Archives de Tag: Double Breasted

Ralph Lauren F/W 2014

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Quelques marques japonaises à connaître

Beams Plus: La marque des magasins Beams qui propose avant tout des pièces s’inspirant de l’Americana.Beams Cable Knit Beams Chino Beams MacBuzz Rickson’s: Une des nombreuses marques japonaises spécialisées dans les reproductions très précises de pièces militaires américaines. Distribuée en Europe par Eastman Leather, elle propose des produits d’excellente qualité.USAAF Ath train jack 3 Buzz Buzz Rickson'sCamoshita by United Arrows: La marque de Yasuto Kamoshita ancien acheteur et actuel directeur artistique d’United Arrows qui exprime une vision de l’élégance japonaise inspirée notamment par l’Ivy League et le style des tailleurs florentins (Liverano).Camoshita 1 Camoshita 2 Camoshita 3

Haversack: Une marque raffinée proposant certaines pièces très simples et d’autres très sophistiquées.Haversack 4 Haversack 2 Haversack 3

haversack double breasted seersucker

Hender Scheme: Une marque spécialisée dans les créations en cuir réalisées à la main, notamment connue pour ses Air Force 1 de luxe. Des tarifs qui provoquent des crises cardiaques.Hender Scheme 1 Hender Scheme 2 Hender Scheme 3 Hender Scheme 4 Hender Scheme

Human Made: La réunion de Nigo (créateur de A Bathing Ape) et du graphiste Sk8thing; des pièces basiques à l’esprit décalé.Human Made 1 Human Made 2 Human Made 3 Human Made Sweat

Iron Heart: Une marque à l’origine destinée aux bikers qui proposent des jeans et des chemises (denim/flanelle de coton) faits dans les règles de l’art d’une qualité assez remarquable. Provoquera une rupture d’anévrisme de votre portefeuille.Iron Heart 2 Iron Heart 3 Iron Heart Indigo Iron Heart

Junya Watanabe Man: La marque de l’ancien protégé de Rei Kawakubo de Comme Des Garçons, aussi innovante qu’onéreuse. L’outerwear retient tout particulièrement notre attention.

Junya + Duvetica junya round collar waxed work jacket TwillTrimmedCottonCoatBrown Junya Watanabe ManKamakura Shirts: Des chemises bien patronnées, dans des vrais tissus avec un cahier des charges qui tient la route (Boutons nacre, coutures anglaises, col et et poignets entoilés) proposées à moins de 70€. Un des meilleurs rapport qualité/prix du marché notamment concernant les buttondown en oxford.Kamakura 1 Kamakura 2 Kamakura 3 Kamakura 4

Kapital: Une des innombrables marques japonaises qui s’inspirent du workwear vintage américain, initialement uniquement portée sur le denim, elle propose désormais une gamme plus étoffée de produits qui pour la plupart semblent avoir fait trois guerres mondiales. Un vrai savoir-faire reconnu par les connaisseurs.Kapital 1 Kapital 2 Kapital 3Kapital 4

Mt Rainier Design: Une marque inspirée initialement par l’outdoor wear américain des années soixante revendiquant avant tout l’usage du 60/40 pour produire une majeure partie ses pièces. Ce matériau est composé de 60% de coton tissé à l’horizontal et de 40% de nylon tissé à la vertical. L’idée est d’associer l’imperméabilité et la légèreté du nylon avec la respirabilité du coton afin d’obtenir un vêtement efficace aussi bien sous la pluie que par temps sec.Mt Rainier 5 Mt RainierMt Rainier 4 Mt Rainier 2

