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Classé dans Inspirations divers / Random inspirations

Pitti Uomo 83

Comme certains d’entre vous le savent déjà nous nous sommes récemment rendus à Florence à l’occasion du Pitti Uomo.

Il y a quelques enseignements à tirer de cette session du salon le plus sérieux concernant l’habillement masculin.

Voyageur & Tote Bag Mannequin

Le premier, sans doute le plus rassurant, est que malgré la crise assez violente qui touche le secteur depuis maintenant plusieurs saisons, il y a toujours des fabricants et des marques qui s’efforcent de continuer à faire de vrais beaux produits, chose que l’on a parfois tendance à oublier lorsque l’on se promène toute l’année à Paris, capitale de la France et du Faux Luxe.

Le deuxième est que le Pitti permet d’illustrer de manière édifiante à quel point le streetstyle a un impact sur le business actuel. En effet, les photographes pour divers blogs et magazines n’ont jamais été aussi présents qu’à cette édition, et même si seulement une infime quantité de photos ressort à la surface, il est difficile de marcher dix mètres sur le salon sans se faire tirer dessus. Certains professionnels essaient bien évidemment de tirer parti de ce phénomène qui constitue d’une certaine manière une communication à moindre frais. Néanmoins, cela a aussi pour conséquence que certaines personnes, dans l’espoir de se faire remarquer, s’habillent (délibérément) de manière improbable. Ils n’ont sans doute pas pris conscience du fait que le streetstyle est en partie une arnaque, car 90% des sujets que l’on voit apparaître en photos sur les supports relayant cet évènement, sont soit des incontournables  tels que Nick Wooster ou Luca Rubinacci ou de personnes qui sont tout simplement des amis ou connaissances des photographes en question. Dès lors, l’authenticité du streetstyle qui se voulait être sa genèse  en prend un sacré coup. C’est d’ailleurs pourquoi, on essaie de vous faire croire à l’émergence de tendances inexistantes telles que le port du châle ou celui du chapeau de femme alors que seuls trois disciples de Robert Rabensteiner en portaient sur le salon.

Voici néanmoins une petite sélection de photos illustrant cette édition.

The Armoury Beyond Fabric YK Pitti Pitti2 Mode Hunter Pitti Selectism Billionaire.com AB2 L'eleganza IJ AL A.S Tommy Ton Akamine Four PINS Dress Like A Four Pins Four Pins Lino Ieluzzi/Gianni Fontana Four Pins 2 Four Pins 3 Gian Luca Bocache Tommy Ton GQ Permanent Style Tommy Ton GQ Ricci Lino Rubinacci Tommy Ton GQ STREETFSN Tommy Ton GQ2 Tommy Ton GQ3 Valentino Ricci Four Pins Click on the picture to get the source.

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Classé dans Réflexions / Sartorial Thoughts

Interview de Yukio Akamine

Nous avons le plaisir de vous présenter une interview de Yukio Akamine, consultant renommé, créateur du Japan Gentleman’s Lounge et spécialiste du Bespoke.

Interview in English.

Michael Alden & Yukio Akamine

For The Discerning Few : Pourriez-vous nous présenter votre parcours ?

Yukio Akamine : Je suis japonais et j’ai toujours beaucoup apprécié le vêtement classique qui n’est malheureusement pas ancré dans la culture japonaise. J’ai concentré mes études sur la manière dont s’habillaient les gentlemen anglais. C’est ainsi que tout a commencé.

Je suis fasciné par Savile Row qui pendant deux cents ans, sur un espace très restreint, a été le temple de l’élégance masculine.

Il est possible de faire un parallèle entre la manière dont un gentleman s’habille et le mode de vie des samouraïs. La tenue du samouraï est fonction des évènements de sa vie.

J’ai été consultant pour United Arrows pendant plusieurs années et je donne maintenant des conférences sur le style. J’expose ma philosophie de l’habillement mais je traite également de tous les aspects de la vie. Je définis le style globalement. Le style est l’essence même de notre existence.

