de dix formats, du traditionnel et mélancolique porte monnaie années 30 à l’étui à cigares.
Chaque objet est à patiner sur demande (ce que Il Bussetto ne faisait pas jusqu’à présent), sous un délai d’une semaine. Pour les fêtes cette année nous disposons également de quelques pièces en peaux exotiques, dont le superbe galuchat (étui IPhone, pince à billets, porte feuille etc.) Nous espérons pouvoir développer cette nouvelle offre décalée et luxueuse en début d’année prochaine.
FTDF : Caulaincourt propose déjà une offre qui est très étoffée. Redoutes-tu de manquer un jour d’inspiration ? Est-ce pour toi un challenge constant de développer des nouveaux modèles ?
Alexis Lafont : Nous disposons, toutes collections confondues, d’une quarantaine de modèles de souliers (hors couleurs), montés sur un parc de huit formes à monter. C’est effectivement ce que l’on peut qualifier une offre « étoffée », surtout si on y ajoute les déclinaisons infinies rendues possibles par nos possibilités de patines à la carte. C’est une excellente question…car c’est une question difficile !
Pourtant, je ne ressens pas l’inspiration comme une épée de Damoclès mais comme un défi dans lequel je prends du plaisir. C’est sans doute même la vraie jouissance de mon métier : lorsque je reçois les premiers prototypes, mes employés me comparent à un enfant devant l’arbre de Noël ! Mais pour aller plus loin dans ma réponse, je dirai que la création d’un modèle arborant une identité bien définie est un défi et que le défi stimule la création. C’est donc, d’une certaine façon, un cercle vertueux.
FTDF : Est-ce difficile d’intégrer de nouveaux produits au sein de ton offre tout en restant dans l’esprit Caulaincourt ?
Alexis Lafont : Je ne me sens pas enfermé dans un style, une époque, une culture, en bref une inspiration bien particulière, et je crois que l’ADN de mes souliers vient d’ailleurs. Si on prend le modèle Pink et le modèle Maral Sport par exemple, on ne peut pas dire que l’inspiration soit la même. Et pourtant je pense qu’on y reconnait la personnalité Caulaincourt dans l’un comme dans l’autre.
Le plus beau compliment qu’un client puisse me faire, c’est quand il me dit avoir reconnu une paire de Caulaincourt dans la rue. Le nombre de modèle faisant qu’il est difficile pour quelqu’un d’extérieur de connaitre tous nos modèles, c’est symptomatique. Je pense que le fait que nos formes sont fines, racées mais jamais longues quel que soit le modèle, contribuent à cette personnalité bien marquée.
Mais tout ceci est aussi et surtout rendu possible grâce au travail des ateliers qui parviennent toujours à faire exister les images que j’ai en tête, avec talent et ce, même s’il faut recommencer de nombreuses fois pour y parvenir. Sans eux, sans la confiance et la passion partagées pour notre métier, ce ne serait pas possible.
For The Discerning Few remercie une fois encore Alexis Lafont ainsi que toute l’équipe Caulaincourt pour leur disponibilité et leur gentillesse.
Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER pour le compte de For The Discerning Few. Paris, novembre 2011. Toute reproduction est strictement interdite sans l’accord des auteurs.
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Voici les premières images de la Collection été 2011 de chez Caulaincourt :
Ce billet est aussi l’occasion de saluer la créativité et le talent du jeune créateur français Alexis Lafont.
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For The Discerning Few a le plaisir de présenter à ses lecteurs un entretien exclusif avec Alexis Lafont, créateur de Caulaincourt, réalisé à l’occasion de l’ouverture du second magasin de la marque au 11 bis rue Chomel dans le 7ème arrondissement de Paris.
Seconde interview d’Alexis Lafont, le 28 novembre 2011.
For The Discerning Few : Pourriez-vous nous parler de l’actualité de Caulaincourt ?
