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Interview exclusive de Lander Urquijo

Nous avons le plaisir de vous présenter aujourd’hui une interview exclusive de Lander Urquijo, créateur de la Maison espagnole du même nom. Créée en 2009 et disposant de deux boutiques en Espagne, l’une à Madrid et l’autre à Bilbao, c’est à Paris que la marque a choisi de s’exporter en premier, avec l’ouverture fin 2012 d’une boutique au cœur du quartier St Germain des Prés, au 18 Rue des Quatres Vents.retrato LU color

 FTDF : Pouvez-vous présenter votre parcours personnel ?

Lander Urquijo : Tout a commencé très tôt lorsque je travaillais comme assistant au sein d’un atelier de couture à Bilbao, ma ville natale. C’est de là qu’est née ma passion et pendant plusieurs années, j’ai pu découvrir différentes facettes du métier. Naturellement, l’idée d’avoir mon propre atelier a rapidement fait sens. À cette époque-là, j’ai voulu tenter ma chance à Madrid. Au bout de 4 ans, beaucoup d’effort et de travail, j’ai réussi à développer mon concept et cela a naturellement débouché sur l’ouverture de la première boutique Lander Urquijo à Madrid en 2009. Ensuite, la seconde boutique a ouvert à Bilbao et la troisième à Paris il y a presque un an.LU9

Comment définiriez-vous l’esprit de votre marque ?

Lander Urquijo : Nous aimons faire évoluer le costume conventionnel selon nos propres patronages, sur lesquels nous travaillons en permanence jusqu’à obtenir le résultat qui nous plait. Nous trouvons en outre très intéressant le mélange des concepts, tissus, couleurs et imprimées au sein des looks. Je travaille avec des éléments très hétérogènes jusqu’à trouver le bon équilibre. C’est un travail de longue haleine mais qui s’avère extrêmement gratifiant en bout de course.LU3

Pouvez-vous nous présenter votre offre en prêt-à-porter et votre offre en demi-mesure ?

Lander Urquijo : S’agissant de la collection prêt-à-porter, on y trouve aussi bien des pièces décontractées que des pièces classiques, avec une place considérable laissée à la couleur. Je m’inspire aussi bien du lifestyle napolitain que du style de ce qui se faisait à Savile Row (matières, coupes, proportions…), le tout avec le twist espagnol, pour proposer des collections de vestes et de pantalons – en édition limitée – et de chemises casual ou formelles réalisées avec des tissus exclusifs.chemises LU

Concernant les accessoires, nous proposons une gamme complète de cravates (tricot, tartan, pois, club, ou motifs cachemire) ainsi que des accessoires exclusifs réalisés par de grands noms du sportswear comme Care Label, Scotch & Soda ou Barbour. Le prix moyen est de 400€.LU98ties LU

Notre demi-mesure se destine à un client plus exigeant et créatif, qui trouvera chez Lander Urquijo des patronages de base pour réaliser un costume que l’on souhaite aussi personnalisé que possible. Par exemple, nous proposons 4 types d’épaules différents dont deux déstructurés : l’épaule romaine avec du padding et une légère cigarette, l’épaule napolitaine avec un léger padding, l’épaule napolitaine sans aucun padding et la spalla camicia ou « épaule chemise ». A mon sens, c’est l’épaule qui détermine en grande partie la silhouette, rigide ou « relâchée », stricte ou décontractée. Le prix de notre demi-mesure commence à 750 €.LU10 Summer 2013

De Porter & Harding à Loro Piana, en passant par Harrisons, Scabal ou Versilia, nos drapiers sont exclusivement britanniques, belges et italiens et nous choisissons les tissus les plus prestigieux que cela soit des laines Super 100 ou Super 120, des shetlands, des lins ou des cotons.LU5

Nous effectuons de réelles recherches pour dénicher des tissus qu’on ne trouvera pas ailleurs, pour proposer des boutons en corne, en corozo ou bien en nacre, etc. A cela s’ajoute un choix de doublures infinies, des plus sobres aux plus audacieuses.LU8

Vous proposez des vêtements et des "looks" colorés. Les clients y sont-ils sensibles ? A Paris, les hommes s’habillent généralement plutôt en noir…

Lander Urquijo : Je constate que le parisien sait parfaitement ce qu’il veut et nous lui proposons un haut niveau d’exclusivité, puisque nous ne disposons de produits qu’en série limitée. S’agissant de la couleur, c’est une valeur ajoutée pour le client mais c’est lui qui, individuellement, décide d’user de telle ou telle touche de couleur, ou d’avoir un « total look » coloré. A ce sujet, comme sur le reste, nous avons de très bons retours de notre clientèle.LU2

Que pensez-vous du menswear actuellement ? Les hommes s’intéressent-ils davantage à leur apparence qu’il y a quelques années ?

Lander Urquijo : Actuellement, nous vivons un essor de la mode masculine : les hommes prêtent beaucoup plus d’attention à la mode, au style et surtout à leur façon de s’habiller. Je constate tous les jours que les clients connaissent de plus en plus les produits, les différents styles et cherchent à différencier plus largement leur look « business » et leur look « week-end ». Notre métier est justement de faciliter leur choix.boutique paris 3 boutique paris 3

Pourquoi avoir ouvert votre première boutique étrangère à Paris (et non en Italie, en Angleterre ou ailleurs en Europe) ?