Source: The Sartorialist

FTDF : Qu’est ce qui constitue le style ?

Yukio Akamine : Le style émane de l’intérieur. L’intelligence, le caractère et la personnalité sont ses éléments moteurs. Les vêtements sont bien sûr importants mais ils ne peuvent pas donner du style à quelqu’un qui n’en possède pas au fond de lui-même.

Se vêtir, c’est comme écrire. En effet, lorsque l’on écrit en sinogrammes, il y a trois styles possibles. Je peux donc écrire mon nom de trois manières différentes. Le premier style est très classique à l’instar du style anglais traditionnel. Le deuxième style est un peu moins classique, on peut le comparer au style napolitain qui s’inspire du style anglais mais qui est bien moins formel. Le troisième est encore moins formel, il fait penser aux tendances et la mode.

Source: The Sartorialist

La première manière d’écrire me correspond. Je m’identifie au style anglais traditionnel. Je suis classique.

FTDF : Pourriez-vous nous présenter votre style personnel ?

Yukio Akamine : Mon style est un amalgame entre ce que j’apprécie, le style anglais traditionnel, et ce que je suis, un Japonais.

La manière dont je m’habille est intimement liée à mes sentiments et mes humeurs. Il faut s’habiller selon son état d’esprit du moment. Afin de développer son style, il est fondamental d’accorder son humeur et sa manière de s’habiller. En effet, s’habiller revient à s’exprimer.

Source: The Sartorialist

Si je mets mes mains dans mes poches ou que je me tiens d’une certaine manière cela changera l’aspect de mon costume. Il y a du style dans tous nos actes. Par conséquent, même la manière dont je place ma serviette lorsque je suis à table définit mon style.

L’élégance peut être trouvée dans les gestes des gens les plus simples. Au Japon, par exemple, il y a des manières de tenir ses baguettes qui sont très élégantes. L’élégance et le style ne sont pas une question de débordant de chemise ou de largeur de revers, ce qui compte c’est que votre manière de vous habiller soit en harmonie avec votre personnalité et vos sentiments.

Avant la seconde guerre mondiale, le style traditionnel anglais était notamment mis en avant par l’Empereur Hirohito qui était un client de Savile Row. Mais après la guerre, la culture américaine symbolisée par le jean et beaucoup moins formelle que la culture anglaise s’est propagée au Japon. Cette culture américaine continue de prospérer aujourd’hui au Japon. On la retrouve aussi en France et en Italie, par exemple. Mais elle est dominante au Japon et elle impacte la vie des Japonais, des vêtements qu’ils portent, la musique qu’ils écoutent, la nourriture qu’ils mangent, etc. Tout doit être simple et rapide de nos jours.

Source: The Sartorialist

J’essaie de préconiser et d’enseigner un retour aux sources de l’élégance masculine qui prenait ses racines dans le style traditionnel anglais. En ayant cette base, on peut ensuite développer son propre style, car si on se contente de suivre la mode et les tendances on ne fait que passer d’une chose ridicule à une autre. En revanche, en ayant des bases solides on peut ensuite ajouter sa créativité et sa propre identité. C’est ainsi qu’on crée son style.

FTDF : Existe-t-il un style japonais ?

Yukio Akamine : En tant que tel, je ne crois pas. Néanmoins, les Japonais sont depuis toujours très intéressés par les finitions et le travail à la main, car il existe une véritable culture du détail au Japon.

Dès lors, si je devais définir le style japonais, je dirais qu’il est avant tout caractérisé par ce qui est fait à la main, par le travail des hommes. À ce titre, beaucoup de grandes Maisons ont été inspirées et s’inspirent de ce qui se fait au Japon.

FTDF : Que pensez-vous du Bespoke, aujourd’hui ?

