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Collection J.Keydge Printemps/Été 2013

A l’occasion des premiers beaux jours de cette année qui se sont faits grandement attendre, nous avons eu l’occasion d’essayer quelques pièces de la nouvelle collection Printemps/Été de J*Keydge, marque française, d’inspiration américaine revendiquée, dont nous apprécions l’esprit.

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La première pièce que j’ai pu tester est le modèle Cruz, une veste croisée en Denim indigo. C’est une réalisation opportune car assez rare en raison de sa nature paradoxale. En effet, le croisé est perçu comme très formel alors que le jean est l’incarnation même du casual. J’ai beaucoup aimé cette pièce qui se marie bien avec un chino et une chemise à col boutonné en oxford bleu comme sur les photos ou à carreaux vichy ou madras. 

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Sa coupe est moderne et donc assez ajustée et proposée à 285 euros, elle constitue un excellent rapport qualité/prix.

J’ai par ailleurs pu tester le modèle Prewitt, une saharienne en gabardine de coton.

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Comme beaucoup le savent, j’aime beaucoup les pièces d’inspiration militaire. Ce modèle emblématique de la marque est assez fidèle aux sahariennes d’époque. En effet, il se veut décontracté et suffisamment ample pour être confortable.  

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Très agréable à porter en cette saison, cette saharienne se marie très facilement avec un jean brut ou un chino foncé. 
Ayant pu tester les deux gilets proposés au sein de la collection, j’ai été agréablement surpris par la prise de risque de J*Keydge. En effet, peu de marques françaises ont véritablement adopté – avec brio – et compris l’esprit "preppy" américain.

Un tel gilet patchwork est difficilement trouvable en PàP aujourd’hui, même au sein des collections proposées par des marques américaines. Il est donc plaisant de constater qu’en ces temps de frilosité économique et stylistique certaines maisons françaises continuent à proposer des produits "historiques" et de bonne facture.

Selon moi, ce type de gilet peut être porté sans difficulté sous une veste Sport bleu marine ou même en jean, ou bien en "bras de chemise", par dessus une chemise en chambray avec un chino bleu et une paire de buck. Ils sont d’une longueur suffisante et couvrent donc comme il convient la ceinture et le haut du pantalon, même quand celui ci n’est pas taille haute.

Pour information, ces deux gilets ont des coupes assez ajustées comme nous les affectionnons. Etant assez mince, il est en effet assez rare pour moi de trouver des pièces en PàP qui me vont sans que j’ai à effectuer de retouche.

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Profilo Italiano

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Vous êtes sans doute déjà nombreux à connaître ce magasin situé au 115 rue du Cherche Midi, mais pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, nous nous devions de mentionner ce petit recueil de trésors qu’est la boutique tenue par le très sympathique et charmant Giuseppe Ciaravino dit « Beppe ».IMG_7355

Cela fait maintenant quelques années que Beppe s’est installé à cette adresse du 6ème arrondissement de Paris et qu’il s’efforce de ne proposer que des produits fabriqués en Italie.Beppe

Il est à noter que Profilo Italiano s’est agrandi depuis peu.

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Vous trouverez donc des cravates en cashmere, des sept plis ; des pochettes roulottées main ; des écharpes ; des chemises Barba, Finamore, Truzzi ; des polo Fedeli ; des vestes L.B.M, Boglioli ; des pantalons P.T01, des mocassins Arfango, etc.IMG_7372 IMG_7369 IMG_7368

L’espace et le stock sont petits mais l’offre est importante et constamment renouvelée, pour des marques qu’on ne trouve que trop rarement en France.

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Last but not least, les produits que vous trouverez chez Beppe sont toujours proposés à des prix très placés, bien en deçà de ce que demandent d’autres détaillants pour les mêmes articles.

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Nous ne pouvons donc que vous encourager à aller y faire un tour – avec vos compagnes, Beppe proposant également une ligne Femme – mais prenez garde, il y a de grandes chances que vous repartiez avec quelque chose…

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Interview de François Ferdinand, créateur de J.Keydge

Nous avons le plaisir de vous proposer une interview exclusive de François Ferdinand, créateur de la marque J.Keydge.

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours personnel ?

François Ferdinand : J’ai débuté dans ce métier comme  commercial, au départ pour une marque de sous-vêtements féminins puis dans le prêt-à-porter. Au cours de cette période, j’ai fait quelques petites incursions dans le domaine de la « création » à chaque fois des produits « justes » que je faisais produire et commercialiser par des industriels, et que je n’avais pas de mal à vendre à mes clients détaillants, me réservant une commission confortable justifiée par le double rôle de styliste et de preneur d’ordres.

