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Profilo Italiano

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Vous êtes sans doute déjà nombreux à connaître ce magasin situé au 115 rue du Cherche Midi, mais pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, nous nous devions de mentionner ce petit recueil de trésors qu’est la boutique tenue par le très sympathique et charmant Giuseppe Ciaravino dit « Beppe ».IMG_7355

Cela fait maintenant quelques années que Beppe s’est installé à cette adresse du 6ème arrondissement de Paris et qu’il s’efforce de ne proposer que des produits fabriqués en Italie.Beppe

Il est à noter que Profilo Italiano s’est agrandi depuis peu.

Profilo Italiano

Vous trouverez donc des cravates en cashmere, des sept plis ; des pochettes roulottées main ; des écharpes ; des chemises Barba, Finamore, Truzzi ; des polo Fedeli ; des vestes L.B.M, Boglioli ; des pantalons P.T01, des mocassins Arfango, etc.IMG_7372 IMG_7369 IMG_7368

L’espace et le stock sont petits mais l’offre est importante et constamment renouvelée, pour des marques qu’on ne trouve que trop rarement en France.

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Last but not least, les produits que vous trouverez chez Beppe sont toujours proposés à des prix très placés, bien en deçà de ce que demandent d’autres détaillants pour les mêmes articles.

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Nous ne pouvons donc que vous encourager à aller y faire un tour – avec vos compagnes, Beppe proposant également une ligne Femme – mais prenez garde, il y a de grandes chances que vous repartiez avec quelque chose…

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Inspirations de la semaine

 

Source: Google Images, Dior, AmbrosiUnionMade, Oi Polloi, Ralph Lauren, Mister Freedom, The Armoury, Under LA, Frans Boone.

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Pied De Coq

Après avoir proposé deux mises plutôt formelles, je propose cette fois-ci un ensemble beaucoup plus sport qui repose avant tout sur une pièce centrale, un voyageur en demi mesure dans un tissu pied de coq Holland & Sherry pesant 700g/mètre. Je précise d’ores et déjà que malgré le soleil apparent, les photos ont été prises en février à une période où les températures étaient beaucoup plus basses.

Ce manteau (taille 46) est basé sur le même patronage que celui qu’arbore Virgile dans son billet Only Brown In Town. Je ne vais pas donc pas revenir sur ses caractéristiques car il les a déjà présentées.

À l’instar du sien, la longueur est d’un mètre, ce qui me paraît adapté en l’espèce. Les manches sont volontairement plus longues que celles de mes manteaux/imperméables de mi-saison. En effet, c’est un manteau d’hiver, je le porte donc généralement avec une paire de gants, dès lors une manche un peu plus longue donne une meilleure couverture et une meilleure isolation.

C’est un manteau sport du fait de son patronage caractérisé notamment par ses grosses poches plaquées à rabat et aussi du fait du motif du tissu. Dès lors, il me semble plus approprié de le porter par-dessus une tenue dépareillée que par-dessus un costume.

Mais revenons sur ce tissu à motif pied de coq plutôt marqué. Le moins que l’on puisse dire est que cela sort de l’ordinaire. Je dois reconnaitre que j’apprécie particulièrement le pied de coq et le pied de poule d’une manière générale, je trouve que ces motifs ont plus de personnalité que le chevron qui présente l’avantage et le désavantage d’être très discret. En l’espèce, ce manteau n’est pas discret, je me doute qu’il sera considéré comme inélégant par de grands penseurs qui crieront à la faute de goût. Bien sûr, cela n’empêchera pas ces détenteurs du Savoir universel d’apprécier ce type de pièce en regardant un film américain des années quarante. La vérité est qu’il s’agit simplement une pièce très classique qu’on peut apprécier ou pas.

Je reconnais que ce manteau n’est pas pour les « débutants ». Il n’est pas discret et de fait attire les regards. Il faut pouvoir l’assumer. Autant le dire clairement, si vous ne vous êtes pas affranchi du regard des autres, passez votre chemin.

En outre, ce manteau m’a permis de constater, une nouvelle fois, la grande inégalité existant en matière vestimentaireentre les hommes et les femmes. En effet, j’ai pu constater que lorsqu’une femme, quel que soit son âge, porte une veste ou un manteau dans un tissu similaire, cela ne « choque » personne. En revanche, pour un homme, a fortiori relativement jeune, je vous garantis que c’est une autre histoire.