Nanamica: Une marque de sportswear créée en 2003 par Eiichiro Homma qui s’occupait du Purple Label de North Face (Ligne exclusivement réservée au Japon) reconnue entre autre pour ses sacs à dos et ses varsity jackets.CyclingPackNavy Nanamica Nanamica VarsityJacket Nanamica SweatCrewNeckShirtHeatherGray NanamicaNeighborhood: Créée en 1994 par Shinsuke Takizawa, cette marque mérite d’être connue ne serait ce que pour la parka ci-dessous. Aussi cher que beau.Neighborhood 1Nisus Hotel: Une énième marque inspirée par le sportswear universitaire américain. Steve McQueen aurait pu en porter. Du lourd.Nisus Hotel 1 Nisus Hotel 2 Nisus Hotel 3 Nisus Hotel 4 Nisus Hotel 5The Real McCoy’s/Joe McCoy (Sportswear): Sans doute la marque japonaise de répliques de vêtements militaires américains des années 40/50 la plus connue et la plus respectée avec Buzz Rickson’s et dans une moindre mesure The Few (beaucoup plus confidentielle). Plus chère que Buzz Rickson’s les finitions et le sens du détail sont peut-être encore un cran au dessus même si cela est parfois contesté par certains spécialistes du genre.B15 TRMC Parka TRMC USN Chambray TRMC Chino TRMCRing Jacket: Une marque de costumes que The Armoury a grandement contribué à faire connaître. De très bons produits avec un très bon rapport qualité/prix.Ring Jacket 1 Ring Jacket A1 Ring Jacket Birdseye Ring Jacket Chalkstripe Suit Ring Jacket Coat Ring Jacket DB

Rocky Mountain Featherbed: Une ancienne marque américaine créée dans le Wyoming dans les années 60, tombée en désuétude dans les années 80 elle a été relancée en 2005 par le groupe japonais 35 Summers. Elle propose les meilleures doudounes sans manches du marché.Rocky Mountain FeatherbedSamurai Jeans: Des jeans, des chemises western, des répliques de vestes militaires US, des sweatshirt, des henley… le tout bien réalisé. La routine.Samourai 2 Samurai 1 Samurai 3 Samurai SweatWaste (Twice): Une autre marque très peu diffusée inspirée par le workwear et le vestiaire militaire.WT1 WT2 WT3

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Elegance in an age of crisis

Part I about Womenswear can be found here.

Source: The Museum at FIT

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Passage en revue des différentes offres de costumes

FellowsNous vous proposons de passer en revue les différentes offres de costumes que l’on trouve aujourd’hui sur le marché. Précisons tout de suite que ce thème a déjà été traité avec justesse par d’autres blogueurs et que, dès lors, ce billet se veut complémentaire et en aucun cas concurrent. Notre seule ambition est de clarifier certaines choses pour nos lecteurs néophytes en la matière et si possible de leur permettre d’éviter de connaitre certaines déceptions.

Commençons par le prêt-à-porter, un qualificatif trompeur car un costume nécessite presque toujours des retouches. Au sein de l’offre de costumes en PàP, on distingue plusieurs gammes de prix qui sont déterminées notamment par deux critères. Le premier, le plus fondamental, est le cahier des charges ou plus grossièrement la « façon » qui comprend donc la construction (thermocollée, partiellement entoilée/semi-traditionnelle et entièrement entoilée/traditionnelle) ainsi que le niveau et le nombre de finitions manuelles (surpiqûres, rabattage de la doublure, montage des épaules, boutonnières, etc.). On comprend donc aisément que plus la façon est de qualité, plus la note va monter pour la simple et bonne raison qu’elle demande des employés plus qualifiés et un temps de travail plus important accordé à la réalisation du produit. Le second critère qui va impacter sensiblement le prix est tout simplement la griffe. Cela coule de source mais si vous achetez un costume que vous avez vu en publicité dans un magazine, le coût de cette publicité est en fin de compte à votre charge. Il en va de même pour le loyer du flagship luxueux dans lequel vous allez l’acheter. Cela n’est pas scandaleux, la vocation de toute société commerciale est de chercher à dégager des bénéfices, or plus les investissements sont importants plus il est nécessaire de marger pour y arriver. Et après tout, en achetant une marque plus qu’un produit, le consommateur cherche souvent à acquérir une appartenance sociale ou tout du moins à se rassurer car une marque c’est connu. L’essentiel est sans doute d’en avoir conscience.Ring JacketLe premier enseignement que nous pouvons tirer de ces développements est que la Maison qui fabrique est bien plus importante que celle qui vend.