Yukio Akamine : Il y a un intérêt grandissant sur le sujet. Malheureusement, il est de plus en plus délicat de trouver des artisans compétents et capables.

On parle de vêtements qui sont en grande partie faits à la main, or chaque main est différente. Il faut beaucoup de temps pour acquérir la technique permettant d’être tailleur, mais il faut encore plus de temps pour devenir tailleur une fois que l’on a acquis cette technique. En effet, chaque grand maître tailleur a son identité et sa signature.

Lorsque je regarde un costume en grande mesure, je peux savoir qui l’a fait car je reconnais la main qui a travaillé, je reconnais sa signature.

Le défi aujourd’hui est de permettre à des jeunes gens d’acquérir la technique. Comment va-t-on le faire ? C’est la vraie interrogation.

Certains jeunes ont les qualités et la technique nécessaires, mais souvent ils essaient de se faire un nom en faisant de la mode, ils ne connaissent pas l’élégance masculine et ses traditions. Leur savoir faire est mal utilisé.

Je pense qu’ils devraient d’abord essayer de s’inspirer de la manière dont les acteurs étaient habillés dans les films des années quarante. Après avoir maîtrisé cela, ils pourraient ensuite, éventuellement, essayer de faire de la mode.

La mode et la Grande Mesure sont deux mondes très différents. À l’instar de l’huile et du vinaigre, on ne peut les mélanger.

FTDF : Que pensez-vous des grands tailleurs français ?

Yukio Akamine : Il en reste très peu aujourd’hui. J’appréciais beaucoup Smalto dans les années soixante-dix, au début. La coupe était très raffinée, très élégante, très près du corps peut-être même un peu trop, mais je trouvais que c’était réussi. Maintenant, c’est une marque, c’est de l’industriel… Ça ne m’intéresse plus.

J’aimais aussi beaucoup Cifonelli qui avait un style très masculin et une vraie identité qui provenait de ses racines italiennes. Aujourd’hui, je ne retrouve plus cette identité, ce que je vois est trop féminin. Cela manque d’âme.

FTDF : N’est-ce pas au client d’avoir un peu de goût et de culture ? Il y a des gens qui s’habillent en grande mesure et qui demandent des choses de mauvais goût. Le tailleur ne fait qu’exécuter. On ne peut pas le blâmer.

Yukio Akamine : Je suis d’accord. La responsabilité revient au client, mais il n’y a plus beaucoup de « bons » clients aujourd’hui.

Il y a très peu de mauvais tailleurs et beaucoup de mauvais clients. À ce titre, Brummel disait : « C’est le client qui fait le tailleur. L’inverse est impossible. C’est le client qui permet de tirer la quintessence du tailleur. ». Mais comme je le disais, il y a de moins en moins de clients ayant du goût.

FTDF : Où peut-on encore trouver ce style très masculin dont vous parlez ?

Yukio Akamine : Il est encore possible de trouver ce style dans de petites maisons telles que Sartoria Crimi à Palerme, Caraceni à Milan ou encore Liverano à Florence.

C’est le résultat d’un travail de longue haleine, il est donc limité à des productions très petites. Il n’y a pas de secret, le résultat ne peut pas être bon si le travail a été bâclé.

Beaucoup de jeunes tailleurs veulent se montrer, montrer ce qu’ils sont capables de faire et tombent dans l’extravagance. C’est regrettable car je pense que le goût et l’élégance sont caractérisés par une certaine discrétion. L’excès est l’ennemi du bien.

FTDF : Quel a été selon vous l’impact d’internet sur le Bespoke ?

Yukio Akamine : Le regain d’intérêt pour la Grande Mesure que j’évoquais tout à l’heure est en partie dû à internet. Malheureusement, il y a des gens qui ont des goûts aussi pauvres que leurs finances sont riches. Dès lors, quoi qu’ils fassent ou qu’ils achètent c’est souvent raté ou de mauvais goût. Internet est en partie responsable de ce phénomène. Les gens sont dans le moment, ils ne prennent pas le temps d’acquérir une culture, des connaissances ; ils veulent que tout arrive en un claquement de doigts.

