Barrel cuff vs. French cuff

Nous avons déjà eu l’occasion de le dire au détour de certains articles, nous ne sommes pas des aficionados des poignets mousquetaire (French cuff) et nous préférons largement – voire systématiquement – les poignets simples (barrel cuff) et leurs diverses déclinaisons mais nous n’avons jamais donné d’explication à ce sujet.barrel cuff vs french cuff. credit michael hoeweler

Le port quasi systématique des poignets mousquetaire, notamment dans les tenues de travail des cadres parisiens, nous a toujours un peu étonné. Ils nous arrivent même de voir des gens porter des poignets mousquetaires avec un pull par exemple… C’est aussi fin que de porter une paire de richelieu noir avec un jean. Il y a d’autres choses à faire surtout quand on s’intéresse un peu au vêtement.source ask andy about clothes

S’ils étaient l’apanage de certains grands pontes type banquiers d’affaire, politiques, etc. il y a quelques dizaines d’années, il n’en est rien aujourd’hui et porter une chemise à poignets mousquetaire ne signifie plus grand chose, à part peut-être dire: »Je suis cadre » ou « Je travaille dans un bureau ». Un intérêt limité donc.

Ce que l’on entend parfois, de la part des défenseurs des French cuff, c’est qu’il s’agirait de la seule marge de manœuvre, du seul moyen dont disposent les hommes pour agrémenter leurs tenues et pour sortir un peu du lot. Pas du tout. D’abord, parce que dans certains milieux ou certaines entreprises, tous les hommes en portent. Ensuite, parce qu’il s’agit d’un détail et un détail n’a jamais agrémenté une mise ratée. Une tenue réussie n’a pas besoin d’être agrémenté de bijoux ou d’artifices en tout genre. Des points nettement plus importants sont ainsi très souvent négligés et devraient selon nous être réglé avant de soucier d’éventuels poignets mousquetaire. On pense, entre autres choses, à la largeur d’un poignet simple (même en PàP le bouton peut être décalé pour que le poignet ne vienne pas trop sur la main), au nœud de cravate  qui peut être sculpté pour donner un peu de volume à celle-ci, aux pointes du col de chemise qui ne doivent pas être racornies, à la longueur/largeur d’une manche de veste ou d’un pantalon, ou encore à une paire de souliers propres et un peu cirée…LeyendeckerComp01

A ce titre, quel est l’intérêt de porter des poignets mousquetaire avec un costume mal coupé/mal retouché et paire de chaussures douteuse ? Aucun selon nous. Ajoutez à cela le (trop) répandu nœud Windsor sur une cravate en satin duchesse bleu roi ou rouge écarlate, et vous avez le combo gagnant.cufflinks-lg

Ainsi, nous préférons la discrétion, la modestie et la simplicité des poignets simples. D’autant qu’il serait hâtif de dire que les poignets mousquetaire sont plus élégants que les barrel cuff. En effet, les chemises à poignets mousquetaire étant généralement en PàP et non en mesure, la largeur du poignet n’est pas adaptée et se trouve presque aussi large qu’une manche de veste – surtout les manches des vestes actuelles, généralement plus fitées – ce qui a tendance à bloquer la chemise à l’intérieur de la manche de la veste, à faire « gonfler » le bas de manche, ou pire à laisser échapper tout le poignet mousquetaire de la manche de veste et ce, même quand on a les bras le long du corps. Pour le « léger débordant de chemise », on repassera…source_ style forumthe sartorialist

De même, le choix des boutons de manchette n’est pas souvent très heureux, des boutons dorés énormes aux boutons « fantaisie » en forme de chien.Gold-cufflinks-2015

Nous conseillons d’ailleurs de privilégier la passementerie, plus adaptée et souvent plus jolie.

Il s’agit bien entendu de nos avis – forcément subjectifs – et de notre vision de l’élégance sur un point précis. Mais on ne le répétera jamais assez, à la fin, ce qui compte vraiment, c’est la ligne et la coupe.

Le sweatshirt

S’il est une pièce iconique du vestiaire casual masculin qui revient particulièrement en force en ce moment au sein des collections, c’est bien le sweatshirt. Simple, confortable et très utile, il s’utilise d’abord dans un cadre sportif mais avant les années 70/80, il n’était pas rare de le voir porter avec une paire de derby ou de penny loafers, et un pantalon à pinces!Arkansas_cardinals_football_1909

Comme à notre habitude, nous allons revenir sur l’histoire de ce vêtement avant de vous proposer une petite sélection.

