Archives de Tag: Made In France

Camps De Luca

An interesting video about the renowned and talented Parisian tailoring house Camps De Luca, made by our friend and bespoke enthusiast Dirnelli. Follow him on tumblr.

Poster un commentaire

Classé dans Marques / Brands

Caulaincourt Automne/Hiver 2012/13

Voici les visuels pour la nouvelle saison de la Maison parisienne Caulaincourt, qui attestent une nouvelle fois que son créateur, Alexis Lafont, est toujours très (bien) inspiré.

Collection Paris:

1773 Gold AL Armstrong CAESAR BLEU WATRIGANT Caesar gris acier Cassandre 2 taupe Cassandre 2 Hannibal Bleu Good Hannibal lie de vin Hannibal Unimatière Hopkins Orange Hopkins Rouge Marechal Baltique Marechal Patiné Gris et Rose Marechal Rouge & ceinture Montechristo Violet One Cut 1827 Noir One Cut 1827 rouge One Cut 1827 P1020216 Pandore Sienna Pandore Paris Aubergine Paris echine de loup Solognac Aubergine solognac gold fume Time Bandit bordeau White Gris AcierCollection Club:

Attila Tweed Bachmann BULL SHARK Chomel Cyclope DARJEELING MARRON Darjeeling Noir Desert Boot EVERGLADES 2 Brown FDS gatsby 2 Noir GATSBY MARRON Gatsby Noir GUILTY Marron GUILTY NOIR MARAL CHOCO MARAL FAUVE MARAL SPORT ouvert DEF Maral Tweed 2 MARAL VERT NOMAD Rangoon Sherlock Bordeau Sherlock M¼ BACHMANN H» 359B.JPG Watrigant

Un commentaire

Classé dans Souliers / Shoes

Interview de Benjamin Simonnot

Nous vous proposons aujourd’hui une interview de Benjamin Simonnot, propriétaire de la Maison familiale Simonnot Godard, mondialement reconnue pour ses mouchoirs et autres pochettes qui sont doute les meilleurs du monde actuellement.

For The Discerning Few : Nous savons que la Maison Simonnot Godard présente une longévité assez extraordinaire. Pourriez-vous nous en dresser un petit historique, avant votre arrivée à sa tête ?

Benjamin Simonnot : Simonnot Godard a été fondé en 1787. Simonnot était un boutiquier à Troyes, spécialisé dans le linge de maison : draps, nappes, serviettes, etc. Godard appartenait à une autre famille qui possédait des comptoirs de tissage et des ateliers à façon dans le nord de la France.

Au milieu du 19ème siècle, Louis-Victor Simonnot a épousé Marie Godard et cela a entrainé la création de Simonnot Godard, négociant jusqu’au lendemain de la Second guerre mondiale.

Au début du 20ème siècle, Simonnot Godard, qui était resté jusque là dans le linge de maison, a commencé à se diversifier dans le tissu femme pour la haute couture, en travaillant pour des personnalités illustres que sont désormais Patou, Dior, Lanvin, Chanel, etc. Je tiens à préciser qu’à cette époque, le mouchoir et la pochette ne représentaient que 5% du business.

Après la Guerre, mon oncle a monté un atelier de tissage dans le nord de la France, atelier qui existe encore aujourd’hui. Simonnot Godard a bien fonctionné jusqu’aux années 70, avant de s’effondrer à partir des années 80. A cette époque, les produits de qualité avaient tendance à n’intéresser personne. Ajoutons à cela une mauvaise gestion et des choix stratégiques hasardeux, Simonnot Godard a alors connu une période très compliquée. Il faut savoir qu’à l’époque, nous avions de nombreux confrères qui ont tous disparus aujourd’hui.

FTDF : A quel moment votre parcours professionnel croise-t-il la route de la Maison familiale ?

Benjamin Simonnot : J’ai fait mes études en école de commerce, de la fin des années 80 au début des années 90. Pendant mes études, j’ai commencé à travailler en tant que représentant, en partie pour Simonnot Godard. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé à créer et à étendre mon réseau à travers l’Europe.