Au-delà du manteau, le reste de la mise n’a pas grande importance. C’est une mise dépareillée qui comporte un blazer bleu croisé 6×2 à poches plaquées et un pantalon de flanelle gris clair, à pattes de serrage, bas à 18cm et revers de 5cm.

La chemise est blanche à fines rayures bleues, à poignets simple comme d’habitude. Le col est différent de ceux présentés dans les deux mises précédentes. C’est un semi-spread, il ne fait que 7,6cm de longueur mais il est suffisamment évasé pour rester sous les revers de la veste. En revanche, il ne présente pas un empattement suffisant, à mon goût, ce qui fait que le nœud de cravate ne vient pas s’insérer de manière très nette. À ce sujet, la cravate est en cashmere gris foncé, elle fait 8cm dans le bas.  

Afin d’insister sur le côté sport de l’ensemble, je porte une paire de chukka boots en veau velours sable, non doublée. Je sais qu’il y a quelques opposants au port d’un bas revers avec une paire de chukka mais je ne me suis jamais senti concerné par cette règle. Je porte des bas revers parce qu’ils donnent d’avantage de tenue au bas du pantalon. En outre, je porte mes pantalons courts, avec très peu de cassant, le revers me permet d’insister sur le fait que c’est bien volontaire. Pour les bas simples, même très étroits, un peu plus de cassant me paraît, en général, plus approprié.

Enfin, je porte un mi-bas pied de poule gris et noir afin de maintenir un semblant de continuité avec le pantalon.

Bonne lecture,

Pierre-Antoine LEVY

Photos prises par Virgile MERCIER à l’aide d’un Canon EOS 1100D

Suite aux très nombreux mails que nous recevons chaque semaine, nous avons pris la décision de citer les marques à titre indicatif.

Manteau : Marc Guyot

Blazer : Boglioli

Chemise : Barba Napoli

Pantalon : Arthur & Fox

Cravate : Drake’s

Chaussures : Alden

 

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Un après-midi rue Pasquier

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Interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows

For The Discerning Few a le plaisir de présenter une interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows et designer de Camoshita United Arrows.

English version

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je viens de Tokyo. Je suis diplômé de l’université des Beaux-Arts de Tama. J’ai travaillé pour Beams dans la vente dans un premier temps, puis je me suis occupé des achats et de la planification. J’ai ensuite participé à la création d’United Arrows en 1989 pour qui j’ai tout d’abord été responsable des achats pour l’homme et des visuels. Je suis aujourd’hui directeur artistique de la société.

FTDF : Quand avez-vous commencé à prêter attention à la manière dont vous vous habilliez ?

Yasuto Kamoshita : J’ai vraiment commencé à y prêter attention quand j’étais au lycée car c’est à cette période que j’ai développé un intérêt pour la mode. Cela s’est confirmé à l’université car alors même j’étudiais l’architecture d’intérieur, je me suis finalement tourné vers la mode et l’habillement.

FTDF : Pourriez-vous décrire votre style personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je suis né en 1958 donc, de fait, j’ai été très imprégné par la culture américaine et notamment tout ce qui tournait autour du style Ivy League qui était très populaire durant ma jeunesse. Je dirais donc que mon style est avant tout d’inspiration américaine. Sinon, mon style est assez « classique ». J’aime bien être assez « habillé » mais sans que cela se traduise par une apparence rigide ou autoritaire. Il faut être sérieux, mais pas trop.

FTDF : Quand est-ce que votre marque Camoshita United Arrows a-t-elle été créée ? Quelle était votre ambition au moment de son lancement ?

Yasuto Kamoshita : Camoshita United Arrows a été lancée en 2007. L’ambition était tout simplement de créer une marque incarnant une certaine vision du style japonais.

FTDF : Pourriez-vous justement nous parler de la dernière collection que vous avez présentée au dernier Pitti Uomo ?

Yasuto Kamoshita : Cette collection qui est celle de l’hiver prochain est assez habillée et formelle. Elle tend à représenter ce que j’appellerais le « dandysme japonais » en présentant le savoir-faire japonais en matière de costumes et de vestes qui sont à l’origine des vêtements occidentaux. En effet, les Américains et les Européens ont de fait une grande culture et un énorme savoir-faire concernant le vestiaire masculin. Mais je pense qu’il existe aussi une interprétation et un savoir-faire japonais  en la matière que les gens auront, je l’espère, la possibilité de découvrir au travers de cette collection.

