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Hartford – alternative classics

hartfordQui ne connait pas la marque Hartford ? Il est vrai que sa petite dizaine de boutiques en France, sa présence au sein de nombreux multimarques et sur un certain nombre de sites de vente en ligne font que son nom ne nous est généralement pas inconnu sans que nous en sachions forcément beaucoup plus…printemps été hartford

Hartford fut inventée en 1979 par le très discret Yves Chareton. Marqué par l’univers du vêtement américain et ses différentes composantes (ivy league, western, workwear etc.) ce Français, ancien de chez Hermès, voulait créer une collection de chemises inspirées de celles qu’il chinait jusqu’alors aux Puces: chambray, oxford, denim, madras… Y. Chareton passe d’abord par un fabricant américain qui accepte de reproduire ces chemises dans divers tissus vintage. Le succès est immédiat et la marque poursuit depuis son joli parcours notamment à l’export, Italie et Etats-Unis en tête.hartford veste casual chambray

Même si Hartford propose aujourd’hui bien d’autres choses que des chemises, la marque continue à faire du casual et elle le fait bien.hartford 4

Présentant désormais des collections pour Homme, Femme et Enfant, elle puise son inspiration au sein d’un univers qui nous parle particulièrement sur For The Discerning Few. Loin du style des « Six d’Anvers » qui a inspiré de près ou de loin les « créateurs » français de ces dernières années, la marque reste fidèle à elle-même et se rapproche davantage de ce qui se fait au Japon, caractérisé par la réinvention du vestiaire américain avec fraîcheur et nonchalance.hartford hiver 2013

Au sein de la collection actuelle, on trouve par exemple un ensemble veste/bermuda en patchwork ce qui constitue, en 2014, une prise de risque certaine qui témoigne de l’audace de la marque que nous voulons saluer ici.printemps été 201420140501_110940

En outre, nous constatons qu’Hartford a su conserver son esprit d’origine tout en adaptant son image aux évolutions du menswear que l’on connait depuis quelques années. Ainsi, quand on observe ses collections, ses boutiques ou même son site Internet, on sent que la marque sait tenir compte de manière pertinente des styles et mises en scène que l’on trouve désormais à foison sur les sites, blogs et autres tumblr internationaux.jailbreak hartfordOutre le goût de ses collections, c’est sans aucun doute l’une des raisons du succès de la marque car la plupart de ses consœurs françaises semblent ignorer - dédaigner ? - ce rôle déterminant qu’à Internet au sein du menswear actuel, quant à l’émergence de nouvelles tendances, contrairement aux professionnels italiens, japonais ou américains qui eux l’ont compris et intégré à leur stratégie depuis quelques années maintenant. Le choix d’Hartford de faire le Capsule – salon professionnel petit par la taille mais à la sélection plus pointue que la moyenne – conforte ce sentiment d’une marque en phase avec son époque mais qui reste fidèle à son credo.printemps été 2014 hartford

Pour en revenir à l’esprit d’Hartford, il transparaît parfaitement dans ses boutiques et notamment dans la présentation des vitrines. Nous en voulons pour preuve la boutique située au 23 rue des Canettes à Paris, qui met régulièrement en avant des stockmans équipés de tenues composées de chemises à col boutonné, de sweats, de polos à motifs, de blousons en veau velours, de chinos retroussés et chaussés de paires de buck Mark McNairy ou de Nike que l’on peut trouver – c’est indiqué dans la vitrine – chez leur collègue d’en face, la boutique JinJi ( un article consacrée à JinJi est d’ailleurs dans les tuyaux). A ce propos, au-delà du produit et de sa présentation, cette façon de collaborer en bonne intelligence avec un « concurrent » témoigne d’une ouverture d’esprit et d’un éclectisme en matière de style que l’on observe que trop rarement dans le métier et qui méritait d’être signalé.vitrine hartford rue des canettes

Vous l’aurez compris, nous vous conseillons de vous intéresser de près à Hartford, tant il est peu fréquent que les collections menswear d’une marque française aient su s’imposer – toujours avec discrétion – à l’international et notamment dans des pays proposant des marques plus pointues les unes que les autres.

Site officiel de la marque: Hartford.

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Le Talentueux M. Ripley (version de 1999)

A la manière du billet concernant le film « L’Evadé d’Alcatraz », publié il y a quelques mois, nous vous proposons aujourd’hui un gros plan sur les tenues du film « Le Talentueux M. Ripley », sorti en 1999 aux Etats-Unis. Il s’agit d’un remake du film de René Clément « Plein Soleil » avec Alain Delon dans le rôle titre.talented_mr_ripley

Ce thriller passionnant, qui se déroule dans les Années 50, met en scène Matt Damon dans le rôle de Tom Ripley. Ce jeune homme ambitieux est chargé par un riche industriel américain de ramener son fils Dickie aux Etats-Unis (Jude Law dans le film) alors que ce dernier mène la « dolce vita » en Italie, loin des obligations familiales. A force de mensonges, de forgerie et en usant de ses talents d’imitateur, Tom Ripley va profiter de cette opportunité pour entrer dans un monde qui n’est pas le sien et s’offrir la vie dont il a toujours rêvé.