Après 1974, j’ai basculé vers l’homme, je suis devenu agent pour la France de PEYTON une Maison espagnole, qui faisait du casual. J’ai alors présenté cette collection à des enseignes de qualité : Old England, Burberry, Arnys, entre autres,  y ont trouvé de l’intérêt. À cette époque, Bernard Marras, qui était directeur artistique de Cerruti, m’a fait réaliser 2 modèles selon ses croquis.

Ces expériences m’ont donné envie de développer ma propre collection, dans un esprit « casual chic ».

J’avais rencontré un fabricant de costumes de la rue des Archives qui m’a proposé de produire pour moi.

Sous la griffe VEYRANDES cette première  collection comprenait des blousons de style militaire en cashmere ou en loden, des vestes de style worker en Harris tweed,  des ensembles  saharienne et pantalon en serge foulée. J’ai enregistré de belles commandes, en tous cas, à Paris, auprès des clients pré-cités, (à l’époque je n’imaginais pas participer à un salon), et aussi chez Marcel Lassance qui débutait à l’époque.

Malheureusement, mon partenaire n’a pas pu réaliser  la production dans son propre atelier de costumes, on a dû faire appel à des sous-traitants, et subir des aléas et surcoûts non programmés. Cette histoire n’a connu qu’un seul hiver.

C’est à ce moment qu’un de mes amis du métier m’a suggéré d’arrêter de « tergiverser » et de m’assumer, d’abandonner le statut d’agent commercial pour celui d’entrepreneur.

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Ce qui fut fait. J’ai sauté le pas, j’ai créé une société, financé les tissus, traité directement avec des façonniers, et commencé à facturer mes productions.

FTDF : Quelle est la première marque que vous avez réellement développée ?

FF : Précisément, la première marque que j’ai développée en tant qu’entrepreneur a été SUNNY SIDE, elle signait une collection de pantalons, car j’avais connu un excellent façonnier spécialiste au cours de l’expérience précédente.

 C’était le début des pantalons à pinces et j’étais seul avec St Laurent et Renoma à en proposer.

Même si certaines enseignes parisiennes  me demandaient de griffer à leur nom, la marque a connu un joli développement. Je me souviens encore d’une commande de BERTEIL,  plus de 3.000 pièces, pantalons et bermudas,  ce devait être pour l’été 1979 .

C’est à ce moment que j’ai commencé à exposer au SEHM et j’ai progressivement étoffé la gamme de produits, d’abord la chemise puis la cravate, et enfin,  le costume.

Simultanément, j’ai ouvert un magasin situé à l’angle des rues Pasquier et Chauveau-Lagarde. J’avais repris le bail de LOCKWOOD, un tailleur Anglais, un peu vieillot, mais qui avait plutôt bonne réputation et qui comptait notamment comme clients toute l’équipe d’Hémisphère.

Rebaptisée VEYRANDES, cette boutique s’est rapidement fait une place dans le quartier réputé masculin de la Madeleine, mais je n’y étais pas présent personnellement, et après 3 ans d’exploitation, lorsque le garçon qui la dirigeait est accidentellement décédé, j’ai connu quelques errements en termes de personnel qui m’ont conduit à la revendre en 1986.

J’ai continué  à exposer au SEHM, sous le nom de VEYRANDES, et ce jusqu’au déclin de ce salon, j’avais réussi à m’attacher une gentille clientèle, y compris à l’export, je pense entre autres à John SIMONS, un fidèle client de Londres avec qui je travaille encore aujourd’hui, et à qui je dois de figurer dans le  livre THE IVY LOOK de Graham Marsh et JP Gaul :  (J.Keydge, y figure parmi une sélection de 23 noms d’éminents acteurs du style IVY).

FTDF : Vous êtes aussi réputé pour avoir fait pas mal de chemises, pourriez-vous nous en parler ?

FF : J’avais parmi mes façonniers, Jean-Marie Ménard, un artisan chemisier qui effectuait un travail très soigné dans le 18ème arrondissement.

En 1984, je suis allé à l’Ile Maurice à l’occasion d’un salon. J’y ai fait la rencontre d’un franco-mauricien, Nano Sauzier, qui faisait du sourcing et du contrôle qualité textile.  À la suite de ce séjour, il m’est venu l’idée d’y créer un atelier de chemises.  J’en ai parlé à Jean-Marie Ménard arguant que là-bas, tout le monde faisait du produit mass market et que nous pourrions d’autant mieux nous démarquer avec un produit à forte valeur ajoutée.