Lander Urquijo : Nous considérons que Paris est, pour plusieurs raisons, l’une des villes les plus importantes au monde et nous sommes ravis de pouvoir y présenter notre travail. En outre, nous ne sommes qu’à deux heures de vol, ce qui nous permet de suivre de très près l’évolution de la boutique parisienne et d’y prendre grand soin.Boutique-Paris

Quelles sont vos inspirations personnelles en termes de style ? Comment définiriez-vous votre style personnel ?

Lander Urquijo : Je trouve mon inspiration dans la vie de tous les jours, à chaque promenade, chaque voyage… Tout cela enrichit mon travail.  Je considère qu’il est primordial d’observer ce qu’il se passe autour de moi pour que cela puisse se ressentir dans mes créations.LU-Maniqui

Mon style personnel, c’est un style «classique revisité», mélangeant des vêtements classiques avec des accessoires plus casual et modernes.LU17

Style anglais ou style italien ?

Lander Urquijo : Je ne saurais pas choisir ! Les deux styles ont leur identité propre et leur intérêt respectif. D’ailleurs nous les réinterprétons l’un et l’autre à travers chacune de nos collections…
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Non, vraiment, aucun des deux n’est véritablement meilleur que l’autre et je m’inspire volontiers du meilleur de chacun.
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Quelles sont vos ambitions pour les années à venir ?

Lander Urquijo : Pour les années à venir, nous souhaitons explorer d’autres marchés et importer notre concept dans d’autres villes importantes. Nous ne fermons la porte à aucun pays car nous pensons que notre vision de l’habillement masculin est universelle.LU4

Selon vous, quelles sont les 5 pièces qu’un homme se doit d’avoir dans sa garde-robe ?

Lander Urquijo : Un costume bleu, une cravate, une chemise blanche, un jeans et une paire de richelieu noir.

Site Internet de Lander Urquijo.

 FTDF remercie Lander Urquijo de s’être prêté au jeu de l’interview. Nous remercions également Marina Suárez-Guanes pour son aide précieuse.

 Interview réalisée par For The Discerning Few. Octobre 2013. Tous droits réservés.

Un commentaire

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Interview with François Ferdinand, founder of J.Keydge

We are proud to present to you an interview with François Ferdinand, founder of J.Keydge.

Lire l’interview en français.F.F.

For the Discerning Few: Can you sum up the different steps of your career?

François Ferdinand: I started in Sales, first for a women’s underwear brand, then for a ready-to-wear company. However during this period, I sometimes played to my creative side. I took pieces I thought would fly, and had them manufactured. Because of my sense of style, I had no difficulty finding the appropriate retail outlets. Making a comfortable commission, I proved to myself that I could design and negotiate.

After 1974, I shifted to menswear. I became the French representative of Peyton a Spanish firm specialized in casual clothes. It was I who introduced their collection to key retailers in Paris such as Old England, Burberry, and Arny’s.

I began meeting people such as Bernard Marras, the art director of Cerruti, who asked me to make two models based upon his sketches.Ace JK

I then felt like developing my own collection, in a ‘casual chic’ spirit. A rue des Archives dressmaker I had met suggested he could produce such a collection.

This first collection, branded Veyrandes, included cashmere & loden jackets, military-styled worker’s jackets in Harris tweed, bush shirts and trousers suits in serge.

Orders came aplenty, at least in Paris, from the customers I just mentioned as well as from Marcel Lassance, who had just launched his own business.

Unfortunately, my partner was unable to produce the collection in his own workshop. We had to use subcontractors — which considerably increased the costs. This venture lasted just through winter.

A friend of mine in response to this setback suggested the time had come to be an entrepreneur. I knew he was right and took the plunge. So, I set up my own company, purchased the fabrics I wanted, and dealt with subcontractors. My products were sold under my own brand.

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FTDF: What was the first brand you really developed?

FF: I first developed “Sunny Side”, a collection of trousers. Thanks to my previous work, I had the opportunity to meet a rather remarkable manufacturer.

Pleated pants were just coming into fashion, and I was one of the first to bring back this style along with Saint Laurent “Rive Gauche” and Renoma.

Although some Parisian shops required that the products sold on their premises bore their brand, Sunny Side developed nicely. Berteil flattered me by placing an order for +3,000 pieces, including trousers and Bermuda shorts for the Spring/Summer 1979.

That was when I started to show my collection at SEHM. To make a bigger impact, I enlarged my product ranges starting first with shirts, then adding ties, and finally jackets and suits.

At the same time, I opened a shop in the Eighth, at the corner of the rue Pasquier and rue Chauveau-Lagarde. I had taken up the lease of an old-fashioned English tailor named Lockwood. Although the store did not speak to the style trends of the time, it had a good reputation. Among Lockwood’s regular customers were some famous peoples as well, the Hemisphere crew.

Once in possession, I renamed the store, Veyrandes. The shop rapidly developed a following in the Madeleine quarter, which has a reputation for being menswear focused.

I must add that I never ran the shop myself. Three years later, the manager died in an accident. I was unable to find a suitable replacement and resold the business in 1986.SEHM

I carried on displaying my VEYRANDES collections at the SEHM.  The show was perfect for nurturing a growing clientele with people overseas such as John Simons in London with whom I still work.

It is thanks to John that J.Keydge appears in that Ivy classic book by Graham Marsh and J.P. Gaul, The Ivy League.  I am honored that we are on the Ivy short list of must haves.

