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Le Talentueux M. Ripley (version de 1999)

A la manière du billet concernant le film "L’Evadé d’Alcatraz", publié il y a quelques mois, nous vous proposons aujourd’hui un gros plan sur les tenues du film "Le Talentueux M. Ripley", sorti en 1999 aux Etats-Unis. Il s’agit d’un remake du film de René Clément "Plein Soleil" avec Alain Delon dans le rôle titre.talented_mr_ripley

Ce thriller passionnant, qui se déroule dans les Années 50, met en scène Matt Damon dans le rôle de Tom Ripley. Ce jeune homme ambitieux est chargé par un riche industriel américain de ramener son fils Dickie aux Etats-Unis (Jude Law dans le film) alors que ce dernier mène la "dolce vita" en Italie, loin des obligations familiales. A force de mensonges, de forgerie et en usant de ses talents d’imitateur, Tom Ripley va profiter de cette opportunité pour entrer dans un monde qui n’est pas le sien et s’offrir la vie dont il a toujours rêvé.

L’intérêt vestimentaire du film tient justement à l’opposition de style entre les tenues de Tom aux Etats-Unis et celles de Tom (et de Dickie) en Italie. Au début du film, Tom est pris par erreur pour un ancien étudiant de Princeton par M. Greenleaf, le père de Dickie. Lors d’un cocktail, il a en effet emprunté un blazer aux couleurs de la célèbre université américaine. Cet élément vestimentaire très codifié dans l’Amérique des années 50 suffit à Tom pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas: un WASP, un jeune homme brillant appartenant à la haute bourgeoisie new-yorkaise.ripley blazer

Une fois en Italie, l’ambiance générale et les tenues changent radicalement et incarnent idéalement la "dolce vita" fantasmée de jeunes américains qui découvrent l’Europe. Au départ cependant, Tom porte encore régulièrement sa veste en velours côtelé camel, trop épaulée, avec une cravate tricot marron foncé et une chemise button-down bleu clair ou blanche bien souvent deux tailles trop grandes pour lui, ainsi qu’une paire de lunettes Tart Optical, modèle Arnel pour un style 50′s américain impeccable.ripley glassestom corduroy

Il choisira par la suite régulièrement des tenues plus casual, à base de chemisettes (ou chemises à manches retroussées) et laissera tomber ses derby chasse pour une paire de mocassins type Gucci sans chaussette.chemisette

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De son côté Dickie a adopté la sprezzatura italienne depuis longtemps: il porte des espadrilles, des pantalons courts en coton ou en lin, et des chemises légères ou des polos. Il porte aussi régulièrement un pork pie, comme tout bon amateur de jazz. Lors d’un séjour à Rome, on l’aperçoit avec une tenue un peu plus formelle: un blazer, une chemise à poignets mousquetaires, une cravate et un pantalon crème.dickie roma

C’est lors de ce même séjour dans la capitale italienne que Dickie conseillera à Tom d’aller chez le tailleur Battistoni. Et Tom s’y rendra sous l’identité de Dickie…ripley tailor

C’est également sous cette identité qu’il approchera certains personnages et qu’il se rendra, par exemple, à l’opéra, dans un ensemble black tie impécable. On est loin du costume en velours du début et au fur et à mesure du film, on comprend que c’est aussi par mimétisme et par sa connaissance des codes vestimentaires que Tom Ripley parvient à tromper son monde et à incarner 2 personnages (lui-même et Dickie).ripley black tie

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Fini la veste en corduroy passe-partout du début du film: Tom passe Noël seul dans un salon et une robe de chambre en soie qui ne sont pas les siens, une paire de sleepers Prince Albert aux pieds.

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En définitive, au-delà d’être un excellent film, Le Talentueux M. Ripley a aussi un intérêt vestimentaire indéniable. Les vêtements sont souvent bien choisis et bien portés. Ils évoluent en même temps que le personnage principal s’enfonce dans ses mensonges et ses contradictions. D’une intrigue plutôt simple au début du film, on passe à quelque chose de plus complexe, à l’image des vêtements de cet antihéros inoubliable.

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"I always thought it’d be better to be a fake somebody than a real nobody ".

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Collection J.Keydge Printemps/Été 2013

A l’occasion des premiers beaux jours de cette année qui se sont faits grandement attendre, nous avons eu l’occasion d’essayer quelques pièces de la nouvelle collection Printemps/Été de J*Keydge, marque française, d’inspiration américaine revendiquée, dont nous apprécions l’esprit.

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La première pièce que j’ai pu tester est le modèle Cruz, une veste croisée en Denim indigo. C’est une réalisation opportune car assez rare en raison de sa nature paradoxale. En effet, le croisé est perçu comme très formel alors que le jean est l’incarnation même du casual. J’ai beaucoup aimé cette pièce qui se marie bien avec un chino et une chemise à col boutonné en oxford bleu comme sur les photos ou à carreaux vichy ou madras. 

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Sa coupe est moderne et donc assez ajustée et proposée à 285 euros, elle constitue un excellent rapport qualité/prix.

J’ai par ailleurs pu tester le modèle Prewitt, une saharienne en gabardine de coton.

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Comme beaucoup le savent, j’aime beaucoup les pièces d’inspiration militaire. Ce modèle emblématique de la marque est assez fidèle aux sahariennes d’époque. En effet, il se veut décontracté et suffisamment ample pour être confortable.  

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Très agréable à porter en cette saison, cette saharienne se marie très facilement avec un jean brut ou un chino foncé. 
Ayant pu tester les deux gilets proposés au sein de la collection, j’ai été agréablement surpris par la prise de risque de J*Keydge. En effet, peu de marques françaises ont véritablement adopté – avec brio – et compris l’esprit "preppy" américain.

