Inspiration de la semaine – Benedikt Fries

Poursuivons aujourd’hui notre série d’inspirations sur les personnalités du menswear dont nous apprécions les tenues. Cet article sera consacré à Benedikt Fries, du site Shibumi qui propose une sélection d’accessoires et notamment des cravates en PàP mais également en sur-mesure.b fries 7

Benedikt prouve à lui seul que les Allemands savent de quoi ils parlent en matière d’élégance masculine. Son style est plutôt italien dans l’esprit, ses costumes provenant souvent de la Maison Sartoria Corcos, tailleur japonais du nom de Kotaro Miyahira basé à Florence, et il avoue son admiration pour le style d’un autre tailleur florentin bien connu, Liverano. Même si nous ne partageons pas forcément tous ses partis pris stylistiques, nous sommes sensibles à son respect des proportions et devons reconnaître qu’il sait s’habiller en fonction de sa morphologie. Nous apprécions particulièrement ses choix en matière de couleurs (sobres avec parfois quelques touches un peu plus flamboyantes), de souliers en veau velours, mais aussi ses épaules tombantes et le positionnement de son cran très haut sur des revers généralement assez généreux.B Fries 4

Concernant l’Allemagne dans son ensemble, alors que les regards se tournent souvent vers l’Italie, l’Angleterre ou le Japon, ce pays compte encore, à l’instar des Pays-Bas, un certain nombre de retailers en matière de menswear, qui n’hésitent pas à proposer du très haut de gamme. L’Allemagne est par exemple l’un des tous premiers marchés pour certaines maisons italiennes, comme Attolini.

Voici quelques photos illustrant le style de Benedikt Fries.B Fries 3B Fries 56B Fries 78B Fries 87 B Fries 8 B Fries 9 Benedikt-Fries-shibumi-tie Niels-Holdorf+Benedikt-Fries Shibumi B 4B Fries 12source Thomas Langens

Barrel cuff vs. French cuff

Nous avons déjà eu l’occasion de le dire au détour de certains articles – notamment Collection Hackett Printemps/Eté 2011 – nous ne sommes pas des aficionados des poignets mousquetaire (French cuff) et nous leur préférons largement les poignets simples (barrel cuff) et leurs diverses déclinaisons mais nous n’avons jamais donné d’explication à ce sujet.barrel cuff vs french cuff. credit michael hoeweler

Le port quasi systématique des poignets mousquetaire, notamment dans les tenues de travail des cadres parisiens, nous a toujours un peu étonné. Ils nous arrivent même de voir des gens porter des poignets mousquetaires avec un pull par exemple… C’est aussi fin que de porter une paire de richelieu noir avec un jean. Il y a d’autres choses à faire surtout quand on s’intéresse un peu au vêtement.source ask andy about clothes

S’ils étaient l’apanage de certains grands pontes type banquiers d’affaire, politiques, etc. il y a quelques dizaines d’années, il n’en est rien aujourd’hui et porter une chemise à poignets mousquetaire ne signifie plus grand chose, à part peut-être: »Je suis cadre » ou « Je travaille dans un bureau ». Un intérêt limité donc.

Ce que l’on entend parfois, de la part des défenseurs des French cuff, c’est qu’il s’agirait de la seule marge de manœuvre, du seul moyen dont disposent les hommes pour agrémenter leurs tenues et pour sortir un peu du lot. En bref, de l’horizon indépassable de l’élégance formelle. Pas du tout. D’abord, parce que dans certains milieux ou certaines entreprises, tous les hommes en portent. Ensuite, parce qu’il s’agit d’un détail et un détail n’a jamais agrémenté une mise ratée. Une tenue réussie n’a pas besoin d’être agrémenté de bijoux ou d’artifices en tout genre. Des points nettement plus importants sont ainsi très souvent négligés et devraient selon nous être réglé avant de soucier d’éventuels poignets mousquetaire. On pense, entre autres choses, à la largeur d’un poignet simple (même en PàP le bouton peut être décalé pour que le poignet ne vienne pas trop sur la main), au nœud de cravate  qui peut être sculpté pour donner un peu de volume à celle-ci, aux pointes du col de chemise qui ne doivent pas être racornies, à la longueur/largeur d’une manche de veste ou d’un pantalon, ou encore à une paire de souliers propres et un peu cirée…LeyendeckerComp01