Ivy Book JK

FTDF : You are also famous for your shirts…

FF: Jean-Marie Ménard was one of the best shirt makers in Paris, he was my subcontractor. After a trip to Mauritius for a professional trade fair, I suggest him to set up there a shirt workshop, noticing that all Mauritian factories was working on mass market products, a niche was left for high end product.Cruz

In partnership we opened a small factory called “Chancery shirts”, simultaneously, in order to provide orders with regularity, I opened a wholesale shop in the marais, under the name of “Selective” and I gave the management to one of my former employees.

Four years later, Jean-Marie Ménard died.  I went back to Mauritius with the intention of reselling the plant. I did not receive any decent offer,  However, I discovered two weaving factories on the island, which were able to supply excellent shirt-fabric, even develop special ones.

Fortunately, Jean-Marie Ménard previously recruited and trained a competent professional, Mr Busguth, who worked under him and who could now step into his position and nicely developed the business.

When, in 1994, I introduced the slack jacket to the “selective company”, the product proved to be a sensation.  Turnover from this one item quickly exceeded the shirts ones and we needed larger premises. So we moved to the 18° district. At the same time, Riverwood, a Belgian company, who wanted to buy Chancery, approached us.

From that moment, I have spent all my time and efforts developing the slack jacket.

FTDF: How did you come up with this slack jacket concept?

FF: During the Seventies, I would buy American jackets in secondhand shops. I loved their style, the absence of canvas, and their natural unpadded shoulders.Ace

I was not the only one to be attracted by this ‘unstructured’ type of jacket. In France, in the late Seventies, Marcel Lassance had a shot and Marc Miller also made an investment. However, the market was not ready, and their efforts came to naught.

Ten years later, I felt the time was ripe. The ‘morphological’ shoulder, fully natural, without any padding is hard to get right. The Neapolitans were the masters of this cut for bespoke.  With the help of an excellent pattern maker, I managed to get the shoulder just right.

Contrary to my predecessors, I did not want a formal jacket. I wanted mine to make another kind of statement: to the give the impression that the jacket was built like a pair of jeans. Hence, I used double stitching, underlined edges, lapels, pocket and flap frames.

For the pattern, I was inspired by the sack style made famous by Brooks Brothers and JPress. Such jackets are comfortable in the chest and waist. Although, the classic sack is a two-button affair, I opted for the more serious three-button design.

Apart from that, I simply used the concept of patch pockets with flap and one back vent. If you examine the Preppy style, you will see this signature as a style statement. I called my model Ivy.Ivy

It is my belief that the cultural metaphors around the jacket certainly contribute to the jacket’s continued success. It is as some style pundits state, “The Standard”.

For many seasons, this style was the only one in the J.Keydge collection. As treatments of fabric progressed, we too would add to our ranges with other fabrics and garment dyes and washes.

I knew that the jacket was in need of a name to distinguish it from anything else being sold on the market.

The press picked up the phrase ‘veste molle’. Many trendsetters were rallying around this name, but it was during a dinner party that, I had a revelation when asked about the product. And then it hit me like a ton of bricks: slack jacket.”IVY Madras

It had the perfect ring in tone and insouciance. The next day, I registered the name as a trademark.

FTDF: What year exactly was this jacket created?                                                         

There was no precise year. It really evolved over a period of time. Time and development lead to its birth.

The jacket made its first public appearance at the SEHM in September 1990. It was featured in a fifty-square yard stall where I displayed my more ‘conventional’ collections.

To deliver the slack message, I decided to display the jacket impromptu, hung on a Thonet portmanteau, in a corner of the stand.Swing

People were intrigued. When I saw their reactions, I immediately realized I had hit the bull’s eye. When a customer picked up the jacket to examine it, I would say: ‘Try it on!’

Each time this trigger device worked. Looking in the mirror, the guy was surprised to discover there was no padding, but more surprised yet to see the jacket flattered his figure, giving him an air of authenticity.

FTDF: How did you develop the J.Keydge brand?

FF: SEHM made a major impact. At the September fair, I displayed to people in the trade the following summer collection. At this point, I was firmly of the belief that this was a summer product.

However, one of my customers asked if I could do him the favor of making a fall/winter version in tweed or corduroy. I complied and realized this jacket was perfect for all seasons.

By 1997, the SEHM was no longer what it was, and so I attended the Pitti Uomo in Firenze. It was if I hit pay dirt. I was solicited by both Italian and international customers. Even other exhibitors asked if I would produce for them as well.PITTI 2 PITTI 1

The Pitti Uomo is a great place to network. I met two excellent agents one from Milan and the other from Rome. After working with them for several seasons, the Italian market grew to represent 60% of my turnover.

The other 40% was divided between France, Spain, Belgium, Japan — and a dozen other countries where my products sold in few specialized shops.

FTDF : Where did the name J.Keydge come from?

FF: From my fascination with American culture and all things vintage. At a shop in Sausalito, I stumbled upon a used shirt with Keydges, printed on the chest. I dropped the “s” and that’s how J.Keydge was born.

Who was JK

FTDF:  Who were your first customers?

FF: The Italians were the first to blow my trumpet. Clothes and style in Italy is genetic. It’s in their DNA. They know how to wear clothes with élan, and are enthusiastic consumers. It’s no wonder that Italian menswear industry has conquered the world.

