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Herno

herno4 ans après la création de For The Discerning Few et alors que nous approchons de l’hiver à grands pas, il est grand temps – dans tous les sens du terme – de vous présenter le fabricant italien Herno, spécialiste de l’outerwear. Nous avions déjà évoqué cette marque début 2012, au détour des commentaires d’un billet sur Waterville (la marque du fabricant Greentex). Il faut dire que les 2 marques italiennes partagent le même ADN et proposent des produits d’excellentes factures, où la qualité n’a d’égal que le style.Herno 6

Créée au milieu du 20ième siècle, la marque – et fabricant – Herno est le fruit de la collaboration entre Guiseppe Marenzi et sa femme. Le nom fait référence à la rivière Erno qui coule dans la ville de Lesa sur les rives du Lac Majeur où se situent les ateliers. D’après Marenzi, les valeurs de la marque n’ont pas évolué depuis l’origine: un fort attachement à son territoire (terroir?), un vêtement fonctionnel et pas simplement esthétique, le contrôle total des processus de création et de production. Le Made in Italy fait également partie de la tradition véhiculée par Herno depuis près de 65 ans. Seules les down jackets en nylon ne sont pas fabriquées en Italie comme l’indique d’ailleurs bien volontiers la marque sur son site Internet. S’agissant des doudounes et autres produits du même genre, le duvet provient des meilleurs fournisseurs du Périgord en France, de Sibérie ou d’Italie.

Herno s’est d’abord fait connaitre au début de la seconde moitié du 20ième siècle pour ses imperméables pour Homme avant de développer également des modèles Femme.Herno vintage 1Dans les Années 60, parallèlement à son expansion sur le marché européen, le fabricant s’est attaché à la création de manteaux en cachemire et également de modèles « double face » (c’est à dire réversible) sans pour autant délaisser son imperméable originel. S’il est un élément qui tend à démontrer le dynamisme d’Herno et l’intelligence de ses dirigeants, c’est son intérêt pour le marché japonais. En effet, Herno fut l’une des premières maisons à s’intéresser au Japon, dès les Années 70 (ouverture de la première boutique Herno à Osaka en 1971) avant même de s’intéresser aux Etats-Unis, dans les Années 80.Herno vintage 5En plus de développer sa marque propre, Herno-fabricant travaille également auprès de grands noms du prêt-à-porter comme Prada, Ralph Lauren ou Hermès pour ne citer qu’eux.

Loin de s’être endormie sur ses lauriers, la marque italienne a su évoluer et négocier avantageusement le virage des Années 2000 en s’affirmant plus que jamais comme un spécialiste de l’outerwear haut de gamme, aux produits « techniques » et intemporels. Les doudounes, les duffles et les vestes en maille à doublure matelassée amovible sont particulièrement réussis.

Herno, ou une marque qui, en sachant proposer un beau produit, fonctionnel mais pas ringard, stylé mais pas « show off », mérite toute notre estime. Une aventure industrielle familiale comme il en existe encore tant en Italie, où le « Made in… » n’est pas une coquille vide ni un concept fumeux mais un véritable code de conduite.

Aperçu de la collection Automne Hiver 2014/2015

Herno 1

Parka en cachemire et soie

Herno 2

Urban Field jacket

Herno 3Site officiel: http://www.herno.it

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Vintage Menswear N°3

Nous vous présentons aujourd’hui notre troisième article de la série consacrée au vintage, avec 3 nouvelles pièces: un pull torsadé, un blouson B-15 et une veste de travail en cuir de cheval.

Sports & Leisure: Pull Sport torsadé – Harrods – 1950’scable-knit sports sweater

A notre époque, ce pull, fait machine et fini main au milieu des années 50 pour le célèbre magasin Harrods de Londres, est considéré comme un pull de cricket (cricket sweater en anglais) avec son motif torsadé et son encolure en V profonde avec deux bandes de couleur. Néanmoins, jusqu’à la Seconde guerre mondiale, ce type de design était présent sur de nombreux pulls sports et non forcément rattaché au cricket – on parle alors de sports sweater – qui auraient pu être portés lors de parties de tennis, de golf et même lors de courses de bobsleigh. Loin du monde du cricket, le motif torsadé (cable-knit en anglais) trouverait ses origines dans l’univers de la pêche, les torsades rappelant les cordes utilisées par les marins.