FTDF : Le Japon est désormais le marché numéro 1 pour tout ce qui touche à l’habillement masculin avec des consommateurs très sensibles et très pointus. Est-ce un état de fait que vous êtes en mesure d’expliquer ?

Yasuto Kamoshita : Je n’ai pas vraiment d’explication précise à donner. Je dirais tout simplement qu’il est dans la culture japonaise d’apprendre les choses assez vite. Nous sommes d’une manière générale assez minutieux. Une fois que nous avons assimilé les bases, nous aimons bien essayer d’améliorer et de développer les choses.

Concernant l’habillement masculin, il y a beaucoup de Japonais qui sont passionnés par le style américain et la culture tailleur européenne ; et qui ont beaucoup appris en s’en inspirant. Enfin, c’est vrai qu’il y a au Japon une culture du détail qui aide forcément à être précis aussi bien pour acheter que pour créer.

FTDF : Vous êtes spécialiste de la culture américaine et notamment de la période Ivy League. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs la différence entre les styles Ivy et Preppy ?

Yasuto Kamoshita : Il y a tout d’abord une différence d’époque. Le style Ivy League s’est développé dans les années 1960 avant la guerre du Vietnam alors que le mouvement Preppy n’est apparu qu’à la fin de la guerre.

En fait, le style Ivy était avant tout basé sur la provenance des produits et il reposait donc sur des marques américaines telles que J. Press, Gant ou Brooks Brothers. Mais avec le développement du mouvement Hippy, le style Ivy s’est trouvé mélangé à des marques européennes. C’est cet amalgame qui a fait émerger le style Preppy au début des années 1980.

Pour ce qui est des différences pures, le style Ivy est beaucoup plus codifié ; il fallait s’habiller selon une heure, un lieu, une occasion. De plus les couleurs dominantes étaient assez sobres : bleu marine, gris, marron. Le style Preppy est beaucoup plus débridé et beaucoup plus coloré.

FTDF : Que pensez-vous de la manière dont s’habillent les hommes français aujourd’hui ?

Yasuto Kamoshita : Aujourd’hui, ce que j’en pense ? Rien. Même si je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, je pense que les années 1960 étaient la période à laquelle les hommes français s’habillaient le mieux. On peut s’en apercevoir en regardant des films tels que Le Samouraï avec Alain Delon.

FTDF: Avez-vous des icônes de style ?

Yasuto Kamoshita : Je vais sans doute citer les mêmes que beaucoup d’autres : Fred Astaire, Steve McQueen, Jean-Paul Belmondo ou encore Serge Gainsbourg.

Je pense qu’il est bon de tirer ses inspirations de différentes périodes et de différents horizons. Il faut prendre ce qu’on apprécie chez les autres et essayer de l’adapter à sa personne. C’est ainsi qu’on crée son style. Il ne faut pas s’inspirer d’une seule personne et essayer de la répliquer, on ne deviendra jamais élégant en procédant ainsi. Il faut au contraire s’ouvrir et puiser dans plusieurs sources.

FTDF : Quels sont les endroits et les magasins que vous aimez visiter lorsque vous êtes à Paris ?

Yasuto Kamoshita : J’aime aussi bien aller aux Puces qu’aller chez Hermès, Charvet et Arnys. J’aime aussi visiter les musées et me promener rue de Seine.

FTDF : Quel conseil donneriez-vous à un jeune homme essayant créer son propre style ?

Yasuto Kamoshita : Ne te contente pas de la mode et de l’habillement. Sois curieux. Prend le temps d’apprécier les belles choses de la vie. Instruis-toi.

For The Discerning Few remercie Yasuto Kamoshita pour sa disponibilité, son savoir et sa gentillesse.

Remerciements également à Béatrice Kim.

Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER pour le compte de For The Discerning Few avec l’aide précieuse de Yumiko Kaneko. Paris, janvier 2012. Tous droits réservés.

Source photos: For The Discerning Few; Yasuto Kamoshita; The Sartorialist; Street FSN.

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