Nous l’avons vu à de nombreuses reprises, certaines pièces du menswear ont des origines assez floues, et plusieurs marques se disputent leur héritage. Le sweatshirt ne fait pas exception et il est bien difficile de départager Russell Athletic et Champion (Knickerbocker Knitting Company) quant à la création du premier sweatshirt.1968-guy

Russell Athletic est un fabricant de vêtements américains créé au début du 20ième siècle en Alabama par Benjamin Russell. Plutôt spécialisée dans le sous-vêtement, l’entreprise s’est développée de manière assez considérable devenant, vers 1915 un acteur économique majeur de la région. C’est dans les années 20 qu’aurait germé l’idée du sweatshirt. En effet, le fils de Russell, joueur universitaire de football américain, fait part à son père combien les tricots de laine en vogue à l’époque n’étaient pas pratiques pour les joueurs en sueur après leur match ou entrainement. Ben Junior conseilla à son père de modifier le haut d’un uniforme syndical, fabriqué en coton épais, afin d’obtenir un haut loose, confortable et dépourvu de col. Ben Russell se lance alors dans la fabrication des premiers sweat en coton (sweat, sueur en anglais) qui connaissent un succès immédiat. L’entreprise Russell Athletic fabrique encore des sweatshirts aujourd’hui, mais plus aux Etats-Unis.1931-sweet

De son côté, la Knickerbocker Knitting Company – dont nous avions parlé à propos de la création du flocage au sein d’un article consacré à des pièces vintage – développe divers brevets à partir de la fin des années 1910 afin d’améliorer les vêtements sportifs. Ainsi, le reverse weave (« tissage inversé ») va permettre d’améliorer considérablement les sweatshirts en leur conférant une grande solidité. KKC lance également des jerseys de football américain et les premiers hoodies (sweat à capuche).CollegeSweatersA1uncle_frank_sweatshirt

Même si le sweatshirt connut un succès immédiat et durable, porté entre autres par les sportifs et les militaires, il ne devint vraiment « tendance » qu’à partir des années 60 grâce, notamment, au film La Grande Evasion avec l’inévitable Steve McQueen qui le porte à merveille avec sa flight jacket A2. Sur les campus américains, les étudiants le portent alors généralement floqué aux lettres de leur club ou de leur université (à la manière des varsity jackets) avec une chemise en oxford, un pantalon en laine, une paire de bluchers ou de loafers, et le sweatshirt est alors une pièce iconique du style Ivy. Qu’il s’agisse du simple sweatshirt ou de son pendant à capuche, le hoodie, le succès de ce vêtement ne se dément pas, et si les rappeurs notamment américains se le sont appropriés au cours des années 80/90, il revient aujourd’hui sur le devant de la scène menswear par le biais de marques dont certaines sont extrêmement pointues et proposent des sweat très bien réalisés.the great escapenewman_gettyDe fait quasi toutes les marques masculines tendent à inclure dans leur collection une déclinaison de ce basique.

A défaut d’établir une liste exhaustive indigeste, nous vous suggérons cependant quelques marques dignes d’intérêt qui proposent des sweatshirts qui tiennent la route.

Champion, la ligne classique est toujours abordable et convenable. Au delà des vintages made in USA qu’il est toujours possible de trouver, on peut aussi se tourner vers les collaborations de la marque avec Todd Snyder et Nanamica.Champion 1Todd Snyder Nanamica

Loopwheeler, sans doute le meilleur rapport qualité prix du marché proposé par ce fabricant spécialiste japonais.Loopwheeler

Reigning Champ, un très bon spécialiste canadien.Reigning Champ

Buzz Rickson’s, spécialiste japonais de reproduction militaire qu’on ne présente plus.

Buzz AF

 The Real McCoy’s et Joe McCoy, les clones un peu plus chers de Buzz.McCoy

John Elliott + Co, marque basée à Los Angeles portant le nom de son designer qui propose des basiques revisités à la silhouette modernisée (manches très ajustées, zip latéraux favorisant le reverse layering). Une marque qui a conquis un des fondateurs de ce blog depuis ses débuts en 2012. JE

Trunk Show – Zampa Di Gallina & Kalgati – 27 juin 2015

Petit communiqué pour nos lecteurs parisiens ou qui seraient de passage à Paris le week-end du 27 juin. Le site Zampa Di Gallina – e.shop spécialisé dans les vêtements et accessoires réalisés à Naples – se joint au chemisier parisien Kalgati, spécialisé dans la chemise blanche de qualité, pour l’organisation d’un trunk show qui se tiendra au 8, rue Stanislas dans le 6ème arrondissement de Paris. L’excellent dessinateur RoSaCe, du tumblr humoristique Croquis Sartoriaux sera lui aussi de la partie.