French brands on the other hand have lost their soul. I shouldn’t be too hard on my fellow countrymen. We do have many advocates of our style here.

While I have been to Japan and have 12 key clients, the product has not had the success it has had in Italy. The Japanese in my view are either too formal or trendy. Perhaps, my biggest mistake was to take on a local agent when clients preferred to deal with me directly.JK Beams

It didn’t take long to realize there was a worldwide market for this type of jacket.

At one trade fair, I met an American who was struck by our product. “Brooks Brothers in the mid-1950s did something like this.” I nodded.

Since the Slack has the nonchalance of jeans, its appeal is quite universal. Given a choice many people now prefer its construction to that of more formal lounge suit jackets.

FTDF:  What products are to be found in the current J.Keydge catalogue?

FF: Traditionally, the “Ivy style” represented 80% of sales. It’s appeal as collegiate, sport-oriented and comfortable made it uniquely attractive.

With the advent for slim fit craze, I had to be careful on which path I would walk. An abrupt change in model could be a turnoff. So I designed a more fashion-conscious style. The body fits tighter and the length is shorter. It is a type of Rat Pack redux.STONES

When both Michel Barnes and Albert Goldberg suggested I do more dressy styles. I took their advice although these lines took time to find their niche. Retailers were attached to the Ivy style.Suit JK

As you know however, people change and so does their taste. Thanks to our own in-house workshop, we are better equipped to accommodate different styles for both men and women. Although jackets are still our specialty, we do matching trousers, (slack-suits) riding coats, safari jackets, trench coats, and military capote.Mack JK

I should add, all models are not offered in any one-year’s given collection. We change fabrics, colors and adapt to any given trend. The thing I like most is the pieces should be seen as “classics”. That is to say, stylish and beyond any one fashion.

FTDF: We take it you were a role model for many people. Do you have many competitors?

FF: Where leaders dare walk, others will tread. This is particularly true in Italy. Competition they say is the best form of flattery. Many firms manufacture that type of jacket today. Some are expensive and some really cheap. I like to think of myself as a role model in this field where I have built a great deal of expertise.

However as Coca-Cola once said in one of their adverts, “it’s the real thing”. Likewise, if you want a Slack Jacket, there’s only one.JK

FTDF: How would you define the J.Keydge style?

FF: Design-wise, I always tried to give my models some cultural and functional relevance. I am attached to sobriety. I avoid frills and useless details. I pay specially attention to patterns. I also select fabrics very carefully and often work on them with the suppliers.  

Dressing up in one’s Sunday best is on my blacklist.

J.Keydge style is best defined as Nantucket & Portofino shaken not stirred.JK3

FTDF: What is the profile of the J.Keydge customer?

FF : First, he’s a connoisseur. He has a certain je ne sais quoi. Certainly loves clothes, but is not a fashionista. He is rugged in spirit and unafraid to express his authenticity. He lives life with gusto.JK4

FTDF:  Is the slack jacket a green product?

FF: Yes. Moreover, they are easy to maintain. Toss them in the machine and wash. Organic soap lets the fibers breathe.

FTDF: What is your personal style?

FF: My personal style has three reference points: Italian, English and American. Not in any particular order. All three cultures have shaped style and men’s habits when it comes to good taste and that certain La Dolce Vita attitude.

I think at the end of the day, I love the American approach best with their effortless way of being causal and chic as best embodied on the East Coast, and particularly in New England, the home of preppy chic. This is also the homeland of the original slack jacket.Prewitt J.K

They’ve taken the best Europe has to offer and made their own mash. Clothing innovations adored worldwide were born here whether we speak of selvage, jeans, oxford button-downs, the sack cut, and moccasins. Causal chic is an American style forte. Just think of the natural shoulder. It’s not for nothing that certain Italian firms have chosen “American” names to codify their brands.

FTDF: And your definition of elegance?

FF: If I had to choose one word, it would be simplicity. Simplicity embodies integrity and respect for self and others. Circumstances dictate what to wear and when. Never dress for show; it’s so false.

An elegant man knows the rules. Better still he knows when to break them. He also understands the glory of color without being a peacock.Quad JK

You know, often I come across complete strangers in my travels wearing my Slack jacket. It makes me proud because each was wearing it with “allure”, turning this simple garment into a personal statement of who they are. Sometimes it’s a Hermes Vintage Square causally stuffed into the breast pocket, sometimes worn over a black turtleneck or an incredible colored polo shirt.

However it’s done, I enjoy their unique style.

Many thanks to François Ferdinand for his knowledge and kindness.

Interview conducted by PAL and VM. Paris, July 2012. All rights reserved.

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Profilo Italiano

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Vous êtes sans doute déjà nombreux à connaître ce magasin situé au 115 rue du Cherche Midi, mais pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, nous nous devions de mentionner ce petit recueil de trésors qu’est la boutique tenue par le très sympathique et charmant Giuseppe Ciaravino dit « Beppe ».IMG_7355

Cela fait maintenant quelques années que Beppe s’est installé à cette adresse du 6ème arrondissement de Paris et qu’il s’efforce de ne proposer que des produits fabriqués en Italie.Beppe

Il est à noter que Profilo Italiano s’est agrandi depuis peu.