Il se trouve que je suis arrivé sur le marché du travail en 1992. C’était une période très trouble économiquement mais à la rigueur, ça a été une chance pour moi. Quand vous terminez vos études en période de crise, vous avez encore plus faim que les autres.

Je dois également préciser que mon grand-père m’avait transmis le goût et la passion de cette entreprise familiale. Donc en 1991/1992, alors qu’une partie de mon cursus étudiant s’est déroulé à Londres et à Madrid, j’en ai profité pour dénicher des clients pour Simonnot Godard, équipé de la petite valise que mon grand-père m’avait confiée.

En 1992, une fois mes études terminées, j’ai été agent indépendant, pour Simonnot Godard mais aussi pour divers créateurs anglais et italiens notamment, et ce jusqu’en 1999.

FTDF : Et vous avez alors choisi de reprendre l’affaire familiale.

Benjamin Simonnot : Exactement. Mais je n’en ai pas hérité, je l’ai racheté à mon oncle. Les choses étaient alors très compliquées et Simonnot Godard était une entreprise au fonctionnement digne d’une entreprise du milieu du 20ème siècle.

Nous avions un nom et un savoir-faire mais l’atelier était dans un état épouvantable, les machines obsolètes et pour ainsi dire, l’installation électrique n’avait pas été changée depuis la Guerre. Il a donc fallu investir pour tout rénover mais aussi pour revoir la stratégie de la Maison.

Pendant les 5 premières années, le travail a donc consisté essentiellement à rénover et à restructurer. Avec mon épouse nous avons alors choisi de concentrer l’activité sur les pochettes et les mouchoirs.

FTDF : C’était donc un choix stratégique risqué, surtout pour l’époque.

Benjamin Simonnot : Non, pas risqué car je savais déjà à l’époque que Simonnot Godard était le dernier fabricant de mouchoirs et pochettes dits « de luxe ».

Nous avions déjà de bonnes bases, avec de nombreux clients italiens mais aussi de grandes maisons de luxe, notamment françaises.

Avec mon épouse, le pari a été le suivant : ne faire qu’un seul produit mais le faire bien.

FTDF : Parlons un peu du processus de production. Comment se déroule- t- il ?

Benjamin Simonnot : Simonnot Godard a un véritable savoir-faire. Nous sommes des spécialistes du « chaine et trame », et tout est très codifié. C’est pour cela qu’on ne pourra jamais être copié, notamment en Chine…

Le premier objectif a été de conserver ce savoir- faire et le processus de fabrication. On était un peu à contre courant de ce qui se faisait alors au début des années 2000.

S’agissant de la production, nous ne faisons que du double retors. On achète du fil écru, qui est fabriqué et monté en Suisse à partir de coton égyptien. Pour la couleur, on a une cinquantaine de couleurs différentes dans nos archives. Chacune d’elles est étudiée en laboratoire dans le Nord et si la couleur ne correspond pas au dessin d’archive, on recommence. C’est un travail chirurgical. Chaque fil est teint « grand teint » plein bain. Donc ce n’est pas de l’impression. L’impression, vous lavez 2 fois, ça part. Là, vous lavez 200 fois, ca reste.

Pour les motifs, on se réfère là encore à nos dessins d’archive ; on n’essaie pas de réinventer mais de coller le plus possible aux dessins de l’époque. On s’adapte aussi aux private labels, qui peuvent nous proposer leurs propres dessins et motifs.

Par la suite, le mercerisage et le blanchiment se déroulent dans les Vosges. L’eau de la région est très particulière et comme pour le traitement des laines en Ecosse, cela a son importance dans la qualité du produit une fois celui-ci terminé.

Cette étape achevée, les rouleaux de tissus reviennent dans le Nord où ils sont contrôlés avant de partir au roulottage. Il va sans dire que nos produits sont roulottés à la main… Les mouchoirs sont alors contrôlés un par un avant d’être livrés à nos revendeurs. S’il y a le moindre défaut, le mouchoir est écarté.