Je pense que le bon ou le mauvais goût d’une personne s’exprime dans tous les aspects de sa vie : sa manière de se comporter, de parler, de choisir sa voiture ou ses meubles de maison.

Pour apprécier les belles choses, il faut de la patience. Les chaussures que j’ai aux pieds aujourd’hui ont 25 ans. Ce sont des mesures John Lobb. Au départ, elles n’étaient pas très confortables mais après 25 ans je suis incroyablement à l’aise dedans. Avec les belles choses, il faut prendre son temps et savoir attendre. Aujourd’hui, les gens ne tolèrent plus d’attendre. Mais pour toutes les choses de la vie auxquelles nous aspirons et que nous admirons : l’amour, l’amitié, la culture, il faut laisser du temps. Tout ce qui arrive dans la seconde manque de valeur.

En utilisant internet, certains tailleurs essaient de devenir des marques, mais les marques n’ont aucun intérêt. L’artisan, la qualité de son travail, voilà ce qui compte. Est-ce beau ? Est-ce laid ? C’est la question qu’on doit se poser ; la marque, la maison qui l’a fait, peu importe. Le produit, ce qu’il représente, ça c’est important. Soit il a une âme soit il n’en a pas.

FTDF : Que pensez-vous du prêt-à-porter au Japon aujourd’hui ?

Yukio Akamine : Il y a trente ans l’économie japonaise était à son zénith. Mais depuis une dizaine d’années, la situation est beaucoup plus délicate. Par conséquent, les consommateurs japonais ont été poussés à acheter des produits moins chers. Il y a eu un essor de la production de masse avec des vêtements de qualité très médiocre pour la plupart fabriqués en Chine. Mais depuis quelques temps, on se remet à fabriquer des choses au Japon. Une plus grande attention est portée aux détails et aux finitions. Les produits mis sur le marché sont donc dans l’ensemble de bien meilleure qualité. La qualité de la façon et des matières est mise en exergue ; c’est positif.

FTDF : Pourriez-vous nous citer quelques hommes dont, étant jeune, vous admiriez le style ?

Yukio Akamine : La liste serait longue. Mais les premiers qui me viennent en tête sont Jean Cocteau et Visconti.

Quand je me promène dans Paris, il m’arrive parfois de voir des vieux messieurs qui ont beaucoup de style. Malheureusement, je ne vois que très rarement des jeunes gens qui ont du style. Mais cela a toujours été une constante chez moi ; lorsque j’avais vingt ans, j’étais toujours admiratif de la manière dont les personnes plus âgées s’habillaient.

FTDF : Quelle est votre définition de l’élégance ?

Yukio Akamine : L’élégance prend sa source dans le cœur des gens. C’est quelque chose de très personnelle c’est pourquoi on ne peut pas la répliquer ou l’inculquer à la masse.

Le travail de Scott Schuman illustre bien mon propos. Quand je regarde ses photos, la plupart du temps, je ne vois pas les vêtements, je vois que Scott a réussi à saisir le cœur du sujet en photo.

Si on regarde The Sartorialist uniquement pour les vêtements, on passe à côté de quelque chose. Scott photographie des âmes.

Source: The Sartorialist

Nous remercions Yukio Akamine pour sa disponibilité, sa gentillesse et son savoir.

Nous remercions également Michael Alden pour son aide précieuse.

Interview réalisée par PAL et VM pour For The Discerning Few. Paris, février 2012. Toute reproduction est strictement interdite sans l’accord des auteurs.

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Classé dans Interviews exclusives

Interview with Yukio Akamine

We are proud to present to you an interview with Yukio Akamine, renowned consultant, creator of the Japan Gentleman’s Lounge and style icon.

Interview en français.