Nous avons donc ouvert en partenariat une petite usine  de chemises, nommée « CHANCERY Shirts »,  l’objectif était de travailler à façon,  mais malheureusement, nous nous sommes rapidement heurtés à des difficultés car les tissus de nos clients n’arrivaient pas toujours dans les délais escomptés, ils étaient généralement acheminés par bateau  et c’était donc compliqué et laborieux de tenir un planning .

Au bout de 4 ans et demi, Jean-Marie Ménard est décédé. Je suis retourné à Maurice pour essayer de revendre cette usine. Je n’ai pas trouvé d’offre convenable, mais je me suis rendu compte qu’il y avait deux usines de tissage tout à fait compétitives sur place.

Par chance, Jean Marie Ménard avait recruté et formé un « second » très compétent, qui a pu assurer la relève et nous permettre de travailler en produit fini. Les tisseurs locaux nous ont accordé quelques facilités et nous avons enfin trouvé une rentabilité.

Afin d’assurer des commandes régulières à CHANCERY,  j’ai ouvert un magasin de gros dans le Marais, sous le nom de SELECTIVE, j’en ai confié la direction à un de mes anciens collaborateurs.

En 1994 j’ai apporté à cette société, la commercialisation de ma « veste molle » et très vite le chiffre d’affaire généré par ce produit a dépassé celui de la chemise, il nous fallait trouver de plus vastes locaux et nous avons migré dans une zone d’activité du 18° Arrt.

Comble d’opportunité, une société belge, RIVERWOOD, a manifesté le souhait de racheter CHANCERY.

Depuis ce jour je me consacre exclusivement à la « veste molle ».

FTDF : D’où vous est venue l’idée de la veste « molle » ?

FF : Au cours des années 70, je m’achetais des vestes de « fripe américaine » dans les boutiques de second-hand, j’adorais ce style, l’absence, ou presque, d’entoilage, mais surtout, connaissant les difficultés techniques que cela représentait,  les épaules naturelles, dépourvues d’épaulettes. 

D’autres que moi ont naturellement éprouvé le même intérêt pour ce type de veste, dite « déstructurée ». En France, fin 1970, Marcel Lassance, à son échelle, mais surtout Marc Miller, qui a beaucoup investi dans un outil de production spécifique. C’était trop tôt, le marché n’était pas prêt et ce fut un flop.

C’est seulement dix ans plus tard que j’ai eu le sentiment que l’heure était venue pour un concept légèrement différent.  Bien évidemment, je devais avant tout maîtriser cette épaule « morphologique », sans le moindre padding, et je dois reconnaître m’être fait aider pour y parvenir.

Ensuite, contrairement à mes prédécesseurs,  j’ai voulu rompre avec la veste de ville, celle des costumes. Je voulais donner l’impression que cette  veste était conçue et fabriquée comme un jean,   pour cela, j’ai généralisé les piqures double aiguille,  soulignant les bords, col et revers,  ainsi que le contour des poches et rabats.

Pour la coupe, je me suis inspiré des sack façon Brooks confortables en poitrine et en ceinture. Alors qu’à cette époque toutes les vestes étaient à deux boutons, j’ai opté pour les 3 boutons, afin de contraster par une certaine rigueur.

Pour le reste, j’ai simplement repris les poches plaquées à rabat et la fente médiane, caractéristiques des vestes preppy traditionnelles, et tout naturellement, j’ai baptisé ce modèle « IVY ».

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Très probablement, la « charge culturelle » que j’ai rassemblée dans ce modèle a contribué à son succès, et très vite, il est devenu une sorte de standard.

Durant plusieurs saisons, il demeura modèle unique, le développement de la collection se faisant par la seule variété des tissus, des traitements, et la richesse de la gamme des coloris, traités « garmentdyed »

Enfin, le terme « veste molle », est le premier qui me soit venu car je voulais absolument bannir le mot « déstructuré », entaché d’un ratage quelques années plus tôt, et devenu pour moi péjoratif.

Bien que relayé par la presse,  ce nom ne faisait pas l’unanimité, et c’est au cours d’un diner où l’on m’interrogeait sur le produit que j’ai eu le flash : « slack-jacket », mais c’est bien sûr !

Le lendemain, à la première heure je déposais le nom à l’INPI, puis à l’OMPI.

FTDF : A quelle année remonte précisément la création de cette veste ?

FF : Tout d’abord, je ne trouve pas le terme de  « création » très approprié,  je préfère celui d’élaboration. En effet,  je considérais le concept en lui-même  suffisamment en « rupture »  pour que le produit  bénéficie d’une mise au point soigneuse et raisonnée.

C’est en septembre 1990 que cette veste a fait son apparition au SEHM. J’avais habituellement un stand d’une cinquantaine de m2  où je présentais, deux fois par an mes collections dites  « conventionnelles ».