Le pull sport ou pull cricket est plus fonctionnel qu’il n’y parait. Réalisé à partir d’une laine particulièrement dense, c’est un vêtement hydrofuge capable d’absorber environ 30% de son propre poids avant de paraître effectivement mouillé au toucher, tandis que ses fibres naturelles offrent une excellente respirabilité ce qui permet d’évacuer chaleur et transpiration lors des activités sportives. Et bien entendu, confronté à un climat plus froid ou à des activités extérieures plus sédentaires, les propriétés isolantes de la laine permettent de vous garder au chaud.

Military: B-15 flight jacket – Reed Products Inc. – 1940’sb-15 flight jacket

Résistant et chaud – notamment dans sa version lainée – le cuir de mouton a longtemps été le matériau favori pour réaliser des blousons d’aviateur. A ce propos, de nombreux aviateurs de l’armée américaine ont continué à utiliser leur blouson en cuir jusqu’à la fin de la Guerre de Corée (1950-1953), allant contre le règlement en vigueur. C’est lors de la Seconde guerre mondiale que des matériaux plus modernes commencèrent à être utilisé pour la réalisation des flight jackets. En effet, l’équipement des pilotes était de plus en plus conséquent et il fallait trouver des moyens d’alléger et d’affiner ces blousons qui étaient jusqu’alors particulièrement lourds et encombrants.

Le blouson B-10 fut le premier blouson « moderne » et il fut suivi par le modèle B-15A, le B-15 (présenté ici), puis par les modèles B-15C et D. Le B-15 présente une fermeture éclair décalée, ainsi que des empiècements en cuir pour faire passer les tuyaux d’oxygène et des ouvertures à boutons-pression pour les câbles de la radio. Le B-15 était réalisé dans un coton couleur olive assez terne et convenait parfaitement au climat tempéré de l’Europe, théâtre principal de la Seconde guerre mondiale. Il était également équipé d’une doublure en alpaga et d’un col en mouton (au même titre que le modèle G1 que nous vous avions présenté lors d’un précédent article). Les cols en mouton furent néanmoins remplacés par des cols en tricot, principalement parce que l’épaisseur des cols en mouton ne permettaient pas le port des nouveaux casques plus volumineux.

Plusieurs éléments de ce modèle B-15 sont encore présents sur les modèles actuels, comme les bords-côtes en tricot (aux poignets et sur la taille), les poches inclinées et la caractéristique poche à stylo sur la manche.

Workwear: Veste de travail en cuir de cheval - Goodyear Rubber Company – 1930’shorsehide work jacket

Bien qu’elle puisse paraître un peu grossière à notre époque, cette veste de travail datant des années 30 a été réalisée par l’entreprise Goodyear dans un cuir de cheval de premier choix. Elle a peut être été conçue pour équiper certains de leurs ouvriers même si sa qualité rend cette hypothèse discutable. Doublée en mouton, cette veste servait à n’en pas douter à travailler par un climat particulièrement rigoureux: l’intérieur des poignets est doublé en velours côtelé, les poches sont fourrées et la ceinture permet de bien maintenir la veste proche du corps.

Le cuir de cheval était fréquemment utilisé aux Etats-Unis des années 30 aux années 50. Les chevaux étaient alors utilisés en très grand nombre pour les travaux agricoles et l’utilisation de leur peau à des fins vestimentaires était alors une activité annexe (on n’élevait pas de chevaux simplement dans le but d’en prélever le cuir). Mais avec la mécanisation, leur nombre diminua fortement ce qui eut pour conséquence l’augmentation des prix du cuir de cheval devenu bien plus rare mais toujours considéré comme un cuir de très grande qualité, très résistant (les amateurs de souliers en cordovan savent de quoi on parle). A sa place et ce dès les années 50, on fit le choix d’utiliser du cuir de bœuf, plus courant et nettement moins cher.

Source photos: Vintage Showroom.

