Archives de Tag: fabrication française

Caulaincourt Printemps/Été 2013

Malgré la météo tout à fait exécrable qui sévit sur la capitale depuis maintenant trop longtemps, Caulaincourt nous présente en images sa nouvelle collection Printemps/Été 2013. Ambitieuse et colorée, osons espérer qu’elle nous apporte un petit peu de soleil !
Caulaincourt 3 Caulaincourt 4 Caulaincourt 5 Caulaincourt 6 Caulaincourt 7 Caulaincourt 8 Carton tricolore Carlton bicolore WB Gaspard VV bleu Gaspard VV chocolat Frange Sample Chomel Anis Chomel vieux rose Dexter VV chocolat Jane cuir Time Bandit Navy Time Bandit Ecureuil Pink Orange Mecanic Ocean Eleven Navy Ocean Eleven Cacao Ocean Eleven Blue Jeans Ocean Eleven Cognac Norton Cyclope SL été Brown Pandore Noir White Noir Armstrong Noir One cut 1773 Noir Marechal noirSource: Caulaincourt

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Camps De Luca

An interesting video about the renowned and talented Parisian tailoring house Camps De Luca, made by our friend and bespoke enthusiast Dirnelli. Follow him on tumblr.

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Caulaincourt Automne/Hiver 2012/13

Voici les visuels pour la nouvelle saison de la Maison parisienne Caulaincourt, qui attestent une nouvelle fois que son créateur, Alexis Lafont, est toujours très (bien) inspiré.

Collection Paris:1773 Gold AL Armstrong CAESAR BLEU WATRIGANT Caesar gris acier Cassandre 2 taupe Cassandre 2 Hannibal Bleu Good Hannibal Unimatière Hopkins Orange Marechal Baltique Marechal Bois de rose Montechristo rouge One Cut 1773 veiné gold Pandore Sienna Paris echine de loup Paris Pass rose Solognac Bordeaux sang Time Bandit bordeau White Gris Acier

 

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Monsieur Saint-Germain

Nous avons eu la chance de rencontrer la semaine dernière, à notre retour de Florence, Renaud Blin, plus connu sous le nom de Monsieur Saint-Germain. Nous vous proposons donc quelques clichés des réalisations de cet artisan autodidacte que nous aurons le plaisir d’interviewer prochainement.

Site web: Monsieur Saint-Germain.

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Interview de Pauline Brosset, chapelière

For The Discerning Few a le plaisir de vous proposer une interview exclusive de Pauline Brosset. Agée de 26 ans, elle est l’une des rares chapelières sur-mesure en France. Nous l’avons rencontrée dans son atelier du 43 Rue Volta dans le 3ème arrondissement de Paris.

For The Discerning Few : Peux-tu nous présenter ton parcours professionnel ?

Pauline Brosset : J’ai commencé par faire de la couture vêtements, donc du modélisme. Assez rapidement, je me suis rendue compte que ca ne me correspondait pas tant que ça. Par la suite, j’ai un peu tâtonné comme beaucoup de jeunes. J’ai alors vu que l’école de la chambre syndicale de la couture parisienne proposait un cursus en alternance Mode & Chapellerie. Je me suis donc inscrite et j’ai commencé à travailler pour Fernand Sebbah, ancien directeur du département Gélot chez Lanvin. Lanvin a fermé son département chapeau il y a une quinzaine d’années et Fernand Sebbah a monté sa chapellerie qui s’appelait DBM. On a travaillé 3 ans ensemble. Malheureusement, il est décédé assez brutalement en juin 2010. Il m’a donc fallu quelques mois pour voir comment j’allais pouvoir me mettre à mon compte, si je reprenais sa chapellerie, etc.

Avant d’avoir mon propre atelier, dans lequel je suis maintenant depuis 3 mois, j’avais un showroom dans le 15ème arrondissement. Je travaille à mon compte depuis maintenant un an et demi.

FTDF : Pourquoi la chapellerie ?

Pauline Brosset : Comme les techniques se sont beaucoup perdues, il y a un côté « débrouille-toi tout seul » que j’apprécie beaucoup. Je suis même parfois obligée de fabriquer mes propres outils pour parvenir au résultat final. Donc je trouve ça un peu plus « intense » que le vêtement.

Par ailleurs, j’aime beaucoup le contact avec les clients car les clients « mesure » sont très particuliers. C’est sans doute vrai pour le « sur-mesure » en général d’ailleurs.

FTDF : Quel est l’état de la chapellerie en France ?

Pauline Brosset : Il y a beaucoup de modistes, qui vont travailler essentiellement pour les femmes pour tout ce qui est chapeaux de cérémonie par exemple. Maintenant, en chapellerie tournée essentiellement vers l’Homme, on n’est vraiment plus très nombreux. Cela a été en voie d’extinction très avancée mais j’ai l’impression que ca reprend un petit peu.

En tout cas pour ma part, en termes de clients, j’ai de la demande.

FTDF : Au-delà des chapeaux tu réalises aussi des gapettes ou des casquettes de baseball…

Pauline Brosset : Effectivement, c’est l’avantage d’avoir reçu une formation au vêtement avant. En termes de patronage, j’ai de bonnes compétences techniques donc lorsqu’un client me demande une casquette par exemple je vais pouvoir m’adapter à ses demandes : s’il veut un peu plus d’ampleur à tel endroit, un peu moins ailleurs, etc. 

FTDF : Peux-tu nous décrire un peu ta clientèle ?