En PàP, on distingue par ailleurs deux types d’offres. La première est celle des habilleurs ou tout du moins des Maisons qui au-delà de leur ligne directrice de base proposent des costumes dont la coupe suit plus ou moins la tendance (taille des revers, longueur de veste, montant du pantalon, plus ou moins près du corps) mais sans jamais tomber dans la caricature et par conséquent le risque de vendre un costume trop typé qui sera démodé la saison prochaine.Richard James

La seconde est celle des créateurs ou des Maisons qui se veulent résolument à la mode. Les costumes proposés sont parfois esthétiquement réussis et dans des étoffes intéressantes mais en plus d’être généralement overpriced, ils sont souvent bien trop typés pour pouvoir s’inscrire dans la durée. Ce n’est d’ailleurs absolument pas l’ambition de ces Maisons. À moins d’un sérieux coup de cœur, nous vous les déconseillons.Paul SmithPar ailleurs, à moins que vous ne soyez un consommateur avisé et que vous procédez aux retouches avec votre propre retoucheur, en PàP le vendeur sur lequel vous allez tomber aura son importance a fortiori si vous avez peu d’expérience en la matière. Un vendeur médiocre et peu précis ruinera à coup sûr votre expérience et sans doute votre allure si vous ne prenez pas les choses en main. En revanche, un vendeur qui sait vendre des pièces à manches saura rapidement vous aider à déterminer le costume qui convient à l’usage que vous souhaitez en faire. En bon connaisseur de ses produits, il déterminera rapidement la taille qui vous convient et préconisera dans la foulée les retouches qui s’imposent. Un bon vendeur connaîtra bien les aptitudes des retoucheurs avec lesquels il travaille et pourra donc, pour éviter des catastrophes, vous suggérer de passer par votre propre retoucheur pour certaines retouches un peu plus compliquées telles que l’affutage d’une manche par exemple (certains retoucheurs pour aller plus vite ne prennent pas le temps d’affuter aussi la doublure ce qui crée une sensation d’inconfort insigne). Néanmoins, gardez en tête qu’un vendeur aussi bon soit-il n’a pas vocation à jouer à la poupée ou à vous mettre la puce à l’oreille sur certaines petites imperfections comme des petits plis au niveau de l’épaule ou des fentes qui ouvrent un peu. Le PàP n’est pas pour ceux qui ont un niveau d’exigence irréaliste et les retouches si elles sont comprises dans le prix réduisent la marge.

En fin de compte, les costumes en PàP s’adressent à des hommes qui ont un physique plutôt dans la norme car dans la plupart des Maisons, la veste et le pantalon sont indissociables ce qui rend aussi bien les clients que les vendeurs prisonniers des drop (concordances de tailles définies entre le pantalon et la veste composant le complet). Les hommes très athlétiques, ayant un peu d’embonpoint ou trop fluets, très grands ou petits se tourneront plutôt vers la mesure pour obtenir un résultat satisfaisant. En revanche, si la coupe d’une Maison vous plaît et vous sied et que vous ne recherchez pas d’étoffes ou de détails sortant de l’ordinaire, un costume en PàP de bonne facture peut tout à fait faire l’affaire. Vous éviterez les délais et les déceptions qui sont parfois inhérentes à la mesure.

La mesure ou le sur-mesure : sans doute le terme le plus galvaudé et le plus trompeur du XXIe siècle. Précisons que  nous ne ferons pas de distinction entre la demi-mesure et le sur-mesure tellement les frontières sont poreuses. Partons du principe simple que dès lors que des cotes sont prises et que le vêtement est fabriqué/commandé pour le client, il s’agit d’un sur-mesure. Depuis un peu moins de dix ans, les offres de costumes sur-mesure n’ont cessé d’émerger et donc ce terme qui était jadis uniquement employé pour désigner l’offre des personnes ayant suivi une formation de tailleur n’engage aujourd’hui plus à grand-chose tant les gammes de prix sont vastes et les offres variées.Orazio LucianoUn costume sur mesure peut très bien être thermocollé. L’emploi du terme « sur-mesure » ne donne aucune garantie sur la qualité de la façon, il indique simplement que des cotes seront prises et que le vêtement sera vraisemblablement réalisé pour vous.

L’avantage du sur-mesure est que contrairement au PàP, vous pouvez choisir votre étoffe, la doublure et plusieurs spécificités et détails qui sont généralement les suivants (liste non exhaustive) :

-          Veste droite (1, 2 ou 3 boutons) ou croisée (6×2/6×3/6×1/4×2)

-          Pantalon avec (simple/double/françaises ou italiennes) ou sans pince

-          Choix du type de poches et de leur inclinaison/poches tickets

-          Choix des poches du pantalon

-          Nombre de boutonnières aux manches/choix des boutons

-          Nombre de fentes

-          Ceinture passants ou avec tirettes côtés

-          Type de revers

-          Couleur de fil pour les surpiqûres et les boutonnières (ton sur ton, SVP !)