Un tel gilet patchwork est difficilement trouvable en PàP aujourd’hui, même au sein des collections proposées par des marques américaines. Il est donc plaisant de constater qu’en ces temps de frilosité économique et stylistique certaines maisons françaises continuent à proposer des produits "historiques" et de bonne facture.

Selon moi, ce type de gilet peut être porté sans difficulté sous une veste Sport bleu marine ou même en jean, ou bien en "bras de chemise", par dessus une chemise en chambray avec un chino bleu et une paire de buck. Ils sont d’une longueur suffisante et couvrent donc comme il convient la ceinture et le haut du pantalon, même quand celui ci n’est pas taille haute.

Pour information, ces deux gilets ont des coupes assez ajustées comme nous les affectionnons. Etant assez mince, il est en effet assez rare pour moi de trouver des pièces en PàP qui me vont sans que j’ai à effectuer de retouche.

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Tommy Hilfiger VS Tommy Hilfiger

Si la marque Tommy Hilfiger est aujourd’hui une marque américaine considérée comme "preppy", déclinant un univers proche de celui de Ralph Lauren, de Gant et de Brooks Brothers, il n’en a pas toujours été ainsi. Pour preuve, ce comparatif entre des visuels des années 90 et ceux de la collection 2012/2013.

Les années 90, une époque bénie où l’on pouvait porter une salopette en jean avec des chaussettes blanches et des clapettes.

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Ralph Lauren Spring 2013

Source: GQ.com

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Interview with Michael Bastian

We are proud to present to you an interview with the American designer Michael Bastian who designs for GANT and Barneys and owns his own brand Michael Bastian.

Interview en français.

Credit: Raul Tovar

For The Discerning Few: You grew up in Rochester, New York in the seventies/eighties. How has it influenced your designs and your vision of menswear?

Michael Bastian: I would say I always go back to that place and that period every season. The men there always wore a more “deep woods” and rugged version of preppy: lots of corduroy, technical gear, down vests, work boots, flannel shirts with knit ties and a navy blazer. It’s still how I think guys look best.

Japanese style: a rugged version of preppy

FTDF: How did you dress when you were in your twenties?

Michael Bastian: I think I’ve always dressed pretty much the same way I dress today: a mix of casual sports stuff with more tailored pieces. All kind of mixed up and unstudied.

MB by Patrick McMullan

FTDF: What does preppy stand for as far as you are concerned?

Michael Bastian: I think “preppy” is just a fast and easy word to apply to classic American style – which at its best, is a mix of a bunch of stuff – classic Brooks Brothers, sports influences, military influences. But the most important thing is how it is worn: it should always look approachable and not look too thought out.

FTDF: How long do you think this preppy moment we are in is going to last?

Michael Bastian: Preppy never really goes away. I think it just sometimes get pushed to the back when the world becomes obsessed with brands and logos and things like that. Preppy is always more about the person in the clothes than the clothes themselves. The clothes themselves are actually very simple, so personal style becomes more important.

FTDF: Would you agree that every designer is influenced by a particular period? If so what is yours?

Michael Bastian: I think everyone becomes fascinated by the era when they were just becoming aware of style, but were too young to actually participate in any of the fun stuff. You always go back to that era and try to relive it as an adult. It always holds a certain attraction. For me it’s the late 70s and early 80s: post Studio 54, but pre-grunge.

FTDF: You have your own line/brand, MBNYC, but you also design for GANT and for Barneys, how do you manage to keep them separate?

Michael Bastian: Sometimes it’s hard to keep them separate, because I’m one person and I like what I like, but if I try to think of a different guy for each line it helps me.  For example with my own line Michael Bastian, I always personalize it and do what I want to wear myself right now.

Michael Bastian

For GANT by Michael Bastian, I think of who I was (or wanted to be) when I was in my 20s.

GANT by MB (2011)

GANT by MB (2011) – John Esposito

GANT by MB (2010) – CJ R.E. Ramos

GANT by MB (2012)

For Barneys, that guys is just the dressed up version of the MB guy.

Barneys by Michael Bastian

Barneys by Michael Bastian

FTDF: What are the 5 or 10 garments every preppy guy must have in his wardrobe?

Michael Bastian: 5-pocket corduroy jeans, navy cashmere crewneck sweater, blue and white striped oxford buttondown shirt, a down vest, a good pair of slim jeans, a navy blazer and a pair of cordovan penny loafers.

FTDF: You are famous for being inspired by movies. What movie has influenced you the most in terms of style?

Michael Bastian: That really changes every season, but I would have to say two movies, Jaws and Ordinary People really had a big influence.

FTDF: You are an American, and your designs have a strong American identity, however do you sometimes get inspired by things or people from abroad?

Michael Bastian: Well lately now that I’m spending a lot of time in Stockholm for my GANT job, I see a bit of Scandinavian style sneaking into to both collections. The people there really have their own style that is completely out of the gravitational pull of New York, Milan and Paris: cleaner and neater, but also more organic and handmade.

FTDF: You don’t seem really interested by fashion. Would you agree if we said that you were a menswear designer rather than a fashion designer?

Michael Bastian: I love this question! And you are right. There are lots of things in my life that interest me more than fashion. But personal style? That I’m endlessly fascinated by, and it often seems to be the opposite of fashion.

FTDF: What are your essentials for this summer?

Michael Bastian: A great new bathingsuit, a lightweight cashmere crewneck, a few linen-blend button down shirts, and my military shorts from Spring ’12.

We would like to thank Michael Bastian for his availability and his kindness. We would also like to thank Eugenia Gonzalez Ruiz for her crucial help.

This interview was conducted by VM & PAL. Paris, April 2012. All Rights Reserved.

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