Pour faire passer le message de sa « mollesse », j’ai eu l’idée de présenter cette veste, pendue, comme en situation d’usage, sur un porte-habit de bistrot, de style Thonet, placé en angle du stand.

Cette présentation intriguait, les visiteurs n’étaient pas habitués à cette mise en scène,  et, au vu des réactions j’ai tout de suite compris son intérêt.

Quand un client décrochait une veste pour la regarder, je lui suggérais bien évidemment de l’essayer et à chaque fois il se produisait comme un déclic,  se voyant dans la glace,  étonné par l’absence d’épaulettes, il était surpris de constater que la suppression de cet artifice ne nuisait en rien à sa silhouette, et  qu’ a contrario il gagnait en « authenticité»

FTDF : Comment s’est passé le développement de la marque J.Keydge ?

FF : Je voudrais revenir au SEHM, lors de la cession de septembre, ce sont les collections de l’été suivant qui sont présentées aux professionnels. À ce moment j’étais persuadé que ma veste resterait essentiellement un produit d’été.

Pourtant, l’un de mes tous premiers clients m’a demandé si je pouvais lui faire,  immédiatement,  quelques pièces en tissu d’hiver.

Disposant de quelque stock de tissus, velours et Harris tweed,  j’ai pu lui donner satisfaction, et c’est ainsi que j’ai compris que le concept allait également fonctionner en version hiver.

En 1997, le SEHM ayant perdu beaucoup de son audience, j’ai enchainé avec PITTI UOMO à Florence. Malgré un stand modeste, j’ai tout de suite connu une forte affluence, des clients italiens et internationaux, mais aussi d’autres exposants, des fabricants industriels dont certains allaient jusqu’à me demander si je voulais  produire pour eux.

J’ai aussi rencontré deux très bons agents de Milan et de Rome et en quelques saisons le marché Italien a représenté 60% du chiffre d’affaire, les 40% restants se répartissant entre la France, l’Espagne,  la Belgique, le Japon, ainsi qu’une douzaine d’autres pays représentés empiriquement par un ou deux points de vente.

FTDF : D’où vient le nom J.Keydge ?

FF : Toujours de mon intérêt pour la fripe américaine. J’avais trouvé dans une boutique vintage de Sausalito, une chemise usagée qui portait ce nom brodé sur la poitrine. À l’origine, il y avait un « s » à la fin du nom : KEYDGES, je l’ai supprimé et c’est devenu J.Keydge.

FTDF : Quels sont les clients qui ont été le plus rapidement réceptif à ce produit ?

FF : Sans aucune hésitation, les Italiens, c’est totalement dans leurs gênes, l’homme italien est très concerné par le vêtement, et en plus, c’est un consommateur enthousiaste.

Ce n’est pas sans raison que l’industrie Italienne du vêtement masculin a conquis le monde, alors que dans le même temps, en dépit du patrimoine de nos prestigieuses griffes couture, la France a perdu toute son industrie.

Pour autant, je n’ai pas à me plaindre des Français, comme cette veste s’adressait manifestement à une frange « avertie » j’ai tout de même rencontré des détaillants réceptifs et des adeptes franchement accros.

Au Japon, j’ai eu jusqu’à 12 clients importants, mais je pense que je n’étais pas assez « fashion » pour eux, leur marché est soit hyper formel, soit hyper sharp  avec un renouvellement accéléré.  De plus,  j’ai fait l’erreur de prendre un agent sur place, il a été rejeté, mais j’ai récupéré une partie de mes clients, qui voulaient seulement travailler en direct.

Sans surprise, je me suis rendu compte que le marché pour ce type de veste était mondial. Dès mes débuts, un  Américain m’a dit sur mon stand, que cette veste avait dû exister chez Brooks Brothers dans les années 50/60  mais que curieusement on ne l’y trouvait plus.

Si l’on considère que cette veste procède de la même philosophie que le jean, il est bien naturel que son succès soit universel, et qu’elle soit en train de détrôner la veste formelle.

FTDF : Quels sont les produits proposés par J.Keydge aujourd’hui ?

FF : Pendant des années, le modèle IVY représentait 80% des ventes,  sa coupe était plutôt sport et confort, elle convenait à beaucoup de monde mais particulièrement à des gens un peu ronds comme Noiret.

Quand est venue la tendance au « près du corps »,  il était impossible  de modifier ce modèle sans risquer la désaffection de tout un public.

J’ai donc mis au point d’autres modèles qui allaient dans le sens de la mode, bien cintrés, épaules étroites, plus courts, et, suivant les conseils avisés (et non concertés) de Michel Barnes et  Albert Goldberg,  j’ai renié ma toute première démarche en proposant une veste plus « ville », rompant avec les surpiqures jeans et les poches plaquées.