En sur-mesure, quelle que soit l’offre, on part d’un patron existant qui est adapté à vos cotes et à vos desiderata lorsque cela est possible (largeur des rabats de poches, largeur des revers, etc.).

Comme pour le PàP, il y a différentes gammes de prix (entre 400€ et 2 000€) en sur-mesure qui diffèrent en fonction des mêmes critères : la façon, l’étoffe et la griffe. Concernant la griffe, certaines Megabrands proposent en effet des offres sur-mesure en partant généralement des patronages qu’elles utilisent en PàP. Disons le très clairement, ces offres n’ont pas grand intérêt car vous allez là encore surpayer ce vous allez acheter or comme on a coutume de dire : « Le prix c’est ce que tu paies, la valeur c’est ce que tu as. ». Mais si un nom vous rassure, libre à vous.

Par ailleurs, certaines Maisons à l’instar de Scavini Tailleur travaillent avec plusieurs façonniers de manière à proposer différentes gammes de prix et différents niveaux de construction et de finition.

Quand vous choisissez une Maison pour un costume sur mesure la démarche est assez similaire à celle que vous devez adopter avant d’acheter un costume en PàP. En effet, il convient d’observer le style et la coupe que propose cette Maison, mais aussi de bien comprendre son offre. À ce titre, le facteur le plus décisif sera sans doute la relation que vous allez avoir avec le professionnel qui va se trouver face à vous. Il n’est pas nécessaire qu’il ait suivi une formation de tailleur pour être compétent car quoi qu’il en soit ce n’est pas lui qui va confectionner le costume. Néanmoins, vous devez vous poser certaines questions : a-t-il bien cerné vos attentes ? Les étoffes qu’il vous propose sont-elles pertinentes ? A-t-il la possibilité d’ajuster légèrement son patronage pour vous satisfaire davantage ? Est-il lui-même élégant ? Est-il en mesure de vous faire essayer des modèles ? À quoi ressemblent les clients qui sortent de chez lui ? Souhaite-t-il boucler l’affaire le plus rapidement possible (la réponse est toujours oui, mais vous le fait-il sentir ou prend-il le temps) ?  Ces choses simples vous permettent de vous faire une idée plus précise de l’endroit où vous mettez les pieds.

Une fois la commande effectuée, c’est le moment de l’attente. Les délais peuvent varier selon les Maisons et se situent généralement entre 10 jours pour les plus rapides et 6 semaines pour les plus lents. En principe, pour un costume sur mesure, deux essayages sont nécessaires : l’essayage intermédiaire qui permet de procéder aux ajustements et l’essayage final qui permet de s’assurer que ces ajustements ont été réalisés correctement. L’essayage intermédiaire est crucial car il vous permet d’évaluer concrètement les talents de l’habilleur. En effet, même s’il y a toujours une petite marge d’erreur, c’est à ce moment-là que vous pourrez observer si les mesures ont été correctement prises : même s’il n’est pas là pour jouer à la poupée, est-il prompt à effectuer des ajustements nécessaires ou tente-t-il d’en faire le moins possible (là encore, les retouchent diminuent la marge) et de noyer le poisson en vous assurant que le pli de col que vous apercevez distinctement n’est que le fruit de votre imagination?

Plus encore que le vendeur en PàP qui est prisonnier des produits à sa disposition, l’habilleur en sur-mesure joue un rôle de conseil déterminant notamment pour les néophytes.

Le sur-mesure s’adresse aux hommes qui ne trouvent pas leur bonheur en PàP pour des raisons multiples : physique non conforme aux standards du PàP, recherche d’une coupe ou de détails précis, d’un choix de matières plus important. Il est clair qu’aujourd’hui de plus en plus d’hommes sont tentés par le sur-mesure tant la différence de prix avec un PàP de qualité est mineure. Néanmoins, qui dit plus de choix dit aussi plus de risques d’erreur. Il convient donc de bien se renseigner en amont afin d’éviter de cruelles désillusions. Pour des physiques « classiques », un bon patronage de PàP avec les retouches adéquates est préférable à une offre « mesure » vaseuse…