En gros, entre le moment où on achète le fil et le moment où le produit est fini, entre 4 et 5 mois se sont écoulés.

FTDF : Avec quelles matières travaillez-vous ?

Benjamin Simonnot : Essentiellement du lin et du coton, mais nous commençons à développer aussi la soie et le cachemire.

FTDF : Comment distinguer un mouchoir Simonnot Godard d’un autre mouchoir ?

Benjamin Simonnot : Ce qui nous différencie essentiellement, outre la qualité du tissu, c’est la signature. La première des signatures Simonnot Godard est l’opposition de la chaine de fond et de la chaine satin. Tous nos métiers présentent ce qu’on appelle le « double ensouple », c’est-à-dire que l’on a tous les fils dans le sens de la hauteur (fils de chaine) auxquels se juxtaposent des fils de satin.

Nous avons aussi la chaine coton tramé lin, qui est un historique chez nous, et qui est également tissé et non imprimé.

Et le troisième métier historique de Simonnot Godard est le fil coupé. C’est une technique ancestrale auparavant réalisée à la main et qui est désormais fait en partie à la machine. On le voit très bien sur ces pochettes à pois réalisés grâce à cette technique.

FTDF : S’agissant de la distribution, Simonnot Godard semble prendre grand soin à choisir ses points de vente.

Benjamin Simonnot : D’abord, Simonnot Godard c’est plus de 40 000 mouchoirs vendus par an, au sein de 300 points de vente environ à travers le monde.

Pour en revenir à votre question, effectivement, je dirais que la distribution est la partie la plus importante, le but étant d’avoir le plus de points de vente possibles dans le monde mais pas n’importe lesquels. Nous choisissons avant tout des lieux de qualité. Si le lieu ne nous plait pas, nous n’y vendons pas nos produits.

Ce n’est pas forcément facile et des boutiques historiques ont disparu ces dernières années, notamment à Paris, avec Sulka, Old England, etc. Mais des nouveaux vont prendre la place, j’en suis persuadé.

Par exemple aux Etats Unis nous sommes chez Bergdorf Goodman et Barneys ainsi que chez Paul Stuart, mais pas chez Saks et Bloomingdales. Nous essayons de travailler autant que possible en exclusivité et de créer la demande.

La stratégie n’est pas d’avoir 15 000 points de vente à NYC et aucun à Toronto ; la stratégie est d’avoir de Los Angeles à Tokyo, un à deux points de vente retail par ville. Après, il y a aussi les grands magasins qui font davantage de volume.

Nous ne sommes pas là pour vendre à tout le monde. Nous sommes là pour fournir les belles maisons.

FTDF : Vous sentez qu’il y a de « nouveaux » pays demandeurs en termes de qualité et d’élégance ?

Benjamin Simonnot : La Corée est clairement un pays d’avenir à ce sujet mais je dirais même déjà du présent. Ce sont un peu les « nouveaux japonais » contrairement aux Chinois qui sont encore très portés sur les marques. Les Coréens sont des gens très pointus, qui aiment et produisent d’ailleurs eux-mêmes des produits de qualité, notamment dans l’univers du menswear.

FTDF : Vous n’êtes pas pessimistes quant à l’avenir de la pochette et du mouchoir au sein des tenues masculines ?

Benjamin Simonnot : Non pas du tout car nous sommes drivés par l’Amérique du Nord et le Japon. Et des marchés comme la Corée, la Russie, Hong Kong fonctionnent également très bien, sans oublier Singapour qui est incontournable pour nous. L’Allemagne aussi, où nous avons une vingtaine de clients qui font du Attolini et du Kiton pour vous donner une idée, l’Allemagne étant le premier marché d’Attolini.

L’Europe en général aussi continue à bien fonctionner. Les gens se plaignent mais si vous avez les bons produits et les bonnes boutiques, ça fonctionne encore très bien. Que ce soit à Munich, à Zurich, à Madrid, à Milan ou encore à Amsterdam, vous pouvez déjà compter sur plusieurs points de vente très qualitatifs.