Profilo Italiano

Vous trouverez donc des cravates en cashmere, des sept plis ; des pochettes roulottées main ; des écharpes ; des chemises Barba, Finamore, Truzzi ; des polo Fedeli ; des vestes L.B.M, Boglioli ; des pantalons P.T01, des mocassins Arfango, etc.IMG_7372 IMG_7369 IMG_7368

L’espace et le stock sont petits mais l’offre est importante et constamment renouvelée, pour des marques qu’on ne trouve que trop rarement en France.

Ties

Last but not least, les produits que vous trouverez chez Beppe sont toujours proposés à des prix très placés, bien en deçà de ce que demandent d’autres détaillants pour les mêmes articles.

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Nous ne pouvons donc que vous encourager à aller y faire un tour – avec vos compagnes, Beppe proposant également une ligne Femme – mais prenez garde, il y a de grandes chances que vous repartiez avec quelque chose…

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Chalk Stripe Suit & Vintage Sulka Coat

Sulka SulkaMartingaleSuitChalk Stripe

Vintage Camel Coat: Sulka

Chalk Stripe Suit

Shirt: Mazzarelli

Knit Tie: Drake’s London

Pocket Square: Simonnot Godard

Shoes: Crockett & Jones

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Interview de François Ferdinand, créateur de J.Keydge

Nous avons le plaisir de vous proposer une interview exclusive de François Ferdinand, créateur de la marque J.Keydge.

English version.

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours personnel ?

François Ferdinand : J’ai débuté dans ce métier comme  commercial, au départ pour une marque de sous-vêtements féminins puis dans le prêt-à-porter. Au cours de cette période, j’ai fait quelques petites incursions dans le domaine de la « création » à chaque fois des produits « justes » que je faisais produire et commercialiser par des industriels, et que je n’avais pas de mal à vendre à mes clients détaillants, me réservant une commission confortable justifiée par le double rôle de styliste et de preneur d’ordres.

Après 1974, j’ai basculé vers l’homme, je suis devenu agent pour la France de PEYTON une Maison espagnole, qui faisait du casual. J’ai alors présenté cette collection à des enseignes de qualité : Old England, Burberry, Arnys, entre autres,  y ont trouvé de l’intérêt. À cette époque, Bernard Marras, qui était directeur artistique de Cerruti, m’a fait réaliser 2 modèles selon ses croquis.

Ces expériences m’ont donné envie de développer ma propre collection, dans un esprit « casual chic ».

J’avais rencontré un fabricant de costumes de la rue des Archives qui m’a proposé de produire pour moi.

Sous la griffe VEYRANDES cette première  collection comprenait des blousons de style militaire en cashmere ou en loden, des vestes de style worker en Harris tweed,  des ensembles  saharienne et pantalon en serge foulée. J’ai enregistré de belles commandes, en tous cas, à Paris, auprès des clients pré-cités, (à l’époque je n’imaginais pas participer à un salon), et aussi chez Marcel Lassance qui débutait à l’époque.

Malheureusement, mon partenaire n’a pas pu réaliser  la production dans son propre atelier de costumes, on a dû faire appel à des sous-traitants, et subir des aléas et surcoûts non programmés. Cette histoire n’a connu qu’un seul hiver.

C’est à ce moment qu’un de mes amis du métier m’a suggéré d’arrêter de « tergiverser » et de m’assumer, d’abandonner le statut d’agent commercial pour celui d’entrepreneur.

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Ce qui fut fait. J’ai sauté le pas, j’ai créé une société, financé les tissus, traité directement avec des façonniers, et commencé à facturer mes productions.

FTDF : Quelle est la première marque que vous avez réellement développée ?

FF : Précisément, la première marque que j’ai développée en tant qu’entrepreneur a été SUNNY SIDE, elle signait une collection de pantalons, car j’avais connu un excellent façonnier spécialiste au cours de l’expérience précédente.

 C’était le début des pantalons à pinces et j’étais seul avec St Laurent et Renoma à en proposer.

Même si certaines enseignes parisiennes  me demandaient de griffer à leur nom, la marque a connu un joli développement. Je me souviens encore d’une commande de BERTEIL,  plus de 3.000 pièces, pantalons et bermudas,  ce devait être pour l’été 1979 .

C’est à ce moment que j’ai commencé à exposer au SEHM et j’ai progressivement étoffé la gamme de produits, d’abord la chemise puis la cravate, et enfin,  le costume.

Simultanément, j’ai ouvert un magasin situé à l’angle des rues Pasquier et Chauveau-Lagarde. J’avais repris le bail de LOCKWOOD, un tailleur Anglais, un peu vieillot, mais qui avait plutôt bonne réputation et qui comptait notamment comme clients toute l’équipe d’Hémisphère.

Rebaptisée VEYRANDES, cette boutique s’est rapidement fait une place dans le quartier réputé masculin de la Madeleine, mais je n’y étais pas présent personnellement, et après 3 ans d’exploitation, lorsque le garçon qui la dirigeait est accidentellement décédé, j’ai connu quelques errements en termes de personnel qui m’ont conduit à la revendre en 1986.

J’ai continué  à exposer au SEHM, sous le nom de VEYRANDES, et ce jusqu’au déclin de ce salon, j’avais réussi à m’attacher une gentille clientèle, y compris à l’export, je pense entre autres à John SIMONS, un fidèle client de Londres avec qui je travaille encore aujourd’hui, et à qui je dois de figurer dans le  livre THE IVY LOOK de Graham Marsh et JP Gaul :  (J.Keydge, y figure parmi une sélection de 23 noms d’éminents acteurs du style IVY).

