Archives de Tag: brogue

The Klaxon – Made in Korea

Aujourd’hui, nous vous proposons un billet consacré à la marque de chaussures coréenne The Klaxon. Nous avons découvert cette marque lors du dernier Pitti à Florence, attirés par la paire de boots d’un jeune coréen qui nous a gentiment confié sa provenance.Pallas U Tip Boots 1

Cette jeune marque coréenne propose une gamme de souliers plutôt sport voire campagne qui se situent résolument dans la tendance actuelle: des formes assez ramassées, des semelles épaisses en Vibram E-co Step dite "béton" ou Morflex, des motifs "camo", des brogues, etc.mercury wingtip tobacco3

Pour information, la marque a récemment présenté sa collection au salon Capsule à Paris mais elle n’est pour l’instant pas disponible en France.salon capsule paris Klaxon

Chez certaines marques, la réinvention de certains basiques de chaussures masculines n’est pas toujours une réussite. Cependant, The Klaxon a le mérite de fabriquer des classiques tels que la double boucle, la buck ou la chukka en y-ajoutant une bonne dose de créativité bien placée, tout en ayant une offre cohérente et somme toute intéressante notamment au regard des prix pratiqués ( entre 200 € et 300 € ).URANUSTASSELNAVY2

Quant aux matériaux utilisés, ils sont généralement de qualité. Pour l’exemple, The Klaxon se fournit chez Horween pour les cuirs Cordovan, fournisseur ancestral de Alden.vesta wing tip honey_3

Pour notre part, nous retenons particulièrement le tassel loafer en camouflage, la combi boots ainsi que la double boucle en veau velours beige montée sur une Morflex façon "Red Wing".uranus tassel khaki3Double monk MorflexHygiea combi boots honey

Comme vous pouvez le remarquer, The Klaxon est une des rares marques à fabriquer des souliers sur la semelle Vibram commando dite "béton". Le processus de fabrication de cette semelle consiste à injecter des copeaux de liège au sein du mélange de caoutchouc au moment du moulage. Pour le moins originale par sa couleur et son "motif", cette semelle est cependant plus jolie qu’une semelle commando noire, notamment sur une paire en cuir marron. Profitons de l’occasion pour "rendre à César ce qui lui appartient": c’est la marque anglaise Church’s qui, la première, a proposé des modèles montées sur ce type de semelles, notamment une paire de bottines.Churchs-Elan-Brogue-Boot

S’agissant des ateliers européens, le portugais Carlos Santos travaille également la semelle "béton" et la propose sur certains modèles de sa propre ligne.8095SbyCS

En définitive, l’exemple The Klaxon confirme, si besoin était, que la Corée est désormais une place qui compte pour le développement du vestiaire masculin, développement qui passe nécessairement par la percée de jeunes marques inventives, inspirées et respectueuses de certaines traditions.

vesta wing tip boots tobacco3

6 Commentaires

Classé dans Marques / Brands

Nouvelle interview d’Alexis Lafont, créateur de Caulaincourt

For The Discerning Few a le plaisir de présenter à ses lecteurs un nouvel entretien exclusif avec Alexis Lafont, créateur de Caulaincourt, que nous avions déjà rencontré il y a un an maintenant. Cet entretien a été réalisé à l’occasion de la présentation de la nouvelle collection de la marque.

Lien vers la première interview d’Alexis Lafont.

For The Discerning Few : Peux-tu nous présenter la nouvelle collection automne/hiver Caulaincourt ?

Alexis Lafont : En termes de nouveaux modèles, l’actualité chez Caulaincourt se présente sous deux formes : la nouvelle collection Club hiver et les nouveaux modèles de la collection Paris.

La collection Caulaincourt Paris étant une collection de souliers intemporels, la création de nouveautés prend plus de temps et n’est pas soumise au dictat des saisons. Nous venons de recevoir notre double boucle asymétrique, le modèle Pandore, monté sur la nouvelle forme à monter « maison » : une serre d’aigle. Certains modèles sont plus difficiles à réussir que d’autres … En l’occurrence il y a tellement de modèles à boucles sur le marché, et parmi eux de vrais modèles mythiques, qu’il était important de laisser du temps au temps. C’est chose faite et je suis très fier de ce modèle qui restera sans doute un classique de notre maison.