Pauline Brosset : Ce sont souvent des amoureux du chapeau mais des déçus du prêt à porter. Mes clients couvrent un peu tous les âges : du jeune homme de 25 ans aux hommes plus âgés. Cela a tendance à se rajeunir de plus en plus. Au début, c’était plutôt des hommes de 40 à 60 ans, qui avait peut être davantage la culture du sur-mesure. Mais j’ai désormais de plus en plus de jeunes.

Ils me trouvent essentiellement sur Internet. Le bouche à oreille fonctionne bien également. En décembre 2010 j’ai fait le salon du Carrousel du Louvre qui m’a aussi permis de me faire connaitre davantage.

Depuis un an et demi que je suis à mon compte, mes clients reviennent. Par exemple, j’ai un client qui s’est fait une quinzaine de casquettes, un autre doit être à son huitième modèle. Bref, cela fonctionne bien.

J’ai pas mal de clients étrangers et c’est intéressant de travailler des chapeaux très différents en fonction des pays, du climat, etc.

FTDF : Comment se passe le processus de prises de mesure et de création ?

Pauline Brosset : Au départ je reçois le client. Le premier rendez-vous dure au moins une heure, avec les prises de mesure mais aussi pour écouter ce que souhaite la personne. Parfois, on n’a pas tous le même vocabulaire donc je dois m’assurer de ce que veut le client afin qu’il n’y ait pas d’erreur dans ce que je vais réaliser. Je travaille aussi à partir de photos quand un client a vu un chapeau dans un film et qu’il en veut une réplique exacte par exemple.

En termes de matière, si c’est un chapeau de feutre par exemple, ça se travaille à la vapeur donc il y a des temps de séchage que je dois respecter.

En général, un essayage est suffisant. Mais la plupart du temps, si j’arrive à bien saisir ce que veut le client, il repart avec son chapeau au second rendez-vous. Donc c’est un processus assez rapide. Maintenant pour les matières plus rares ou les demandes plus originales, le délai sera plus long (maximum 5 semaines), le temps que je me procure les matières premières.

Comme le métier a tendance à disparaitre, les matières premières sont de plus en plus dures à trouver. Pour les tissus il n’y a pas de problème ; mais pour les beaux feutres, la belle paille de Panama, c’est un peu plus délicat.

Pour ma part, je ne travaille pas le feutre de laine, qui est bien trop bas de gamme à mon goût. Je travaille par contre le feutre de lapin, le feutre de castor mais aussi le feutre de cachemire.

FTDF : Combien faut-il compter pour réaliser un chapeau ou une casquette chez toi ?

Pauline Brosset : Pour les casquettes, mes prix sont de 140 euros et peuvent aller jusqu’à 200 euros. Le feutre de lapin est à partir de 200 euros. En castor, c’est 380. Et si je le fais en cashmere, ca serait 700 euros. Je pense qu’aux vues des prix pratiqués en prêt à porter, cela reste très abordable pour du sur-mesure.

FTDF : Tu parlais d’outils. As-tu des outils rares ou du matériel qu’on ne trouve plus vraiment ailleurs ?

Pauline Brosset : J’ai eu la chance de pouvoir récupérer du matériel très ancien de Fernand Sebbah. Et au-delà de la dextérité qu’on peut avoir, si on n’a pas les bons outils, on ne peut pas aller très loin.

Voici mon arme fétiche : c’est un conformateur. A deux tours de tête identiques, on n’aura pas forcément la même forme de crâne. Et tous les bois que je possède sont très normalisés. L’intérêt du conformateur est qu’il se place sur la tête comme un chapeau et va dessiner l’empreinte de la tête en miniature.

Cet outil est surtout utile pour les chapeaux très rigides, comme les chapeaux melon.  Pour les chapeaux mous, cela évite que le bord ne gondole à certains endroits. C’est sans doute aussi pour ça que les gens portent moins de chapeaux car c’est très difficile de trouver un chapeau qui va bien en PAP et qui ne fait pas mal au crâne.

FTDF : Lorsqu’un client revient te voir pour commander d’autres modèles, es-tu obligée de reprendre les mesures ?

Pauline Brosset : S’il s’agit du même modèle, je ne suis pas obligée de refaire un essayage lorsque j’ai déjà les côtes. J’envoie souvent leurs chapeaux à mes clients étrangers, s’ils ont effectué une première commande en venant à l’atelier.

FTDF : Envisages-tu de te développer ?

Pauline Brosset : Je souhaite garder une petite structure car lorsque l’on grandit trop et trop vite dans ce type de métier, cela devient compliqué. Mais dans quelques années, j’ai l’intention de prendre un petit nombre d’apprentis afin de restituer aussi ce que j’ai appris en apprentissage et de faire partager mes connaissances.

FTDF : Où te vois-tu dans 5 ans ?

Pauline Brosset : Probablement pas très loin d’ici. Peut être au sein d’un atelier un peu plus grand. Et si je pouvais avoir formé quelqu’un ça serait super. Mais je ne sais pas dans quelle mesure l’apprentissage en chapellerie sera possible dans le futur du fait des écoles qui commencent à fermer… Et si je pouvais avoir une réputation solide, au moins à Paris… 

Les bonnes adresses de Pauline :

Le bottier Anthony Delos qui est situé dans la même rue que moi. D’ailleurs, nous allons réaliser une vitrine commune où je pourrais exposer des chapeaux.

Philippine Janssens qui fait des pantalons pour femmes en demi-mesure à des prix très placés.

For The Discerning Few tient à remercier Pauline Brosset pour son accueil, sa disponibilité et sa gentillesse.

Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER pour le compte de For The Discerning Few. Paris, janvier 2011. Tous droits réservés.

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