FTDF : Justement, s’agissant des points de vente, vous êtes présent au sein des plus grandes maisons. Quelle est en proportion la part de private labels que vous réalisez ?

Benjamin Simonnot : Le private représente environ 30% de notre chiffre d’affaires. Je considère que c’est une bonne proportion et que cela nous permet de conserver une forte légitimité.

FTDF : Comment voyez-vous le futur de Simonnot Godard ?

Benjamin Simonnot : A terme, nous voulons devenir un incontournable de l’accessoire Made In Europe et s’étendre mondialement. Mais cela ne veut pas dire vendre des cravates pour vendre des cravates ou des chaussures pour vendre des chaussures ; on ne veut pas mettre du Simonnot Godard partout en profitant de notre notoriété s’agissant des mouchoirs et faire de fait, des produits moins qualitatifs. On perdrait en crédibilité.

Pour vous donner un exemple, depuis quelques années, nous avons l’opportunité de proposer une gamme de ceintures en taurillon, fabriquées en Italie et dont le cuir provient de tanneries françaises. Cela n’est pas notre cœur de métier, mais il y avait une cohérence à proposer un accessoire de qualité.

Ce qu’on veut réellement, c’est continuer à s’étendre dans le monde. Après les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, il nous reste l’Amérique Latine.

FTDF : Vous semblez très attaché à exporter vos produits. Est-ce le seul moyen de se développer pour une Maison comme la votre ?

Benjamin Simonnot : Réussir en restant franco-français, c’est impossible. Si Simonnot Godard ne travaillait qu’avec la France, ça ferait longtemps qu’on aurait fermé. Nous réalisons 80% de notre chiffre d’affaires hors de France.

C’est aussi une cohérence : pour réussir, il faut viser l’international, il faut que nos clients aient de bonnes marges, il faut donc faire des produits qualitatifs, miser sur le Made In France etc. La France est un pays toujours bien perçu quand il s’agit d’élégance et de luxe. Et il faut bien évidemment voyager aux 4 coins du monde. C’est fatiguant mais c’est le seul moyen de s’étendre.

For The Discerning Few tient à remercier Benjamin Simonnot pour sa disponibilité, sa passion et sa gentillesse.

Interview réalisée par Virgile MERCIER avec la participation de Pierre-Antoine LEVY pour le compte de For The Discerning Few. Paris, juillet 2012. Tous droits réservés.

2 Commentaires

Classé dans Interviews exclusives

Interview de Renaud Blin, Monsieur Saint-Germain

Nous avons le plaisir de vous présenter une interview de Renaud Blin, connu aussi sous le nom de Monsieur Saint-Germain, maroquinier et sellier autodidacte.

For The Discerning Few : Peux-tu nous présenter ton parcours personnel ?

Renaud Blin : J’ai un parcours très atypique. J’ai travaillé dans le prêt-à-porter en tant qu’acheteur de matières pour différentes marques. Je me suis ensuite dirigé vers l’horlogerie et j’ai travaillé pour Rolex pendant plusieurs années. J’étais déjà intéressé par les produits faits à la main et par le travail du cuir avant même ces expériences, mais c’est au cours de ces années dans l’horlogerie que je me suis mis à faire de la couture sellier de manière autodidacte en apprenant notamment beaucoup sur internet.

J’ai commencé par réaliser des pièces pour moi et j’ai ensuite fait des étuis d’appareils photo qui ont beaucoup plu à mon entourage et à diverses personnes qui j’ai pu rencontrer. C’est ce qui m’a vraiment poussé à développer cette passion en une véritable activité. Donc cela fait presque un an et j’ai lancé mon blog au mois de mars afin de me donner plus de visibilité. Cela a commencé à rapidement bien marcher, surtout à l’étranger, au Japon, aux États-Unis et même en Australie.

J’ai ensuite commencé à diversifier mes créations car initialement étant passionné de photo, je pensais me concentrer avant tout sur les étuis d’appareils photo. Je me suis donc mis à faire des étuis d’Ipad, d’Iphone et de fil en aiguille toute une ligne de petite maroquinerie faîte à la main et en France, bien sûr.