Alexis Lafont : L’actualité de Caulaincourt, c’est l’ouverture d’un nouveau magasin, au 11 bis rue Chomel dans le 7ème arrondissement de Paris, à côté du Bon Marché, qui va permettre de désengorger notre premier magasin boulevard Haussmann, et aussi de rencontrer une clientèle « Rive Gauche » qui est assez peu encline à traverser la Seine.
Au-delà de la meilleure visibilité que va nous procurer ce nouveau magasin, nous allons bénéficier de plus d’espace et donc d’un confort de travail supérieur, ce qui nous permettra de rendre l’expérience Caulaincourt encore plus agréable pour nos clients.
Notre actualité c’est aussi la nouvelle collection Club Hiver ; nous lançons deux nouvelles formes ; un nouveau montage, le « Stormwelt », avec une semelle en Hévéa naturel. Pour ce qui est de la collection Paris, nous lançons quatre nouveaux modèles. Donc les choses avancent bien.
FTDF : Pourriez-vous nous présenter l’offre de Caulaincourt au travers des différentes collections ?
Alexis Lafont : Quand bien même l’ADN de Caulaincourt reste le même, l’offre que nous proposons aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle que nous proposions à nos débuts. Dorénavant, nous avons la collection Caulaincourt Paris, composée de souliers plutôt habillés en montage Blake sous gravure uniquement.
Nous avons aussi la ligne Club, plus saisonnière avec chaque année une collection hiver et une collection été. L’idée est ici de jouer avec les montages, les peausseries, les inspirations et les modèles. Cela veut dire qu’aujourd’hui nous avons cinq types de montages différents : le Blake sous gravure, le Goodyear sous gravure, du cousu bolognais, du bolognais cousu petits points et un montage « Stormwelt » avec une semelle en hévéa naturel, qui arrive sous peu.
Les différents montages nous permettent d’adapter certains modèles à la saison et d’ouvrir notre offre à des choses différentes. Quant à moi, cela me permet, au niveau de la création, de m’écarter un petit peu des souliers purement habillés.
FTDF : Pourriez-vous nous parler des commandes spéciales ?
Alexis Lafont : Ce qu’il faut tout de suite préciser, c’est que les commandes spéciales n’ont rien à voir avec de la mesure, mais qu’elles permettent aux clients de personnaliser complètement leurs souliers, en se basant sur un des modèles existants, à travers un choix de peausseries, de montages, etc. Depuis nos débuts, nous avons évolué, et il est vrai que nous mettons désormais moins en avant les commandes spéciales car c’est un processus « en dehors du circuit classique ». En effet, sans tomber dans des délais aussi longs que pour la mesure, une commande spéciale implique toujours un temps d’attente pour le client car il est nécessaire qu’il soit bien conseillé, qu’il réfléchisse à ce qu’il souhaite. La procédure est aussi plus longue pour nous car même si nous travaillons avec des tanneurs très réputés comme Gordon-Choisy, il y a toujours un délai pour récupérer les peausseries. Tout cela prend du temps et rien ne doit être laissé au hasard.
En outre, les clients ont davantage tendance à fonctionner au « coup de cœur » car nous faisons beaucoup de séries limitées avec des peausseries qui sortent de l’ordinaire. De fait, notre offre en prêt à chausser est très variée comme en témoigne le nombre de formes (huit au total), de modèles et de patines que nous proposons. Et ce, tout en ayant une vraie identité.
FTDF : Pourriez-vous nous parler de l’esprit de Caulaincourt ?
Alexis Lafont : En créant Caulaincourt, j’ai tout simplement créé ce que j’aurais voulu voir exister en tant que consommateur. C’est-à-dire que Caulaincourt c’est avant tout des souliers fins, racés, mais pas longs. Je ne ferai jamais de formes typiquement anglaises ou typiquement italiennes, il y a une vraie volonté de créer quelque chose de différent et d’authentique.
Par ailleurs, au-delà des souliers eux-mêmes, je considère fondamental de prendre le temps avec le client pour l’accompagner et le conseiller, afin que l’achat des souliers soit véritablement un plaisir car il me semble que cela avait légèrement tendance à disparaître. L’esprit Caulaincourt transparaît aussi dans la manière dont nos magasins sont pensés ; il y a l’idée de créer une atmosphère qui ressemble plus à un salon qu’à un magasin de chaussures classique.