FTDF : Vous êtes aussi réputé pour avoir fait pas mal de chemises, pourriez-vous nous en parler ?

FF : J’avais parmi mes façonniers, Jean-Marie Ménard, un artisan chemisier qui effectuait un travail très soigné dans le 18ème arrondissement.

En 1984, je suis allé à l’Ile Maurice à l’occasion d’un salon. J’y ai fait la rencontre d’un franco-mauricien, Nano Sauzier, qui faisait du sourcing et du contrôle qualité textile.  À la suite de ce séjour, il m’est venu l’idée d’y créer un atelier de chemises.  J’en ai parlé à Jean-Marie Ménard arguant que là-bas, tout le monde faisait du produit mass market et que nous pourrions d’autant mieux nous démarquer avec un produit à forte valeur ajoutée.

Nous avons donc ouvert en partenariat une petite usine  de chemises, nommée « CHANCERY Shirts »,  l’objectif était de travailler à façon,  mais malheureusement, nous nous sommes rapidement heurtés à des difficultés car les tissus de nos clients n’arrivaient pas toujours dans les délais escomptés, ils étaient généralement acheminés par bateau  et c’était donc compliqué et laborieux de tenir un planning .

Au bout de 4 ans et demi, Jean-Marie Ménard est décédé. Je suis retourné à Maurice pour essayer de revendre cette usine. Je n’ai pas trouvé d’offre convenable, mais je me suis rendu compte qu’il y avait deux usines de tissage tout à fait compétitives sur place.

Par chance, Jean Marie Ménard avait recruté et formé un « second » très compétent, qui a pu assurer la relève et nous permettre de travailler en produit fini. Les tisseurs locaux nous ont accordé quelques facilités et nous avons enfin trouvé une rentabilité.

Afin d’assurer des commandes régulières à CHANCERY,  j’ai ouvert un magasin de gros dans le Marais, sous le nom de SELECTIVE, j’en ai confié la direction à un de mes anciens collaborateurs.

En 1994 j’ai apporté à cette société, la commercialisation de ma « veste molle » et très vite le chiffre d’affaire généré par ce produit a dépassé celui de la chemise, il nous fallait trouver de plus vastes locaux et nous avons migré dans une zone d’activité du 18° Arrt.

Comble d’opportunité, une société belge, RIVERWOOD, a manifesté le souhait de racheter CHANCERY.

Depuis ce jour je me consacre exclusivement à la « veste molle ».

FTDF : D’où vous est venue l’idée de la veste « molle » ?

FF : Au cours des années 70, je m’achetais des vestes de « fripe américaine » dans les boutiques de second-hand, j’adorais ce style, l’absence, ou presque, d’entoilage, mais surtout, connaissant les difficultés techniques que cela représentait,  les épaules naturelles, dépourvues d’épaulettes. 

D’autres que moi ont naturellement éprouvé le même intérêt pour ce type de veste, dite « déstructurée ». En France, fin 1970, Marcel Lassance, à son échelle, mais surtout Marc Miller, qui a beaucoup investi dans un outil de production spécifique. C’était trop tôt, le marché n’était pas prêt et ce fut un flop.

C’est seulement dix ans plus tard que j’ai eu le sentiment que l’heure était venue pour un concept légèrement différent.  Bien évidemment, je devais avant tout maîtriser cette épaule « morphologique », sans le moindre padding, et je dois reconnaître m’être fait aider pour y parvenir.

Ensuite, contrairement à mes prédécesseurs,  j’ai voulu rompre avec la veste de ville, celle des costumes. Je voulais donner l’impression que cette  veste était conçue et fabriquée comme un jean,   pour cela, j’ai généralisé les piqures double aiguille,  soulignant les bords, col et revers,  ainsi que le contour des poches et rabats.

Pour la coupe, je me suis inspiré des sack façon Brooks confortables en poitrine et en ceinture. Alors qu’à cette époque toutes les vestes étaient à deux boutons, j’ai opté pour les 3 boutons, afin de contraster par une certaine rigueur.

Pour le reste, j’ai simplement repris les poches plaquées à rabat et la fente médiane, caractéristiques des vestes preppy traditionnelles, et tout naturellement, j’ai baptisé ce modèle « IVY ».

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Très probablement, la « charge culturelle » que j’ai rassemblée dans ce modèle a contribué à son succès, et très vite, il est devenu une sorte de standard.

Durant plusieurs saisons, il demeura modèle unique, le développement de la collection se faisant par la seule variété des tissus, des traitements, et la richesse de la gamme des coloris, traités « garmentdyed »

Enfin, le terme « veste molle », est le premier qui me soit venu car je voulais absolument bannir le mot « déstructuré », entaché d’un ratage quelques années plus tôt, et devenu pour moi péjoratif.

Bien que relayé par la presse,  ce nom ne faisait pas l’unanimité, et c’est au cours d’un diner où l’on m’interrogeait sur le produit que j’ai eu le flash : « slack-jacket », mais c’est bien sûr !

Le lendemain, à la première heure je déposais le nom à l’INPI, puis à l’OMPI.

FTDF : A quelle année remonte précisément la création de cette veste ?

FF : Tout d’abord, je ne trouve pas le terme de  « création » très approprié,  je préfère celui d’élaboration. En effet,  je considérais le concept en lui-même  suffisamment en « rupture »  pour que le produit  bénéficie d’une mise au point soigneuse et raisonnée.