A ce titre, quel est l’intérêt de porter des poignets mousquetaire avec un costume mal coupé/mal retouché et paire de chaussures douteuse ? Aucun selon nous. Ajoutez à cela le (trop) répandu nœud Windsor sur une cravate en satin duchesse bleu roi ou rouge écarlate, et vous avez le combo gagnant.source_ style forum

the sartorialist

Exemple de tenue « sport » qui serait plus réussie avec une chemise à poignets simples et non blanche (bleu, à rayures, à carreaux, etc…)

Ainsi, nous préférons la discrétion, la modestie et la simplicité des poignets simples. D’autant qu’il serait hâtif de dire que les poignets mousquetaire sont plus élégants que les barrel cuff. En effet, les chemises à poignets mousquetaire étant généralement en PàP et non en mesure, la largeur du poignet n’est pas adaptée et se trouve presque aussi large qu’une manche de veste – surtout les manches des vestes actuelles, généralement plus fitées – ce qui a tendance à bloquer la chemise à l’intérieur de la manche de la veste, à faire « gonfler » le bas de manche, ou pire à laisser échapper tout le poignet mousquetaire de la manche de veste et ce, même quand on a les bras le long du corps. Pour le « léger débordant de chemise », on repassera…cufflinks-lg

De même, le choix des boutons de manchette n’est pas souvent très heureux, des boutons dorés énormes aux boutons « fantaisie » en forme de chien.Gold-cufflinks-2015

Nous conseillons d’ailleurs de privilégier la passementerie, plus adaptée et souvent plus jolie.

Il s’agit bien entendu de nos avis – forcément subjectifs – et de notre vision de l’élégance sur un point précis, et finalement assez secondaire au regard d’autres éléments plusieurs fois cités sur FTDF. Certains hommes sont évidemment très élégants avec une chemise à poignets mousquetaire et des circonstances particulières peuvent parfaitement justifier le port des French cuffs (mariage, cérémonie, soirée black tie, etc.). Mais on ne le répétera jamais assez, à la fin, ce qui compte vraiment, c’est la ligne et la coupe.

Pitti vs. Pitti

Nouvelle session du Pitti, nouveaux clichés qui fleurissent sur les blogs et diverses plateformes et l’occasion pour nous de proposer une comparaison entre ce Pitti et le Pitti de juin 2012.

En l’espace de 3 ans, dans un monde de la mode qu’on décrit souvent comme changeant, on constate que les tendances présentes parmi les visiteurs du Pitti Uomo sont à peu près les mêmes, à l’image de ses figures de proue au style constant : Ignatius Joseph, Nick Wooster ou encore Lino Ieluzzi. Cela a quelque chose de rassurant, le menswear contrairement à son pendant féminin étant davantage fait de tendances lourdes et d’évolutions lentes.

Alors bien sur, les tenues sont parfois un peu trop colorées et accessoirisées ou les pantalons un peu trop courts. Il n’empêche que l’ambiance y-est toujours bon enfant – bien plus que dans d’autres salons – et qu’il est sans aucun doute plus intéressant de se rendre sur place que de visionner ces photos qui n’apportent plus grand chose en termes d’inspiration à ceux qui se passionnent pour le menswear depuis quelques années.

guerreisms2 2012

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FWD 2015

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Ignatius Joseph – 2012

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Ignatius Joseph – 2015

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Nick Wooster – 2012

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Nick Wooster – 2015

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Lino Ieluzzi – 2012

Lino pitti 2015 ss

Lino Ieluzzi – 2015

KW MOON

2012

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