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Quelques marques japonaises à connaître

Beams Plus: La marque des magasins Beams qui propose avant tout des pièces s’inspirant de l’Americana.Beams Cable Knit Beams Chino Beams MacBuzz Rickson’s: Une des nombreuses marques japonaises spécialisées dans les reproductions très précises de pièces militaires américaines. Distribuée en Europe par Eastman Leather, elle propose des produits d’excellente qualité.USAAF Ath train jack 3 Buzz Buzz Rickson'sCamoshita by United Arrows: La marque de Yasuto Kamoshita ancien acheteur et actuel directeur artistique d’United Arrows qui exprime une vision de l’élégance japonaise inspirée notamment par l’Ivy League et le style des tailleurs italiens.Camoshita 1 Camoshita 2 Camoshita 3

Haversack: Une marque raffinée proposant certaines pièces très simples et d’autres très sophistiquées.Haversack 4 Haversack 2 Haversack 3

haversack double breasted seersucker

Hender Scheme: Une marque spécialisée dans les créations en cuir réalisées à la main, notamment connue pour ses Air Force 1 de luxe. Des tarifs qui provoquent des crises cardiaques.Hender Scheme 1 Hender Scheme 2 Hender Scheme 3 Hender Scheme 4 Hender Scheme

Human Made: La réunion de Nigo (créateur de A Bathing Ape) et du graphiste Sk8thing; des pièces basiques à l’esprit décalé.Human Made 1 Human Made 2 Human Made 3 Human Made Sweat

Iron Heart: Une marque à l’origine destinée aux bikers qui propose des jeans et des chemises (denim/flanelle de coton) faits dans les règles de l’art d’une qualité assez remarquable. Provoquera une rupture d’anévrisme de votre portefeuille.Iron Heart 2 Iron Heart 3 Iron Heart Indigo Iron Heart

Junya Watanabe Man: La marque de l’ancien protégé de Rei Kawakubo de Comme Des Garçons, aussi innovante qu’onéreuse. L’outerwear retient tout particulièrement notre attention.

Junya + Duvetica junya round collar waxed work jacket TwillTrimmedCottonCoatBrown Junya Watanabe ManKamakura Shirts: Des chemises bien patronnées, dans des vrais tissus avec un cahier des charges qui tient la route (Boutons nacre, coutures anglaises, col et et poignets entoilés) proposées à moins de 70€. Un des meilleurs rapport qualité/prix du marché notamment concernant les buttondown en oxford.Kamakura 1 Kamakura 2 Kamakura 3 Kamakura 4

Kapital: Une des innombrables marques japonaises qui s’inspirent du workwear vintage américain, initialement uniquement portée sur le denim, elle propose désormais une gamme plus étoffée de produits qui pour la plupart semblent avoir fait trois guerres mondiales. Un vrai savoir-faire reconnu par les connaisseurs.Kapital 1 Kapital 2 Kapital 3Kapital 4

Mt Rainier Design: Une marque inspirée initialement par l’outdoor wear américain des années soixante revendiquant avant tout l’usage du 60/40 pour produire une majeure partie ses pièces. Ce matériau est composé de 60% de coton tissé à l’horizontal et de 40% de nylon tissé à la vertical. L’idée est d’associer l’imperméabilité et la légèreté du nylon avec la respirabilité du coton afin d’obtenir un vêtement efficace aussi bien sous la pluie que par temps sec.Mt Rainier 5 Mt RainierMt Rainier 4 Mt Rainier 2

Nanamica: Une marque de sportswear créée en 2003 par Eiichiro Homma qui s’occupait du Purple Label de North Face (Ligne exclusivement réservée au Japon) reconnue entre autre pour ses sacs à dos et ses varsity jackets.CyclingPackNavy Nanamica Nanamica VarsityJacket Nanamica SweatCrewNeckShirtHeatherGray NanamicaNeighborhood: Créée en 1994 par Shinsuke Takizawa, cette marque mérite d’être connue ne serait ce que pour la parka ci-dessous. Aussi cher que beau.Neighborhood 1Nisus Hotel: Une énième marque inspirée par le sportswear universitaire américain. Steve McQueen aurait pu en porter. Du lourd.Nisus Hotel 1 Nisus Hotel 2 Nisus Hotel 3 Nisus Hotel 4 Nisus Hotel 5The Real McCoy’s/Joe McCoy (Sportswear): Sans doute la marque japonaise de répliques de vêtements militaires américains des années 40/50 la plus connue et la plus respectée avec Buzz Rickson’s et dans une moindre mesure The Few (beaucoup plus confidentielle). Plus chère que Buzz Rickson’s les finitions et le sens du détail sont peut-être encore un cran au dessus même si cela est parfois contesté par certains spécialistes du genre.B15 TRMC Parka TRMC USN Chambray TRMC Chino TRMCRing Jacket: Une marque de costumes que The Armoury a grandement contribué à faire connaître hors du Japon. De très bons produits avec un très bon rapport qualité/prix.Ring Jacket 1 Ring Jacket A1 Ring Jacket Birdseye Ring Jacket Chalkstripe Suit Ring Jacket Coat Ring Jacket DB