Il a pourtant fallu un peu de temps pour que ces nouveaux modèles trouvent leur place, car  les revendeurs étaient très attachés  à la « IVY ».

Si aujourd’hui la tendance s’est inversée, c’est aussi que la collection s’est beaucoup développée,  grâce à un petit atelier intégré, dédié aux  techniques de fabrication spécifiques,  nous avons eu jusqu’à 25 modèles pour homme et 12 pour femme.   Des vestes, mais aussi des pantalons, (vendus seulement en costume), des sahariennes, des vestes de bougnat, des redingotes et  même des trench-coats en suédine.

Sans que jamais l’intégralité de ces modèles figure dans une même collection, ces derniers sont quasi indémodables, et alternent éclipses et apparitions  au gré des saisons et des variantes de tissus.

FTDF : Vous avez dû susciter pas mal de vocations ! Quels sont vos concurrents ?

FF : INNOMBRABLES ! En Italie où j’ai longtemps fait figure de leader, tout le monde s’y est mis.

Mais pas seulement, on trouve aujourd’hui des vestes molles un peu partout, des plus sophistiquées aux plus ordinaires, et à tous les prix,  ce qui n’est pas étonnant puisqu’il s’agit du produit le plus innovant de ces dernières années et que son marché connait une progression record.

Face à cette concurrence,  je reste malgré tout serein,  initiateur et  spécialiste du concept, fort d’une véritable expertise, je suis résolu à faire de l’authentique slack-jacket, la référence du genre.

FTDF : Mais vous avez fermé J.KEYDGE France ? Parlez-nous de vos difficultés.

FF : C’est exact, je n’ai pas à m’en cacher, l’Italie qui nous avait si bien réussi  nous a aussi mis à mal.  En février/mars 2008,  nous avions facturé la collection d’été à quelque 150 boutiques,  6 mois plus tard,  alors que l’hiver était en production pour ces mêmes clients, nous n’avions presque rien encaissé.  C’était le début de la crise, bien plus sévère la bas que chez nous.

À l’époque nous étions 11 salariés, sans compter les commerciaux, ce n’était pas tenable et il a fallu licencier, fermer la structure et reconsidérer le business modèle.

Aujourd’hui, une structure légère, UNION SLACK AUTHORITY exploite la marque, avec une collection en redéploiement et un site d’e-commerce.

FTDF : Quelles sont, selon vous les traits caractéristiques du style J.Keydge ?

FF : Pour ce qui est du design, j’ai toujours cherché à donner à chacun de mes modèles, un minimum d’enracinement culturel et fonctionnel. Je privilégie la sobriété et j’évite les détails inutiles ou racoleurs.JK

J’attache également beaucoup d’attention à la coupe, au choix des tissus et de soin à la fabrication, par contre, j’évite soigneusement les allures « endimanchées » qui sont antinomique du concept.

Comme dans la vraie vie,  jamais mieux illustrée qu’au cinéma,  les slack-jackets de J.Keydge n’ont rien de commun avec les gravures de mode empesées.

FTDF : Qui est l’homme, le client J.Keydge ?

FF : Le client J.Keydge est à la fois très évolué et pleinement dans son époque, il a une bonne culture du vêtement, mais il n’est pas particulièrement sensible à la mode.

Il n’est pas totalement dédaigneux des tendances, mais il recherche des produits vrais, équilibrés, qu’il aura plaisir à porter longtemps, parfois même jusqu’à un certain degré d’usure.

C’est quelqu’un qui n’a rien à prouver, qui vit son life style, et aussi quelqu’un que le froissé ne froisse pas.

FTDF :Peut-on dire que la slack-jacket est un produit « vert » ?

FF : Si l’on tient compte du fait que cette veste fait l’économie de tout ingrédient superflu, on peut sans doute lui trouver un côté écolo, d’autant que, concernant l’entretien, la plupart d’entre elles se lavent en machine comme de simples chemises.

FTDF : Comment définiriez-vous votre style personnel ?

FF : Probablement un mélange des trois styles majeurs : anglais, italien et américain, mais surtout américain, Je considère que les Américains ont fait la synthèse de ces deux inspirations, ils ont pris le meilleur du savoir-faire et du goût européen, ils y ont ajouté  leur art de vivre.

 Ils ont créé l’épaule naturelle, ils ont inventé le jean et tout le casual qui représente aujourd’hui le mouvement le plus évident. Je suis absolument convaincu par le style américain,  et je considère que le concept de la slack-jacket vient de là.