C’est en septembre 1990 que cette veste a fait son apparition au SEHM. J’avais habituellement un stand d’une cinquantaine de m2  où je présentais, deux fois par an mes collections dites  « conventionnelles ».

Pour faire passer le message de sa « mollesse », j’ai eu l’idée de présenter cette veste, pendue, comme en situation d’usage, sur un porte-habit de bistrot, de style Thonet, placé en angle du stand.

Cette présentation intriguait, les visiteurs n’étaient pas habitués à cette mise en scène,  et, au vu des réactions j’ai tout de suite compris son intérêt.

Quand un client décrochait une veste pour la regarder, je lui suggérais bien évidemment de l’essayer et à chaque fois il se produisait comme un déclic,  se voyant dans la glace,  étonné par l’absence d’épaulettes, il était surpris de constater que la suppression de cet artifice ne nuisait en rien à sa silhouette, et  qu’ a contrario il gagnait en « authenticité»

FTDF : Comment s’est passé le développement de la marque J.Keydge ?

FF : Je voudrais revenir au SEHM, lors de la cession de septembre, ce sont les collections de l’été suivant qui sont présentées aux professionnels. À ce moment j’étais persuadé que ma veste resterait essentiellement un produit d’été.

Pourtant, l’un de mes tous premiers clients m’a demandé si je pouvais lui faire,  immédiatement,  quelques pièces en tissu d’hiver.

Disposant de quelque stock de tissus, velours et Harris tweed,  j’ai pu lui donner satisfaction, et c’est ainsi que j’ai compris que le concept allait également fonctionner en version hiver.

En 1997, le SEHM ayant perdu beaucoup de son audience, j’ai enchainé avec PITTI UOMO à Florence. Malgré un stand modeste, j’ai tout de suite connu une forte affluence, des clients italiens et internationaux, mais aussi d’autres exposants, des fabricants industriels dont certains allaient jusqu’à me demander si je voulais  produire pour eux.

J’ai aussi rencontré deux très bons agents de Milan et de Rome et en quelques saisons le marché Italien a représenté 60% du chiffre d’affaire, les 40% restants se répartissant entre la France, l’Espagne,  la Belgique, le Japon, ainsi qu’une douzaine d’autres pays représentés empiriquement par un ou deux points de vente.

FTDF : D’où vient le nom J.Keydge ?

FF : Toujours de mon intérêt pour la fripe américaine. J’avais trouvé dans une boutique vintage de Sausalito, une chemise usagée qui portait ce nom brodé sur la poitrine. À l’origine, il y avait un « s » à la fin du nom : KEYDGES, je l’ai supprimé et c’est devenu J.Keydge.

FTDF : Quels sont les clients qui ont été le plus rapidement réceptif à ce produit ?

FF : Sans aucune hésitation, les Italiens, c’est totalement dans leurs gênes, l’homme italien est très concerné par le vêtement, et en plus, c’est un consommateur enthousiaste.

Ce n’est pas sans raison que l’industrie Italienne du vêtement masculin a conquis le monde, alors que dans le même temps, en dépit du patrimoine de nos prestigieuses griffes couture, la France a perdu toute son industrie.

Pour autant, je n’ai pas à me plaindre des Français, comme cette veste s’adressait manifestement à une frange « avertie » j’ai tout de même rencontré des détaillants réceptifs et des adeptes franchement accros.

Au Japon, j’ai eu jusqu’à 12 clients importants, mais je pense que je n’étais pas assez « fashion » pour eux, leur marché est soit hyper formel, soit hyper sharp  avec un renouvellement accéléré.  De plus,  j’ai fait l’erreur de prendre un agent sur place, il a été rejeté, mais j’ai récupéré une partie de mes clients, qui voulaient seulement travailler en direct.

Sans surprise, je me suis rendu compte que le marché pour ce type de veste était mondial. Dès mes débuts, un  Américain m’a dit sur mon stand, que cette veste avait dû exister chez Brooks Brothers dans les années 50/60  mais que curieusement on ne l’y trouvait plus.

Si l’on considère que cette veste procède de la même philosophie que le jean, il est bien naturel que son succès soit universel, et qu’elle soit en train de détrôner la veste formelle.

FTDF : Quels sont les produits proposés par J.Keydge aujourd’hui ?

FF : Pendant des années, le modèle IVY représentait 80% des ventes,  sa coupe était plutôt sport et confort, elle convenait à beaucoup de monde mais particulièrement à des gens un peu ronds comme Noiret.

Quand est venue la tendance au « près du corps »,  il était impossible  de modifier ce modèle sans risquer la désaffection de tout un public.

J’ai donc mis au point d’autres modèles qui allaient dans le sens de la mode, bien cintrés, épaules étroites, plus courts, et, suivant les conseils avisés (et non concertés) de Michel Barnes et  Albert Goldberg,  j’ai renié ma toute première démarche en proposant une veste plus « ville », rompant avec les surpiqures jeans et les poches plaquées.

Il a pourtant fallu un peu de temps pour que ces nouveaux modèles trouvent leur place, car  les revendeurs étaient très attachés  à la « IVY ».