Évoquons enfin brièvement la Grande Mesure dont la caractéristique fondamentale est la réalisation d’un patron spécialement pour vous. En Grande Mesure, les prix peuvent varier assez sensiblement selon les Maisons/artisans de 2 200€ à 7 000€. En principe, la Grande Mesure se caractérise aussi par un nombre de finitions manuelles que l’on ne retrouve que très rarement ailleurs : montage des épaules à la main, doublure rabattues main, boutonnières faites à la main, etc. Néanmoins, cela varie selon les Maisons. En effet les costumes des maisons du Row présentent généralement beaucoup moins de finitions manuelles que ceux des tailleurs italiens et quant aux maisons françaises, elles ont la réputation d’avoir un niveau de finition encore supérieur à ce qui se fait en Italie (on pense notamment aux intérieurs de veste).Boutonnière CifonelliUn costume en grande mesure implique au-delà de la prise de mesures initiale au grand minimum trois essayages et plus généralement un service sans comparaison avec ce que vous connaîtrez ailleurs. Même si la grande mesure garantit la réalisation d’un patron spécifique à votre personne, il faut souligner que chaque maison/tailleur a son style. Dès lors, il est assez malvenu de se rendre par exemple chez Anderson & Sheppard dans le but de demander un bas de veste très arrondi tel que le propose Liverano. Il est donc nécessaire d’observer de manière assez précise les caractéristiques du style de chaque maison avant de se lancer. Vous ne pourrez pas obtenir une Ferrari en allant chez Range Rover et inversement.

LiveranoEn outre, ce serait une erreur de penser que la Grande Mesure va régler vos problèmes et vous transformer comme par magie en élégant. Les choses ne sont pas si simples, on voit parfois des gens habillés en grande mesure dont les costumes sont techniquement très bien faits mais qui ne ressemblent à rien. Au risque d’enfoncer une porte ouverte, le goût ne s’achète pas.BNTAILOREn résumé, la Grande Mesure (réussie) s’adresse avant tout à des hommes avertis et patients (les délais sont de plusieurs mois) qui souhaitent des choses spécifiques et qui attachent une extrême importance à la qualité de la façon, aux finitions et à l’ajustement au corps.

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Interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows

For The Discerning Few a le plaisir de présenter une interview de Yasuto Kamoshita, directeur artistique d’United Arrows et designer de Camoshita United Arrows.

English version

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je viens de Tokyo. Je suis diplômé de l’université des Beaux-Arts de Tama. J’ai travaillé pour Beams dans la vente dans un premier temps, puis je me suis occupé des achats et de la planification. J’ai ensuite participé à la création d’United Arrows en 1989 pour qui j’ai tout d’abord été responsable des achats pour l’homme et des visuels. Je suis aujourd’hui directeur artistique de la société.

FTDF : Quand avez-vous commencé à prêter attention à la manière dont vous vous habilliez ?

Yasuto Kamoshita : J’ai vraiment commencé à y prêter attention quand j’étais au lycée car c’est à cette période que j’ai développé un intérêt pour la mode. Cela s’est confirmé à l’université car alors même j’étudiais l’architecture d’intérieur, je me suis finalement tourné vers la mode et l’habillement.

FTDF : Pourriez-vous décrire votre style personnel ?

Yasuto Kamoshita : Je suis né en 1958 donc, de fait, j’ai été très imprégné par la culture américaine et notamment tout ce qui tournait autour du style Ivy League qui était très populaire durant ma jeunesse. Je dirais donc que mon style est avant tout d’inspiration américaine. Sinon, mon style est assez « classique ». J’aime bien être assez « habillé » mais sans que cela se traduise par une apparence rigide ou autoritaire. Il faut être sérieux, mais pas trop.

FTDF : Quand est-ce que votre marque Camoshita United Arrows a-t-elle été créée ? Quelle était votre ambition au moment de son lancement ?

Yasuto Kamoshita : Camoshita United Arrows a été lancée en 2007. L’ambition était tout simplement de créer une marque incarnant une certaine vision du style japonais.

FTDF : Pourriez-vous justement nous parler de la dernière collection que vous avez présentée au dernier Pitti Uomo ?

Yasuto Kamoshita : Cette collection qui est celle de l’hiver prochain est assez habillée et formelle. Elle tend à représenter ce que j’appellerais le « dandysme japonais » en présentant le savoir-faire japonais en matière de costumes et de vestes qui sont à l’origine des vêtements occidentaux. En effet, les Américains et les Européens ont de fait une grande culture et un énorme savoir-faire concernant le vestiaire masculin. Mais je pense qu’il existe aussi une interprétation et un savoir-faire japonais  en la matière que les gens auront, je l’espère, la possibilité de découvrir au travers de cette collection.