En définitive, si je devais résumer, la création de Caulaincourt s’est basée sur l’ensemble des éléments suivants : un bon rapport qualité/prix ; un style authentique ; une fabrication française artisanale ; des peausseries françaises ; une qualité d’accueil et de service.
FTDF : Vous avez lancé Caulaincourt en pleine période de crise, pourriez-vous nous faire part de cette expérience ?
Alexis Lafont : Lancer Caulaincourt en plein milieu de la crise pouvait effectivement sembler être un pari risqué au départ. Toutefois, je croyais très fort en mon idée et c’est pour ça que nous avons tout de même décidé de lancer le projet.
Bien nous en a pris car nos efforts ont été assez rapidement récompensés. Nous avons eu assez vite du succès et la presse s’est vite intéressée à nous. Ceci est sans doute la conséquence de notre identité forte. Je pense aussi que les clients ont ressenti notre volonté de faire du mieux possible tant sur le produit que sur l’accueil et le service.
Au-delà de la paire de souliers qui doit plaire nécessairement, je pense que le fait de traiter comme il se doit nos clients crée un cercle vertueux qui fait que les clients contents nous en amènent d’autres et ainsi de suite.
Il faut aussi dire que nous avons un rapport qualité/prix qui permet au client d’avoir une très belle paire de souliers pour moins de 400 euros (prix hors patine et embauchoirs) en moyenne, ce qui est intéressant pour un soulier très bien fabriqué avec une belle peausserie. Dans cette gamme de prix, nous sommes quasiment les seuls à proposer un produit de ce genre avec une identité forte.
Je pense aussi que la crise nous a, dans un sens, un petit peu aidés car les gens ont sans doute cherché plus d’authenticité et moins de marketing.
FTDF : L’offre de Caulaincourt est large et se renouvelle souvent, quel est l’impact sur le comportement des clients ?
Alexis Lafont : Un marché peut tout à fait se développer par l’offre plutôt que par la demande, j’en suis convaincu. Nous avons beaucoup de clients qui sortent de nos boutiques avec des modèles qu’ils n’auraient sans doute jamais pensé acheter. C’est ma récompense. En effet, je fais ce métier par passion et ce qui m’intéresse c’est de créer des modèles, de les développer et de proposer des formes qui sortent un peu de l’ordinaire. Ainsi, quand je m’amuse comme je l’ai fait cet été en créant, par exemple, un Mony Peny en veau velours bleu ciel et qu’ensuite les clients adhèrent, je trouve cela très sympa, c’est la meilleure gratification que je puisse tirer de mon travail.
Par ailleurs, nous vendons de plus en plus de patines et les clients font de plus en plus preuve d’audace dans leurs choix. Cela m’encourage à être toujours plus inventif.
FTDF : Quelles sont vos inspirations ?
Alexis Lafont : Honnêtement, tout et rien. Je peux être inspiré par quelqu’un que je croise dans la rue, par un film comme ce fut le cas pour la bottine Darjeeling de la ligne Club hiver qui m’a été inspirée par le long métrage Darjeeling Limited dont l’univers visuel et stylistique m’a beaucoup touché.
L’inspiration peut aussi venir de la volonté de créer un modèle qui pourrait se porter aussi bien avec un jean, qu’avec un costume ou un smoking, comme ce fut le cas pour le Hemingway.
Il s’agit parfois de défis, notamment lorsqu’on travaille sur des modèles qui sont d’apparence très simples tels que le One Cut ou le Maréchal mais qui sont très délicats à réaliser car il est difficile de créer un soulier à la fois beau et simple.
Cette inspiration que j’ai « au feeling » est toujours suivie par une validation technique, mais je ne fonctionne jamais par rapport à l’aspect commercial. Quoi qu’il arrive, tous les souliers qui sortent en boutique sont des souliers que j’ai moi-même envie de porter. Si ce n’est pas le cas, le modèle ne peut pas voir le jour quand bien même il plairait à d’autres personnes.