Modèle Pandore

En outre, nous proposerons aussi trois nouveaux modèles  supplémentaires – un derby et deux richelieu, conçus pour être de belles bases à patiner – qui devraient faire leur entrée en février 2012.

La collection Club hiver de cette année, quant à elle, est particulièrement riche :

- Des rééditions de classiques « maison » en série limitée

- Le Tweed

- Une nouvelle forme : la AL 800 (qui accueille aussi le modèle Pandore)

- Une collection Capsule montée en Vibram

- Le premier soulier Caulaincourt doublé en fourrure de lapin

- Le premier soulier vernis Caulaincourt (à venir)

Modèle Attila Tweed

FTDF : Comment t’est venue l’idée de créer des modèles bi-matière en utilisant du tweed ?

Alexis Lafont : Cela existe déjà depuis très longtemps : j’ai retrouvé une paire en bi-matière tissu / cuir datant de 1890. Je me suis donc contenté de reprendre cette idée et de l’interpréter sur des modèles ayant les caractéristiques des souliers d’antan, modernisés :

- Bottillons en richelieu : devenus très rares à une époque ou les gens veulent aller toujours plus vite car c’est assez long à chausser le matin

Modèle Sherlock Tweed

- Figures de style « old school » comme le modèle Gatsby

Modèle Gatsby Tweed

- Formes plus arrondies mais très creusées en cambrure etc.

Modèle Maral Tweed

Et puis, en ce moment nous travaillons avec Savile House by Scabal sur des événements singuliers. Récemment, nous avons proposé à nos clients de réaliser leur propre Tweed au cours d’une soirée, chose rarissime. Le client pouvait ensuite commander du tissu et faire réaliser, par exemple, une paire de soulier sur commande assortie à une saharienne.

FTDF : Tu as aussi utilisé des semelles Vibram, on sait que c’est assez tendance. Quel est ton avis sur la question ?

Alexis Lafont : Cette nouveauté s’inscrit dans une volonté qui nous anime de répondre à des aspirations d’ergonomie de nos clients, en plus de l’aspect esthétique et qualité. Un montage gomme a les vertus évidentes qu’on lui connait. Mais aussi quelques défauts comme la difficulté d’un ressemelage propre et l’esthétique qui peut déplaire à certains. Donc nous avons travaillé à résoudre ces problèmes. Nous avons en réalité un double montage : un premier montage cuir en Blake, auquel on ajoute une semelle gomme cousue elle aussi. Cette solution résout les deux problèmes évoqués plus haut, en particulier sur le plan esthétique. En effet, une fois chaussés, ces souliers ne peuvent être identifiés comme étant montés sur une semelle gomme.

Quant à Vibram, c’est tout simplement une des marques de référence qui a fait ses preuves.

Modèle Cyclope – Double montage Blake / Semelle gomme Vibram

Desert Boot – Double montage Blake / Semelle gomme Vibram

FTDF : Tu as développé une ligne femme comme tu nous l’avais annoncé lors de notre première interview. Peux-tu nous en parler ?

Alexis Lafont : En quatre ans, je ne compte plus le nombre de femmes de clients m’ayant demandé de passer à la chaussure femme. Ce n’est ni mon métier ni mon inspiration et pas mon savoir-faire. Mais à force,  l’idée a fait son chemin. C’est d’ailleurs le même phénomène qui nous amène à sortir notre premier soulier vernis masculin dans quelques semaines. Et j’ai commencé à entrevoir cela comme un défi personnel. La solution à mon problème a été la suivante : utiliser la technique et le savoir-faire « homme » sur des souliers de femme. Cela a donné naissance à deux modèles sortis cet été, et qui ont, à ma grande surprise je dois le dire, rencontré un vrai succès.

On envisage désormais de décliner un nouveau modèle en veau à patine de façon à pouvoir offrir aux femmes le choix de personnalisation que l’on offre aux hommes.

Pour autant, nous n’avons pas l’ambition de développer outre mesure la chaussure femme chez Caulaincourt. Nous restons avant tout une marque masculine.

FTDF : Peux-tu nous parler de ta petite gamme de maroquinerie qui se développe ?