FTDF : Le Japon est désormais le marché numéro 1 pour tout ce qui touche à l’habillement masculin avec des consommateurs très sensibles et très pointus. Est-ce un état de fait que vous êtes en mesure d’expliquer ?

Yasuto Kamoshita : Je n’ai pas vraiment d’explication précise à donner. Je dirais tout simplement qu’il est dans la culture japonaise d’apprendre les choses assez vite. Nous sommes d’une manière générale assez minutieux. Une fois que nous avons assimilé les bases, nous aimons bien essayer d’améliorer et de développer les choses.

Concernant l’habillement masculin, il y a beaucoup de Japonais qui sont passionnés par le style américain et la culture tailleur européenne ; et qui ont beaucoup appris en s’en inspirant. Enfin, c’est vrai qu’il y a au Japon une culture du détail qui aide forcément à être précis aussi bien pour acheter que pour créer.

FTDF : Vous êtes spécialiste de la culture américaine et notamment de la période Ivy League. Pourriez-vous expliquer à nos lecteurs la différence entre les styles Ivy et Preppy ?

Yasuto Kamoshita : Il y a tout d’abord une différence d’époque. Le style Ivy League s’est développé dans les années 1960 avant la guerre du Vietnam alors que le mouvement Preppy n’est apparu qu’à la fin de la guerre.

En fait, le style Ivy était avant tout basé sur la provenance des produits et il reposait donc sur des marques américaines telles que J. Press, Gant ou Brooks Brothers. Mais avec le développement du mouvement Hippy, le style Ivy s’est trouvé mélangé à des marques européennes. C’est cet amalgame qui a fait émerger le style Preppy au début des années 1980.

Pour ce qui est des différences pures, le style Ivy est beaucoup plus codifié ; il fallait s’habiller selon une heure, un lieu, une occasion. De plus les couleurs dominantes étaient assez sobres : bleu marine, gris, marron. Le style Preppy est beaucoup plus débridé et beaucoup plus coloré.

FTDF : Que pensez-vous de la manière dont s’habillent les hommes français aujourd’hui ?

Yasuto Kamoshita : Aujourd’hui, ce que j’en pense ? Rien. Même si je ne l’ai pas vu de mes propres yeux, je pense que les années 1960 étaient la période à laquelle les hommes français s’habillaient le mieux. On peut s’en apercevoir en regardant des films tels que Le Samouraï avec Alain Delon.

FTDF: Avez-vous des icônes de style ?

Yasuto Kamoshita : Je vais sans doute citer les mêmes que beaucoup d’autres : Fred Astaire, Steve McQueen, Jean-Paul Belmondo ou encore Serge Gainsbourg.

Je pense qu’il est bon de tirer ses inspirations de différentes périodes et de différents horizons. Il faut prendre ce qu’on apprécie chez les autres et essayer de l’adapter à sa personne. C’est ainsi qu’on crée son style. Il ne faut pas s’inspirer d’une seule personne et essayer de la répliquer, on ne deviendra jamais élégant en procédant ainsi. Il faut au contraire s’ouvrir et puiser dans plusieurs sources.

FTDF : Quels sont les endroits et les magasins que vous aimez visiter lorsque vous êtes à Paris ?

Yasuto Kamoshita : J’aime aussi bien aller aux Puces qu’aller chez Hermès, Charvet et Arnys. J’aime aussi visiter les musées et me promener rue de Seine.

FTDF : Quel conseil donneriez-vous à un jeune homme essayant créer son propre style ?

Yasuto Kamoshita : Ne te contente pas de la mode et de l’habillement. Sois curieux. Prend le temps d’apprécier les belles choses de la vie. Instruis-toi.

For The Discerning Few remercie Yasuto Kamoshita pour sa disponibilité, son savoir et sa gentillesse.

Remerciements également à Béatrice Kim.

Interview réalisée par PAL et VM pour le compte de For The Discerning Few avec l’aide précieuse de Yumiko Kaneko. Paris, janvier 2012. Tous droits réservés.

Source photos: For The Discerning Few; Yasuto Kamoshita; The Sartorialist; Street FSN.

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