Rocky Mountain Featherbed: Une ancienne marque américaine créée dans le Wyoming dans les années 60, tombée en désuétude dans les années 80 elle a été relancée en 2005 par le groupe japonais 35 Summers. Elle propose les meilleures doudounes sans manches du marché.Rocky Mountain FeatherbedSamurai Jeans: Des jeans, des chemises western, des répliques de vestes militaires US, des sweatshirt, des henley… le tout bien réalisé. La routine.Samourai 2 Samurai 1 Samurai 3 Samurai SweatWaste (Twice): Une autre marque très peu diffusée inspirée par le workwear et le vestiaire militaire.WT1 WT2 WT3

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Notre sélection de manteaux en maille

En vogue en Italie et au Japon depuis quelques années, le manteau – ou cardigan en fonction de la longueur – en maille est selon nous une pièce intéressante du vestiaire masculin, notamment lorsque son design se rapproche de celui d’un duffle coat. Il est bien souvent doté d’une doublure amovible matelassée. Ce type de « sur-veste » est particulièrement chaude et son style prononcé permet d’éviter de multiplier pull, veste et manteau pendant les périodes de froid. En outre, accompagné d’une chemise ou d’un t-shirt, il peut même être porté en automne ou au printemps. A titre personnel, nous privilégions les modèles ayant 3 ou 4 fermetures visibles (pas plus) et 2 poches costales. La plupart des modèles présentent une capuche amovible, en maille également. Les modèles sans bouton, comme le Master Coat ci-dessous, sont sans doute à privilégier en mi-saison.

Voici la petite sélection de FTDF qui vous permettra d’avoir un aperçu des différentes variations de ce type de pièce:

Kaos navy (poches costales)

Kaos navy (poches costales)

Gold Case (type duffle)

Gold Case (type duffle)

Master Coat (avec cordon de fermeture)

Master Coat (avec cordon de fermeture)

Brian Dales (duffle court)

Brian Dales (duffle court)

Kaos kaki (modèle court)

Kaos kaki (modèle court)

Darwin DK grey

Darwin DK grey

Kaos Navy (type duffle)

Kaos Navy (type duffle)

Bark Navy

Bark Navy

Feel (manteau croisé)

Feel (manteau croisé)

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Interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows

For The Discerning Few a le plaisir de présenter une interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows et designer de Camoshita United Arrows.

English version

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je viens de Tokyo. Je suis diplômé de l’université des Beaux-Arts de Tama. J’ai travaillé pour Beams dans la vente dans un premier temps, puis je me suis occupé des achats et de la planification. J’ai ensuite participé à la création d’United Arrows en 1989 pour qui j’ai tout d’abord été responsable des achats pour l’homme et des visuels. Je suis aujourd’hui directeur artistique de la société.

FTDF : Quand avez-vous commencé à prêter attention à la manière dont vous vous habilliez ?

Yasuto Kamoshita : J’ai vraiment commencé à y prêter attention quand j’étais au lycée car c’est à cette période que j’ai développé un intérêt pour la mode. Cela s’est confirmé à l’université car alors même j’étudiais l’architecture d’intérieur, je me suis finalement tourné vers la mode et l’habillement.

FTDF : Pourriez-vous décrire votre style personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je suis né en 1958 donc, de fait, j’ai été très imprégné par la culture américaine et notamment tout ce qui tournait autour du style Ivy League qui était très populaire durant ma jeunesse. Je dirais donc que mon style est avant tout d’inspiration américaine. Sinon, mon style est assez « classique ». J’aime bien être assez « habillé » mais sans que cela se traduise par une apparence rigide ou autoritaire. Il faut être sérieux, mais pas trop.

FTDF : Quand est-ce que votre marque Camoshita United Arrows a-t-elle été créée ? Quelle était votre ambition au moment de son lancement ?

Yasuto Kamoshita : Camoshita United Arrows a été lancée en 2007. L’ambition était tout simplement de créer une marque incarnant une certaine vision du style japonais.

FTDF : Pourriez-vous justement nous parler de la dernière collection que vous avez présentée au dernier Pitti Uomo ?