Alexis Lafont : Il y a plus d’un an nous avions sorti un sac 24h masculin de toute beauté, à un tarif placé étant donné les caractéristiques qu’il développait. Il s’agissait d’un MTO : le client choisissait la doublure de son sac (cuir, ou tissus type tweed, tartan etc.) ainsi que la patine de la peausserie habillant l’extérieur du sac. Ce sac a rencontré un franc succès mais nous avons malheureusement dû arrêter sa commercialisation en raison d’un problème rencontré par l’atelier chargé de sa fabrication. La maroquinerie et le travail de patine font partie de notre savoir-faire et j’étais frustré d’avoir été contraint d’arrêter ce produit. Inutile de préciser que nos clients l’étaient encore plus que moi.

Il est très rare aujourd’hui à Paris de dénicher de la maroquinerie dont on choisit la couleur à la carte et il est encore plus rare de trouver cela à un prix correct. Nous proposons depuis longtemps les ceintures sur mesure patinées, ainsi que d’autres objets connexes comme de magnifiques gants lustreurs. Pour compléter cette offre, nous avons récemment développé une gamme d’objets de petite maroquinerie de toute beauté en partenariat avec la marque Italienne Il Bussetto. Nous disposons aujourd’hui de dix formats, du traditionnel et mélancolique porte monnaie années 30 à l’étui à cigares.

Chaque objet est à patiner sur demande (ce que Il Bussetto ne faisait pas jusqu’à présent), sous un délai d’une semaine. Pour les fêtes cette année nous disposons également de quelques pièces en peaux exotiques, dont le superbe galuchat (étui IPhone, pince à billets, porte feuille etc.) Nous espérons pouvoir développer cette nouvelle offre décalée et luxueuse en début d’année prochaine.

FTDF : Caulaincourt propose déjà une offre qui est très étoffée. Redoutes-tu de manquer un jour d’inspiration ? Est-ce pour toi un challenge constant de développer des nouveaux modèles ?

Alexis Lafont : Nous disposons, toutes collections confondues, d’une quarantaine de modèles de souliers (hors couleurs), montés sur un parc de huit formes à monter. C’est effectivement ce que l’on peut qualifier une offre « étoffée », surtout si on y ajoute les déclinaisons infinies rendues possibles par nos possibilités de patines à la carte. C’est une excellente question…car c’est une question difficile !

Pourtant, je ne ressens pas l’inspiration comme une épée de Damoclès mais comme un défi dans lequel je prends du plaisir. C’est sans doute même la vraie jouissance de mon métier : lorsque je reçois les premiers prototypes, mes employés me comparent à un enfant devant l’arbre de Noël ! Mais pour aller plus loin dans ma réponse, je dirai que la création d’un modèle arborant une identité bien définie est un défi et que le défi stimule la création. C’est donc, d’une certaine façon, un cercle vertueux.

FTDF : Est-ce difficile d’intégrer de nouveaux produits au sein de ton offre tout en restant dans l’esprit Caulaincourt ?

Alexis Lafont : Je ne me sens pas enfermé dans un style, une époque, une culture, en bref une inspiration  bien particulière, et je crois que l’ADN de mes souliers vient d’ailleurs. Si on prend le modèle Pink et le modèle Maral Sport par exemple, on ne peut pas dire que l’inspiration soit la même. Et pourtant je pense qu’on y reconnait la personnalité Caulaincourt dans l’un comme dans l’autre.

Modèle Bull Shark

 Le plus beau compliment qu’un client puisse me faire, c’est quand il me dit avoir reconnu une paire de Caulaincourt dans la rue. Le nombre de modèle faisant qu’il est difficile pour quelqu’un d’extérieur de connaitre tous nos modèles, c’est symptomatique. Je pense que le fait que nos formes sont fines, racées mais jamais longues quel que soit le modèle, contribuent à cette personnalité bien marquée.

Modèle Chomel

 Mais tout ceci est aussi et surtout rendu possible grâce au travail des ateliers qui parviennent toujours à faire exister les images que j’ai en tête, avec talent et ce, même s’il faut recommencer de nombreuses fois pour y parvenir. Sans eux, sans la confiance et la passion partagées pour notre métier, ce ne serait pas possible.

For The Discerning Few remercie une fois encore Alexis Lafont ainsi que toute l’équipe Caulaincourt pour leur disponibilité et leur gentillesse.

Interview réalisée par PAL et VM pour le compte de For The Discerning Few. Paris, novembre 2011. Toute reproduction est strictement interdite sans l’accord des auteurs.

8 Commentaires

Classé dans Interviews exclusives