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Le vent souffle de là-bas, j’en veux pour preuve, le nombre de marques italiennes qui ont des noms américains.  En outre,  les avions vont bien plus vite de N.Y. à Paris que dans le sens inverse (Rires).

FTDF : Quelle est votre idée de l’élégance ?

FF : Au plan vestimentaire, c’est autant le respect de soi même que celui des autres,  en fonction des circonstances, et selon les lois de la bienséance. Prendre soin de son apparence, mais sans affectation, éviter les signes du luxe ostentatoire.

L’élégance, c’est également connaître les règles et savoir les transgresser, savoir faire preuve d’humour sans tomber dans le ridicule. Si possible avoir un style personnel,  avoir des idées d’associations inattendues. Dans mon registre personnel, je fais une place toute particulière a une désinvolture savante, une expression de liberté et de naturel  en adéquation avec ce siècle. Je pense que les fans de la slack-jacket,  partagent  cette approche.

Il m’est arrivé de croiser anonymement des personnes portant une de mes vestes,  très souvent, j’ai pu remarquer ô combien elles étaient  bien portées.

Nous remercions François Ferdinand pour son savoir et sa gentillesse.

Interview réalisée par Pierre-Antoine LEVY et Virgile MERCIER. Paris, juillet 2012. Tous droits réservés.

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Interview de Benjamin Simonnot

Nous vous proposons aujourd’hui une interview de Benjamin Simonnot, propriétaire de la Maison familiale Simonnot Godard, mondialement reconnue pour ses mouchoirs et autres pochettes qui sont doute les meilleurs du monde actuellement.

For The Discerning Few : Nous savons que la Maison Simonnot Godard présente une longévité assez extraordinaire. Pourriez-vous nous en dresser un petit historique, avant votre arrivée à sa tête ?

Benjamin Simonnot : Simonnot Godard a été fondé en 1787. Simonnot était un boutiquier à Troyes, spécialisé dans le linge de maison : draps, nappes, serviettes, etc. Godard appartenait à une autre famille qui possédait des comptoirs de tissage et des ateliers à façon dans le nord de la France.

Au milieu du 19ème siècle, Louis-Victor Simonnot a épousé Marie Godard et cela a entrainé la création de Simonnot Godard, négociant jusqu’au lendemain de la Second guerre mondiale.

Au début du 20ème siècle, Simonnot Godard, qui était resté jusque là dans le linge de maison, a commencé à se diversifier dans le tissu femme pour la haute couture, en travaillant pour des personnalités illustres que sont désormais Patou, Dior, Lanvin, Chanel, etc. Je tiens à préciser qu’à cette époque, le mouchoir et la pochette ne représentaient que 5% du business.

Après la Guerre, mon oncle a monté un atelier de tissage dans le nord de la France, atelier qui existe encore aujourd’hui. Simonnot Godard a bien fonctionné jusqu’aux années 70, avant de s’effondrer à partir des années 80. A cette époque, les produits de qualité avaient tendance à n’intéresser personne. Ajoutons à cela une mauvaise gestion et des choix stratégiques hasardeux, Simonnot Godard a alors connu une période très compliquée. Il faut savoir qu’à l’époque, nous avions de nombreux confrères qui ont tous disparus aujourd’hui.

FTDF : A quel moment votre parcours professionnel croise-t-il la route de la Maison familiale ?

Benjamin Simonnot : J’ai fait mes études en école de commerce, de la fin des années 80 au début des années 90. Pendant mes études, j’ai commencé à travailler en tant que représentant, en partie pour Simonnot Godard. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé à créer et à étendre mon réseau à travers l’Europe.

Il se trouve que je suis arrivé sur le marché du travail en 1992. C’était une période très trouble économiquement mais à la rigueur, ça a été une chance pour moi. Quand vous terminez vos études en période de crise, vous avez encore plus faim que les autres.

Je dois également préciser que mon grand-père m’avait transmis le goût et la passion de cette entreprise familiale. Donc en 1991/1992, alors qu’une partie de mon cursus étudiant s’est déroulé à Londres et à Madrid, j’en ai profité pour dénicher des clients pour Simonnot Godard, équipé de la petite valise que mon grand-père m’avait confiée.

En 1992, une fois mes études terminées, j’ai été agent indépendant, pour Simonnot Godard mais aussi pour divers créateurs anglais et italiens notamment, et ce jusqu’en 1999.

FTDF : Et vous avez alors choisi de reprendre l’affaire familiale.

Benjamin Simonnot : Exactement. Mais je n’en ai pas hérité, je l’ai racheté à mon oncle. Les choses étaient alors très compliquées et Simonnot Godard était une entreprise au fonctionnement digne d’une entreprise du milieu du 20ème siècle.