FTDF : A 38 ans et en pleine période de crise, un tel changement était assez risqué.

Renaud Blin : Effectivement, c’était un changement radical. Mais pour avancer et faire évoluer sa situation il me paraît nécessaire de prendre des risques. J’avais aussi une situation familiale me permettant ce changement. Aujourd’hui, j’ai la chance que ça marche donc c’est positif.

FTDF : Comment as-tu réussi à te faire connaître au départ ? La presse n’étant pas trop disposée à parler de gens qui se lancent, a fortiori des artisans.

Renaud Blin : C’est vrai que les petites activités qui commencent comme la mienne ne semblent pas passionner la presse. Au départ, j’ai avant tout fonctionné à l’aide des relations que j’avais dans le prêt-à-porter et l’horlogerie, et bien évidemment aussi principalement par internet via mon blog et certains forums qui m’ont été très utiles.

Internet a été crucial à mon développement car aujourd’hui, j’ai 80% de ma clientèle qui est à l’étranger. Sans internet, je me serais contenté de faire des produits de temps en temps pour mes amis, et je n’aurais jamais décollé.

FTDF : Quelles conclusions en tires-tu ? Le client français est-il moins sensible au produit ? Car on parle beaucoup en ce moment du Made In France, du travail fait à la main, mais concrètement au regard de ce tu nous décris  ça n’a pas l’air d’être suivi d’effets.

Renaud Blin : Effectivement, j’ai la sensation que le Made In France n’est mis en avant que lorsqu’il s’agit d’une grande Maison. J’ai l’impression qu’à l’étranger les clients sont moins frileux concernant les jeunes créateurs et les artisans qui démarrent, ils portent d’avantage leur attention sur le produit. À titre d’exemple, pour les étuis d’appareils photo, j’ai tout de suite été contacté par des Japonais alors même qu’il y a une vraie offre en la matière sur place. On sent qu’il y a beaucoup plus d’intérêt pour la chose tout simplement.

En France, les gens semblent être un peu plus captifs des grandes enseignes.

FTDF : Tu as des tarifs très placés. Était-ce une volonté de ta part dès le début ?

Renaud Blin : Tout à fait. Je souhaitais que les prix soient raisonnables. Je n’ai pas la prétention de venir placer mes produits au même niveau que des Grandes Maisons du Luxe.

FTDF : Comment as-tu fait pour développer tes modèles lorsque tu as débuté ?

Renaud Blin : J’ai commencé par tester mes capacités surtout pour les doublures car ce n’était pas évident au début. J’ai investi dans l’outillage afin de faire des piqures sellier vraiment correctes, bien parallèles au bord.

J’organise ma semaine en deux parties. En début de semaine, j’effectue toute la découpe de mon cuir des commandes que je vais traiter dans la semaine, c’est le plus gros du travail. En fin de semaine, je fais les finitions. L’organisation était assez dure à trouver au départ, car si on fait produit par produit, ça ne va pas, c’est trop lent.

En fonctionnant comme je le fais dorénavant cela évite de se disperser.

FTDF : Peux-tu nous expliquer comment se passe la relation avec tes clients ?

Renaud Blin : Généralement, les clients me contactent via mon blog. Ils choisissent la peau, la couleur, la peau de la doublure et les couleurs de tranche et les couleurs de fils.

À ce titre, je vais prochainement proposer des peausseries exotiques avec notamment de l’alligator et de l’autruche.

Le client n’est pas du tout limité à ce qu’il a vu sur le blog. Il est très rare que je vende le produit qui est déjà présenté. J’essaie vraiment de faire du sur-mesure.

Dans le blog, je n’ai pas trop voulu rentrer dans les détails donc j’envoie généralement au client une sorte de mini cahier des charges indiquant notamment les dimensions de l’objet.

Pour les bracelets de montre, par exemple, je demande toujours la circonférence du poignet et le modèle de la montre afin de déterminer l’épaisseur du bracelet en fonction du boitier.