N’hésitez pas à vous joindre à ce petit événement pour découvrir ces deux très bons sites qui proposent des produits de qualité.Invitation

Jean-Claude Brialy dans Le Genou de Claire

L’été approchant, voici l’occasion de se pencher sur les tenues estivales de Jean-Claude Brialy dans Le Genou de Claire (1970), d’Eric Rohmer (l’un des papes de la Nouvelle Vague), comme un prétexte pour évoquer cet excellent film, à la manière de ce que nous avions déjà fait pour Le Talentueux M. Ripley et L’Evadé d’Alcatraz.Le_Genou_de_Claire

L’intrigue est très simple et raconte, comme bien souvent chez Rohmer, une histoire de séduction un peu particulière: sur les bords du lac d’Annecy, Jérôme (Brialy) est attiré par une jeune fille, Claire (Laurence de Monaghan), dont il désire ardemment toucher le genou.genou de claire

Outre les tenues de Brialy, nous vous conseillons vivement de voir ce film si vous ne l’avez pas déjà fait. Il s’agit d’une comédie dramatique où il ne se passe pas grand chose mais où il flotte une atmosphère irrésistible, transmise par la mise en scène dépouillée et les dialogues très travaillés de Rohmer. A noter la présence du jeune Fabrice Luchini, dans un de ses premiers rôles. Citons Cécile Mury de Télérama qui résume parfaitement le film: « Ce huis clos à l’air libre se donne l’apparence d’une toute petite histoire où il ne se passe « rien ». Et pourtant, ces « fragments d’un discours amoureux » composent une extraordinaire étude du désir, de la jouissance verbale, quasi littéraire, qui accompagne toute inclination. Un bijou ».luchini & brialy 2

S’agissant des tenues de Jean-Claude Brialy, elles sont composées de chemises en lin et coton, souvent à col boutonné, de polos à manches courtes,  de popover (sorte de chemises dont le boutonnage s’arrête au niveau du plexus et que l’on enfile par le bas à la manière d’un polo), de gilets, de pulls et de mocassins sans chaussette. Les vêtements sont déstructurés – déboutonnés assez largement, même les poignets sont rarement fermés – parfois assez amples ou portés négligemment (comme le pull sur les épaules) et donnent une impression de légèreté tout en donnant à l’acteur une allure superbe. Pour les couleurs, on tourne presque exclusivement autour du bleu, du blanc et du beige (pour le costume notamment). En somme, des tenues très simples et pourtant complètement d’actualité tant elles se rapprochent des identités visuelles et de l’univers de certaines marques contemporaines.brialy_2genou de claire 6le-genou-de-claire-17978-lowpoche poitrine button downle-genou-de-claire_brialy polojean-claude-brialy-claires-knee2brialy rohmerbrialy 56genou de claire 3navy whitejean-claude-brialy-beatrice-romand-claires-kneejean-claude-brialy-claires-knee4luchini & brialy

Pitti vs. Pitti

Nouvelle session du Pitti, nouveaux clichés qui fleurissent sur les blogs et diverses plateformes et l’occasion pour nous de proposer une comparaison entre ce Pitti et le Pitti de juin 2012.

En l’espace de 3 ans, dans un monde de la mode qu’on décrit souvent comme changeant, on constate que les tendances présentes parmi les visiteurs du Pitti Uomo sont à peu près les mêmes, à l’image de ses figures de proue au style constant : Ignatius Joseph, Nick Wooster ou encore Lino Ieluzzi. Cela a quelque chose de rassurant, le menswear contrairement à son pendant féminin étant davantage fait de tendances lourdes et d’évolutions lentes.

Alors bien sur, les tenues sont parfois un peu trop colorées et accessoirisées ou les pantalons un peu trop courts. Il n’empêche que l’ambiance y-est toujours bon enfant – bien plus que dans d’autres salons – et qu’il est sans aucun doute plus intéressant de se rendre sur place que de visionner ces photos qui n’apportent plus grand chose en termes d’inspiration à ceux qui se passionnent pour le menswear depuis quelques années.

guerreisms2 2012

2012

FWD 2015

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street-fsn 2012

Ignatius Joseph – 2012

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Ignatius Joseph – 2015

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2012

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Nick Wooster – 2012

Nick Wooster FWD 2015

Nick Wooster – 2015

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2015

lino 2012 ss

Lino Ieluzzi – 2012

Lino pitti 2015 ss

Lino Ieluzzi – 2015

KW MOON

2012

gq 1 Pitti 2015

2015