Yasuto Kamoshita : Cette collection qui est celle de l’hiver prochain est assez habillée et formelle. Elle tend à représenter ce que j’appellerais le « dandysme japonais » en présentant le savoir-faire japonais en matière de costumes et de vestes qui sont à l’origine des vêtements occidentaux. En effet, les Américains et les Européens ont de fait une grande culture et un énorme savoir-faire concernant le vestiaire masculin. Mais je pense qu’il existe aussi une interprétation et un savoir-faire japonais  en la matière que les gens auront, je l’espère, la possibilité de découvrir au travers de cette collection.

FTDF : Le Japon est désormais le marché numéro 1 pour tout ce qui touche à l’habillement masculin avec des consommateurs très sensibles et très pointus. Est-ce un état de fait que vous êtes en mesure d’expliquer ?

Yasuto Kamoshita : Je n’ai pas vraiment d’explication précise à donner. Je dirais tout simplement qu’il est dans la culture japonaise d’apprendre les choses assez vite. Nous sommes d’une manière générale assez minutieux. Une fois que nous avons assimilé les bases, nous aimons bien essayer d’améliorer et de développer les choses.

Concernant l’habillement masculin, il y a beaucoup de Japonais qui sont passionnés par le style américain et la culture tailleur européenne ; et qui ont beaucoup appris en s’en inspirant. Enfin, c’est vrai qu’il y a au Japon une culture du détail qui aide forcément à être précis aussi bien pour acheter que pour créer.

FTDF : Vous êtes spécialiste de la culture américaine et notamment de la période Ivy League. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs la différence entre les styles Ivy et Preppy ?

Yasuto Kamoshita : Il y a tout d’abord une différence d’époque. Le style Ivy League s’est développé dans les années 1960 avant la guerre du Vietnam alors que le mouvement Preppy n’est apparu qu’à la fin de la guerre.

En fait, le style Ivy était avant tout basé sur la provenance des produits et il reposait donc sur des marques américaines telles que J. Press, Gant ou Brooks Brothers. Mais avec le développement du mouvement Hippy, le style Ivy s’est trouvé mélangé à des marques européennes. C’est cet amalgame qui a fait émerger le style Preppy au début des années 1980.

Pour ce qui est des différences pures, le style Ivy est beaucoup plus codifié ; il fallait s’habiller selon une heure, un lieu, une occasion. De plus les couleurs dominantes étaient assez sobres : bleu marine, gris, marron. Le style Preppy est beaucoup plus débridé et beaucoup plus coloré.

FTDF : Que pensez-vous de la manière dont s’habillent les hommes français aujourd’hui ?

Yasuto Kamoshita : Aujourd’hui, ce que j’en pense ? Rien. Même si je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, je pense que les années 1960 étaient la période à laquelle les hommes français s’habillaient le mieux. On peut s’en apercevoir en regardant des films tels que Le Samouraï avec Alain Delon.

FTDF: Avez-vous des icônes de style ?

Yasuto Kamoshita : Je vais sans doute citer les mêmes que beaucoup d’autres : Fred Astaire, Steve McQueen, Jean-Paul Belmondo ou encore Serge Gainsbourg.

Je pense qu’il est bon de tirer ses inspirations de différentes périodes et de différents horizons. Il faut prendre ce qu’on apprécie chez les autres et essayer de l’adapter à sa personne. C’est ainsi qu’on crée son style. Il ne faut pas s’inspirer d’une seule personne et essayer de la répliquer, on ne deviendra jamais élégant en procédant ainsi. Il faut au contraire s’ouvrir et puiser dans plusieurs sources.

FTDF : Quels sont les endroits et les magasins que vous aimez visiter lorsque vous êtes à Paris ?

Yasuto Kamoshita : J’aime aussi bien aller aux Puces qu’aller chez Hermès, Charvet et Arnys. J’aime aussi visiter les musées et me promener rue de Seine.

FTDF : Quel conseil donneriez-vous à un jeune homme essayant créer son propre style ?

Yasuto Kamoshita : Ne te contente pas de la mode et de l’habillement. Sois curieux. Prend le temps d’apprécier les belles choses de la vie. Instruis-toi.

For The Discerning Few remercie Yasuto Kamoshita pour sa disponibilité, son savoir et sa gentillesse.

Remerciements également à Béatrice Kim.

Interview réalisée par PAL et VM pour le compte de For The Discerning Few avec l’aide précieuse de Yumiko Kaneko. Paris, janvier 2012. Tous droits réservés.

Source photos: For The Discerning Few; Yasuto Kamoshita; The Sartorialist; Street FSN.

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