L’intérêt vestimentaire du film tient justement à l’opposition de style entre les tenues de Tom aux Etats-Unis et celles de Tom (et de Dickie) en Italie. Au début du film, Tom est pris par erreur pour un ancien étudiant de Princeton par M. Greenleaf, le père de Dickie. Lors d’un cocktail, il a en effet emprunté un blazer aux couleurs de la célèbre université américaine. Cet élément vestimentaire très codifié dans l’Amérique des années 50 suffit à Tom pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas: un WASP, un jeune homme brillant appartenant à la haute bourgeoisie new-yorkaise.ripley blazer

Une fois en Italie, l’ambiance générale et les tenues changent radicalement et incarnent idéalement la « dolce vita » fantasmée de jeunes américains qui découvrent l’Europe. Au départ cependant, Tom porte encore régulièrement sa veste en velours côtelé camel, trop épaulée, avec une cravate tricot marron foncé et une chemise button-down bleu clair ou blanche bien souvent deux tailles trop grandes pour lui, ainsi qu’une paire de lunettes Tart Optical, modèle Arnel pour un style 50’s américain impeccable.ripley glassestom corduroy

Il choisira par la suite régulièrement des tenues plus casual, à base de chemisettes (ou chemises à manches retroussées) et laissera tomber ses derby chasse pour une paire de mocassins type Gucci sans chaussette.chemisette

ripley 3 derby chassemocassin sans chaussette

De son côté Dickie a adopté la sprezzatura italienne depuis longtemps: il porte des espadrilles, des pantalons courts en coton ou en lin, et des chemises légères ou des polos. Il porte aussi régulièrement un pork pie, comme tout bon amateur de jazz. Lors d’un séjour à Rome, on l’aperçoit avec une tenue un peu plus formelle: un blazer, une chemise à poignets mousquetaires, une cravate et un pantalon crème.dickie roma

C’est lors de ce même séjour dans la capitale italienne que Dickie conseillera à Tom d’aller chez le tailleur Battistoni. Et Tom s’y rendra sous l’identité de Dickie…ripley tailor

C’est également sous cette identité qu’il approchera certains personnages et qu’il se rendra, par exemple, à l’opéra, dans un ensemble black tie impécable. On est loin du costume en velours du début et au fur et à mesure du film, on comprend que c’est aussi par mimétisme et par sa connaissance des codes vestimentaires que Tom Ripley parvient à tromper son monde et à incarner 2 personnages (lui-même et Dickie).ripley black tie

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Fini la veste en corduroy passe-partout du début du film: Tom passe Noël seul dans un salon et une robe de chambre en soie qui ne sont pas les siens, une paire de sleepers Prince Albert aux pieds.

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En définitive, au-delà d’être un excellent film, Le Talentueux M. Ripley a aussi un intérêt vestimentaire indéniable. Les vêtements sont souvent bien choisis et bien portés. Ils évoluent en même temps que le personnage principal s’enfonce dans ses mensonges et ses contradictions. D’une intrigue plutôt simple au début du film, on passe à quelque chose de plus complexe, à l’image des vêtements de cet antihéros inoubliable.

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« I always thought it’d be better to be a fake somebody than a real nobody « .

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Collection J.Keydge Printemps/Été 2013

A l’occasion des premiers beaux jours de cette année qui se sont faits grandement attendre, nous avons eu l’occasion d’essayer quelques pièces de la nouvelle collection Printemps/Été de J*Keydge, marque française, d’inspiration américaine revendiquée, dont nous apprécions l’esprit.

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La première pièce que j’ai pu tester est le modèle Cruz, une veste croisée en Denim indigo. C’est une réalisation opportune car assez rare en raison de sa nature paradoxale. En effet, le croisé est perçu comme très formel alors que le jean est l’incarnation même du casual. J’ai beaucoup aimé cette pièce qui se marie bien avec un chino et une chemise à col boutonné en oxford bleu comme sur les photos ou à carreaux vichy ou madras. 

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Sa coupe est moderne et donc assez ajustée et proposée à 285 euros, elle constitue un excellent rapport qualité/prix.

J’ai par ailleurs pu tester le modèle Prewitt, une saharienne en gabardine de coton.

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Comme beaucoup le savent, j’aime beaucoup les pièces d’inspiration militaire. Ce modèle emblématique de la marque est assez fidèle aux sahariennes d’époque. En effet, il se veut décontracté et suffisamment ample pour être confortable.  

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Très agréable à porter en cette saison, cette saharienne se marie très facilement avec un jean brut ou un chino foncé. 
Ayant pu tester les deux gilets proposés au sein de la collection, j’ai été agréablement surpris par la prise de risque de J*Keydge. En effet, peu de marques françaises ont véritablement adopté – avec brio – et compris l’esprit « preppy » américain.

Un tel gilet patchwork est difficilement trouvable en PàP aujourd’hui, même au sein des collections proposées par des marques américaines. Il est donc plaisant de constater qu’en ces temps de frilosité économique et stylistique certaines maisons françaises continuent à proposer des produits « historiques » et de bonne facture.

Selon moi, ce type de gilet peut être porté sans difficulté sous une veste Sport bleu marine ou même en jean, ou bien en « bras de chemise », par dessus une chemise en chambray avec un chino bleu et une paire de buck. Ils sont d’une longueur suffisante et couvrent donc comme il convient la ceinture et le haut du pantalon, même quand celui ci n’est pas taille haute.

Pour information, ces deux gilets ont des coupes assez ajustées comme nous les affectionnons. Etant assez mince, il est en effet assez rare pour moi de trouver des pièces en PàP qui me vont sans que j’ai à effectuer de retouche.

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Tommy Hilfiger VS Tommy Hilfiger

Si la marque Tommy Hilfiger est aujourd’hui une marque américaine considérée comme « preppy », déclinant un univers proche de celui de Ralph Lauren, de Gant et de Brooks Brothers, il n’en a pas toujours été ainsi. Pour preuve, ce comparatif entre des visuels des années 90 et ceux de la collection 2012/2013.

Les années 90, une époque bénie où l’on pouvait porter une salopette en jean avec des chaussettes blanches et des clapettes.

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Ralph Lauren Spring 2013

Source: GQ.com

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