Je réalise généralement les produits en une semaine et ils sont expédiés dans la foulée. Je suis ensuite tributaire des délais des transporteurs.

Je reste en contact avec le client jusqu’à ce qu’il reçoive son ou ses produits car j’apprécie toujours d’avoir un retour.

FTDF : Quelles peaux utilises-tu ?

Renaud Blin : Toutes les peaux sont françaises, généralement tannées en Italie et viennent d’un fournisseur français. J’utilise principalement du collet à tannage végétal ce qui permet d’éviter les allergies. Il n’y a aucun tannage au chrome. Généralement c’est du cuir mat gras qui est bien plus résistant qu’un cuir naturel sans tannage.

FTDF : Quelles sont les pièces les plus dures à réaliser ?

Renaud Blin : Pour le moment, ce sont les étuis d’appareil photo car la couture de la base de l’étui est assez délicate à faire, il faut coudre en biais.

FTDF : Nous savons que tu as fait de la patine de chaussure, comptes-tu proposer prochainement des patines à la carte ?

Renaud Blin : Effectivement, par le passé, j’ai fait pas mal de patines de chaussures et je suis en train de réfléchir  à faire des patines pour mes produits. Toutefois, c’est un procédé plus compliqué qu’on ne le croit à mettre en place car il est délicat de réaliser exactement la même patine, d’obtenir le même rendu. Suivant le cuir, une même patine peut avoir en fin de compte un aspect différent. De plus, entre une photo et la réalité, il y a parfois des différences. Il faut donc faire des « recettes » et les conserver. Donc, l’idée m’est venue de le faire mais pour le moment, je préfère rester sur du naturel. Je me contente de passer une cire antiquaire qui imperméabilise bien le produit et qui fait apparaître des nuances, mais qui n’entrave pas la patine du temps.

Je préfère proposer un produit neuf au début qui va se patiner au fil de l’usage.

FTDF : Quelles sont tes influences ?

Renaud Blin : Étant un grand passionné de photo, ce sont les vieux appareils photos qui m’ont influencé quand j’ai commencé à faire des étuis. Je me souviens encore des vieux appareils de mon père qui avaient de très beaux étuis. Or, avec les nouveaux appareils qui adoptent aussi un aspect rétro, je me suis dit que ça pouvait être intéressant de réaliser ce type de produit que je trouve beaucoup plus esthétique que les étuis en nylon qui accompagnent désormais la plupart des appareils.

Sinon, pour ce qui est des vêtements, j’ai toujours aimé les belles matières et les belles coupes. Je suis aussi passionné par les vêtements militaires. On peut retrouver cette influence dans certains des produits que je propose tels que la sangle d’appareil photo ou certains petits sacs que je réalise à partir de toile militaire.

FTDF : As-tu une période de prédilection concernant le style ?

Renaud Blin : Des années 30 aux années 60, on s’arrête en 1970 (rires).

FTDF : Quels sont tes prochains chantiers ?

Renaud Blin : J’ai récemment réalisé un sac à partir d’un sac à linge militaire, idéal pour aller à la plage, qui a deux anses en cuir rivetées à l’extérieur et à l’intérieur pour éviter que la toile ne se déchire.

Et j’ai aussi comme projet de réaliser un sac tout cuir entièrement à la main. J’ai déjà fait un prototype donc je devrais le réaliser au cours de l’été.

 

Nous remercions Renaud Blin pour sa disponibilité et sa gentillesse.

Vous pouvez contacter Renaud via son blog Monsieur Saint-Germain ou son tumblr.

Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER. Paris, juin 2012. Tous droits réservés.

Un commentaire

Classé dans Interviews exclusives

Monsieur Saint-Germain

Nous avons eu la chance de rencontrer la semaine dernière, à notre retour de Florence, Renaud Blin, plus connu sous le nom de Monsieur Saint-Germain. Nous vous proposons donc quelques clichés des réalisations de cet artisan autodidacte que nous aurons le plaisir d’interviewer prochainement.

Site web: Monsieur Saint-Germain.

Poster un commentaire

Classé dans Marques / Brands