En revanche, le Maral sport m’a été inspiré par un certain nombre de mes clients qui sont en deux roues et qui souhaitaient avoir un montage leur permettant d’être encore plus à l’aise. Donc l’inspiration esthétique vient de moi, mais l’inspiration du concept du modèle vient de mes clients. C’est d’ailleurs pour cette raison que je passe énormément de temps en magasin avec mes clients : leur ressenti m’apporte beaucoup.
FTDF : Pourriez-vous nous parler de la clientèle de Caulaincourt ?
Alexis Lafont : Nous avons une clientèle très hétérogène, ce qui me rend d’ailleurs très heureux. Je trouve amusant qu’un jeune homme de dix-huit ans porte le même modèle qu’un homme de soixante-cinq ans. On trouve vraiment toutes les tranches d’âge, tous les métiers.
Je trouve cela amusant parce que c’est un petit peu là que je gagne mon pari, car cela veut dire que les gens achètent au « coup de cœur » des modèles sur lesquels je me suis énormément investi.
FTDF : Pensez-vous implanter prochainement Caulaincourt à l’étranger ?
Alexis Lafont : A court terme, non. Mais à moyen terme, peut-être. Pour le moment nous sommes concentrés sur l’ouverture de ce second magasin car nous avons réellement la volonté de maintenir la qualité d’accueil et de service qui est la marque de fabrique de Caulaincourt. Il ne faut pas grossir trop vite au détriment du client car ce serait renier l’idée de départ de Caulaincourt.
Une fois que nous aurons réussi à nous développer en gardant la même qualité, nous verrons pour la suite.
Sinon, nous avons la chance d’avoir beaucoup de clients étrangers qui nous ont acheté plusieurs premières paires et nous ont donné un retour. Nous avons donc pris des notes sur leurs pieds et ils peuvent donc continuer à acheter via internet. Nous envoyons donc des souliers un peu partout dans le monde.
FTDF : Caulaincourt a débuté en faisant essentiellement du Blake avant de se diversifier par la suite, quelle est votre position sur le débat Blake/Goodyear ?
Alexis Lafont : Je ne considère par qu’il y ait véritablement un débat. Il faut pouvoir offrir différents types de souliers en fonction des besoins et des envies. Caulaincourt dispose aujourd’hui de cinq types de montage différents pour aller dans ce sens. Cela ne sert à rien de comparer un utilitaire Renault avec une Bugatti Veyron. Pour un livreur, la Bugatti ne va certainement pas l’arranger. Et inversement, l’utilitaire Renault ne sera pas d’une grande utilité pour un pilote de course. L’idée est un peu la même pour ce qui est des montages d’un soulier.
Pour Caulaincourt, l’idée directrice réside dans les formes : fines, racées mais pas longues. C’est ce qui est réellement important pour moi. Le montage doit, quant à lui, être adapté à l’usage que l’on va faire du soulier, c’est pourquoi nous privilégions un montage Goodyear pour un modèle robuste comme le Maral et un montage Blake pour un soulier plus habillé tel que le Maréchal.
FTDF : Quels sont les projets de Caulaincourt ?
Alexis Lafont : J’aimerais développer une ligne de maroquinerie digne de ce nom, avec des sacs de voyages notamment, mais c’est quelque chose qui prend vraiment du temps, il va donc falloir être patient. Nous allons sans doute développer une nouvelle offre de porte-cartes et de sacs 24h.
Enfin, je travaille actuellement sur deux ou trois modèles pour femme, inspirés de l’univers masculin, qui devraient sortir d’ici quelques mois.
For The Discerning Few remercie Alexis Lafont pour sa disponibilité, sa simplicité et sa gentillesse ainsi qu’Antoine Vignon, responsable du magasin situé boulevard Haussmann, et Christian Garcia, responsable du magasin situé rue Chomel, pour leur amabilité.
Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER pour le compte de For The Discerning Few. Toute reproduction est strictement interdite sans l’accord des auteurs.
Photos fournies par Caulaincourt, tous droits réservés.
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