Nous avions un nom et un savoir-faire mais l’atelier était dans un état épouvantable, les machines obsolètes et pour ainsi dire, l’installation électrique n’avait pas été changée depuis la Guerre. Il a donc fallu investir pour tout rénover mais aussi pour revoir la stratégie de la Maison.

Pendant les 5 premières années, le travail a donc consisté essentiellement à rénover et à restructurer. Avec mon épouse nous avons alors choisi de concentrer l’activité sur les pochettes et les mouchoirs.

FTDF : C’était donc un choix stratégique risqué, surtout pour l’époque.

Benjamin Simonnot : Non, pas risqué car je savais déjà à l’époque que Simonnot Godard était le dernier fabricant de mouchoirs et pochettes dits « de luxe ».

Nous avions déjà de bonnes bases, avec de nombreux clients italiens mais aussi de grandes maisons de luxe, notamment françaises.

Avec mon épouse, le pari a été le suivant : ne faire qu’un seul produit mais le faire bien.

FTDF : Parlons un peu du processus de production. Comment se déroule- t- il ?

Benjamin Simonnot : Simonnot Godard a un véritable savoir-faire. Nous sommes des spécialistes du « chaine et trame », et tout est très codifié. C’est pour cela qu’on ne pourra jamais être copié, notamment en Chine…

Le premier objectif a été de conserver ce savoir- faire et le processus de fabrication. On était un peu à contre courant de ce qui se faisait alors au début des années 2000.

S’agissant de la production, nous ne faisons que du double retors. On achète du fil écru, qui est fabriqué et monté en Suisse à partir de coton égyptien. Pour la couleur, on a une cinquantaine de couleurs différentes dans nos archives. Chacune d’elles est étudiée en laboratoire dans le Nord et si la couleur ne correspond pas au dessin d’archive, on recommence. C’est un travail chirurgical. Chaque fil est teint « grand teint » plein bain. Donc ce n’est pas de l’impression. L’impression, vous lavez 2 fois, ça part. Là, vous lavez 200 fois, ca reste.

Pour les motifs, on se réfère là encore à nos dessins d’archive ; on n’essaie pas de réinventer mais de coller le plus possible aux dessins de l’époque. On s’adapte aussi aux private labels, qui peuvent nous proposer leurs propres dessins et motifs.

Par la suite, le mercerisage et le blanchiment se déroulent dans les Vosges. L’eau de la région est très particulière et comme pour le traitement des laines en Ecosse, cela a son importance dans la qualité du produit une fois celui-ci terminé.

Cette étape achevée, les rouleaux de tissus reviennent dans le Nord où ils sont contrôlés avant de partir au roulottage. Il va sans dire que nos produits sont roulottés à la main… Les mouchoirs sont alors contrôlés un par un avant d’être livrés à nos revendeurs. S’il y a le moindre défaut, le mouchoir est écarté.

En gros, entre le moment où on achète le fil et le moment où le produit est fini, entre 4 et 5 mois se sont écoulés.

FTDF : Avec quelles matières travaillez-vous ?

Benjamin Simonnot : Essentiellement du lin et du coton, mais nous commençons à développer aussi la soie et le cachemire.

FTDF : Comment distinguer un mouchoir Simonnot Godard d’un autre mouchoir ?

Benjamin Simonnot : Ce qui nous différencie essentiellement, outre la qualité du tissu, c’est la signature. La première des signatures Simonnot Godard est l’opposition de la chaine de fond et de la chaine satin. Tous nos métiers présentent ce qu’on appelle le « double ensouple », c’est-à-dire que l’on a tous les fils dans le sens de la hauteur (fils de chaine) auxquels se juxtaposent des fils de satin.

Nous avons aussi la chaine coton tramé lin, qui est un historique chez nous, et qui est également tissé et non imprimé.

Et le troisième métier historique de Simonnot Godard est le fil coupé. C’est une technique ancestrale auparavant réalisée à la main et qui est désormais fait en partie à la machine. On le voit très bien sur ces pochettes à pois réalisés grâce à cette technique.

FTDF : S’agissant de la distribution, Simonnot Godard semble prendre grand soin à choisir ses points de vente.

Benjamin Simonnot : D’abord, Simonnot Godard c’est plus de 40 000 mouchoirs vendus par an, au sein de 300 points de vente environ à travers le monde.

Pour en revenir à votre question, effectivement, je dirais que la distribution est la partie la plus importante, le but étant d’avoir le plus de points de vente possibles dans le monde mais pas n’importe lesquels. Nous choisissons avant tout des lieux de qualité. Si le lieu ne nous plait pas, nous n’y vendons pas nos produits.