Si aujourd’hui la tendance s’est inversée, c’est aussi que la collection s’est beaucoup développée,  grâce à un petit atelier intégré, dédié aux  techniques de fabrication spécifiques,  nous avons eu jusqu’à 25 modèles pour homme et 12 pour femme.   Des vestes, mais aussi des pantalons, (vendus seulement en costume), des sahariennes, des vestes de bougnat, des redingotes et  même des trench-coats en suédine.

Sans que jamais l’intégralité de ces modèles figure dans une même collection, ces derniers sont quasi indémodables, et alternent éclipses et apparitions  au gré des saisons et des variantes de tissus.

FTDF : Vous avez dû susciter pas mal de vocations ! Quels sont vos concurrents ?

FF : INNOMBRABLES ! En Italie où j’ai longtemps fait figure de leader, tout le monde s’y est mis.

Mais pas seulement, on trouve aujourd’hui des vestes molles un peu partout, des plus sophistiquées aux plus ordinaires, et à tous les prix,  ce qui n’est pas étonnant puisqu’il s’agit du produit le plus innovant de ces dernières années et que son marché connait une progression record.

Face à cette concurrence,  je reste malgré tout serein,  initiateur et  spécialiste du concept, fort d’une véritable expertise, je suis résolu à faire de l’authentique slack-jacket, la référence du genre.

FTDF : Mais vous avez fermé J.KEYDGE France ? Parlez-nous de vos difficultés.

FF : C’est exact, je n’ai pas à m’en cacher, l’Italie qui nous avait si bien réussi  nous a aussi mis à mal.  En février/mars 2008,  nous avions facturé la collection d’été à quelque 150 boutiques,  6 mois plus tard,  alors que l’hiver était en production pour ces mêmes clients, nous n’avions presque rien encaissé.  C’était le début de la crise, bien plus sévère la bas que chez nous.

À l’époque nous étions 11 salariés, sans compter les commerciaux, ce n’était pas tenable et il a fallu licencier, fermer la structure et reconsidérer le business modèle.

Aujourd’hui, une structure légère, UNION SLACK AUTHORITY exploite la marque, avec une collection en redéploiement et un site d’e-commerce.

FTDF : Quelles sont, selon vous les traits caractéristiques du style J.Keydge ?

FF : Pour ce qui est du design, j’ai toujours cherché à donner à chacun de mes modèles, un minimum d’enracinement culturel et fonctionnel. Je privilégie la sobriété et j’évite les détails inutiles ou racoleurs.JK

J’attache également beaucoup d’attention à la coupe, au choix des tissus et de soin à la fabrication, par contre, j’évite soigneusement les allures « endimanchées » qui sont antinomique du concept.

Comme dans la vraie vie,  jamais mieux illustrée qu’au cinéma,  les slack-jackets de J.Keydge n’ont rien de commun avec les gravures de mode empesées.

FTDF : Qui est l’homme, le client J.Keydge ?

FF : Le client J.Keydge est à la fois très évolué et pleinement dans son époque, il a une bonne culture du vêtement, mais il n’est pas particulièrement sensible à la mode.

Il n’est pas totalement dédaigneux des tendances, mais il recherche des produits vrais, équilibrés, qu’il aura plaisir à porter longtemps, parfois même jusqu’à un certain degré d’usure.

C’est quelqu’un qui n’a rien à prouver, qui vit son life style, et aussi quelqu’un que le froissé ne froisse pas.

FTDF :Peut-on dire que la slack-jacket est un produit « vert » ?

FF : Si l’on tient compte du fait que cette veste fait l’économie de tout ingrédient superflu, on peut sans doute lui trouver un côté écolo, d’autant que, concernant l’entretien, la plupart d’entre elles se lavent en machine comme de simples chemises.

FTDF : Comment définiriez-vous votre style personnel ?

FF : Probablement un mélange des trois styles majeurs : anglais, italien et américain, mais surtout américain, Je considère que les Américains ont fait la synthèse de ces deux inspirations, ils ont pris le meilleur du savoir-faire et du goût européen, ils y ont ajouté  leur art de vivre.

 Ils ont créé l’épaule naturelle, ils ont inventé le jean et tout le casual qui représente aujourd’hui le mouvement le plus évident. Je suis absolument convaincu par le style américain,  et je considère que le concept de la slack-jacket vient de là.

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Le vent souffle de là-bas, j’en veux pour preuve, le nombre de marques italiennes qui ont des noms américains.  En outre,  les avions vont bien plus vite de N.Y. à Paris que dans le sens inverse (Rires).

FTDF : Quelle est votre idée de l’élégance ?

FF : Au plan vestimentaire, c’est autant le respect de soi même que celui des autres,  en fonction des circonstances, et selon les lois de la bienséance. Prendre soin de son apparence, mais sans affectation, éviter les signes du luxe ostentatoire.

L’élégance, c’est également connaître les règles et savoir les transgresser, savoir faire preuve d’humour sans tomber dans le ridicule. Si possible avoir un style personnel,  avoir des idées d’associations inattendues. Dans mon registre personnel, je fais une place toute particulière a une désinvolture savante, une expression de liberté et de naturel  en adéquation avec ce siècle. Je pense que les fans de la slack-jacket,  partagent  cette approche.

Il m’est arrivé de croiser anonymement des personnes portant une de mes vestes,  très souvent, j’ai pu remarquer ô combien elles étaient  bien portées.

Nous remercions François Ferdinand pour son savoir et sa gentillesse.

Interview réalisée par PAL et VM. Paris, juillet 2012. Tous droits réservés.

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