Ce n’est pas forcément facile et des boutiques historiques ont disparu ces dernières années, notamment à Paris, avec Sulka, Old England, etc. Mais des nouveaux vont prendre la place, j’en suis persuadé.

Par exemple aux Etats Unis nous sommes chez Bergdorf Goodman et Barneys ainsi que chez Paul Stuart, mais pas chez Saks et Bloomingdales. Nous essayons de travailler autant que possible en exclusivité et de créer la demande.

La stratégie n’est pas d’avoir 15 000 points de vente à NYC et aucun à Toronto ; la stratégie est d’avoir de Los Angeles à Tokyo, un à deux points de vente retail par ville. Après, il y a aussi les grands magasins qui font davantage de volume.

Nous ne sommes pas là pour vendre à tout le monde. Nous sommes là pour fournir les belles maisons.

FTDF : Vous sentez qu’il y a de « nouveaux » pays demandeurs en termes de qualité et d’élégance ?

Benjamin Simonnot : La Corée est clairement un pays d’avenir à ce sujet mais je dirais même déjà du présent. Ce sont un peu les « nouveaux japonais » contrairement aux Chinois qui sont encore très portés sur les marques. Les Coréens sont des gens très pointus, qui aiment et produisent d’ailleurs eux-mêmes des produits de qualité, notamment dans l’univers du menswear.

FTDF : Vous n’êtes pas pessimistes quant à l’avenir de la pochette et du mouchoir au sein des tenues masculines ?

Benjamin Simonnot : Non pas du tout car nous sommes drivés par l’Amérique du Nord et le Japon. Et des marchés comme la Corée, la Russie, Hong Kong fonctionnent également très bien, sans oublier Singapour qui est incontournable pour nous. L’Allemagne aussi, où nous avons une vingtaine de clients qui font du Attolini et du Kiton pour vous donner une idée, l’Allemagne étant le premier marché d’Attolini.

L’Europe en général aussi continue à bien fonctionner. Les gens se plaignent mais si vous avez les bons produits et les bonnes boutiques, ça fonctionne encore très bien. Que ce soit à Munich, à Zurich, à Madrid, à Milan ou encore à Amsterdam, vous pouvez déjà compter sur plusieurs points de vente très qualitatifs.

FTDF : Justement, s’agissant des points de vente, vous êtes présent au sein des plus grandes maisons. Quelle est en proportion la part de private labels que vous réalisez ?

Benjamin Simonnot : Le private représente environ 30% de notre chiffre d’affaires. Je considère que c’est une bonne proportion et que cela nous permet de conserver une forte légitimité.

FTDF : Comment voyez-vous le futur de Simonnot Godard ?

Benjamin Simonnot : A terme, nous voulons devenir un incontournable de l’accessoire Made In Europe et s’étendre mondialement. Mais cela ne veut pas dire vendre des cravates pour vendre des cravates ou des chaussures pour vendre des chaussures ; on ne veut pas mettre du Simonnot Godard partout en profitant de notre notoriété s’agissant des mouchoirs et faire de fait, des produits moins qualitatifs. On perdrait en crédibilité.

Pour vous donner un exemple, depuis quelques années, nous avons l’opportunité de proposer une gamme de ceintures en taurillon, fabriquées en Italie et dont le cuir provient de tanneries françaises. Cela n’est pas notre cœur de métier, mais il y avait une cohérence à proposer un accessoire de qualité.

Ce qu’on veut réellement, c’est continuer à s’étendre dans le monde. Après les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, il nous reste l’Amérique Latine.

FTDF : Vous semblez très attaché à exporter vos produits. Est-ce le seul moyen de se développer pour une Maison comme la votre ?

Benjamin Simonnot : Réussir en restant franco-français, c’est impossible. Si Simonnot Godard ne travaillait qu’avec la France, ça ferait longtemps qu’on aurait fermé. Nous réalisons 80% de notre chiffre d’affaires hors de France.

C’est aussi une cohérence : pour réussir, il faut viser l’international, il faut que nos clients aient de bonnes marges, il faut donc faire des produits qualitatifs, miser sur le Made In France etc. La France est un pays toujours bien perçu quand il s’agit d’élégance et de luxe. Et il faut bien évidemment voyager aux 4 coins du monde. C’est fatiguant mais c’est le seul moyen de s’étendre.

For The Discerning Few tient à remercier Benjamin Simonnot pour sa disponibilité, sa passion et sa gentillesse.

Interview réalisée par Virgile MERCIER avec la participation de Pierre-Antoine LEVY pour le compte de For The Discerning Few. Paris, juillet 2012. Tous droits réservés.

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Source: le Figaro Madame.

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