Michael Alden & Yukio Akamine

For The Discerning Few: Could you tell us about your background?

Yukio Akamine: I am Japanese and I have great appreciation for the classic way of dress which unfortunately does not have a great history in Japan, so as a young man I studied the look of the English tailoring style. That is how it all started for me.

I find it interesting that for two hundred years you have had such a concentration of men’s style in such a small area: Savile Row radiated throughout the world.

There’s something in common between the gentleman’s style of dress and the history of Samurais. A samurai has a distinctive mode of dress for each moment of his life. He has a dress language parallel to the way he lives.

I was a consultant for United Arrows up until two years ago. I now give some lectures on style to Japanese gentlemen. I put to the fore my philosophy about dress. I deal with every aspect of life. I give a global vision of style. Style is a way of living.

Source: The Sartorialist

FTDF: What constitutes style as far as you are concerned?

Yukio Akamine: I believe that the components of style emanate from within: intelligence, character, personality. Clothes do matter, but they cannot give you style.

Dressing is like writing, actually: there are three modes of style in Japanese writing. I can write my name in three different ways. The first way is the classic style of writing. The second one is a lighter style of writing, which is a bit different. The third one is even less formal.

The English style of dress is like the first style of writing, it is very classical. The second style, which is slightly less formal, makes me think of Neapolitan tailoring which was inspired by English dress but took it one step down in order to make it a little less formal. The third style of writing is like fashion and trends.

Source: The Sartorialist

I relate to the first style of writing, I relate to the English dress. I am classic.

FTDF: How would you describe your personal style?

Yukio Akamine: My style is a mix of English style with what I am, a Japanese. It is a blend of the two.

It is a feeling more than anything else. Your dress should be in sync with you, with how you feel that day. The key to style is finding that equilibrium between the way you are feeling that day and the way you dress. You are constantly expressing yourself.

Source: The Sartorialist

The way you hold yourself, the way you place your hands will change the aspect of a suit. Style is to be found in everything that we do. For instance, the way you place your napkin while you are eating can define your style.

Even in very simple people you will find gestures that are very elegant. For instance in Japan there is a ritual way of holding a chopstick.

What I am trying to say is that more important than how many centimeters of shirt cuff you are showing is that you be in sync with the way you dress.

We are almost like characters in a film, we are moving, living characters, we are playing ourselves. The interesting thing about dress is that almost cinematic approach to style.

Source: The Sartorialist

After WWII, the major influence in Japan was the American influence, which is clearly very different from the more classic English style.

Before the war, Hirohito was a customer of Savile Row; his style was very much English. However, the influence of the Americans after the war was very much about jeans and casual clothing, this influence continues to have an impact in Japan nowadays.

American culture has invaded Japan from the food, the music, the way Japanese dress, etc. Everything had to be easy, simple and fast. Even though American culture is also present in Italy and in France, it is much more dominant in Japan.

What I am teaching is returning to the source of masculine elegance which was the influence of the English. From there you can develop your own style but with the basics in hand. Because if you are constantly chasing after trends you go from one ridiculous thing to the next. But if you have the basics, you can start from it and add your own creativity, your own national identity, which in my case is Japanese. That is how you create your own style.

FTDF: Is there a Japanese style?

Yukio Akamine: There is no Japanese style as far as I am concerned. However, Japanese have always been interested in hand work, techniques and things that show that handcrafting, so it might be a silk lining like the one which was used in kimonos.

The true Japanese style is very much preoccupied by the hand work, the work of men. Many international fashion houses have been and still are very much inspired by this.

FTDF: What is your view on bespoke tailoring now?

Yukio Akamine: There is a big boom of interest. But what is important and what is getting harder to find is true handcraftsmanship.

Every hand is little bit different; it takes a great deal of time to acquire the skills and to acquire the identity of that skill: every master hand craftsman, every great tailor has a signature.

Just to learn the basics, it takes ten to fifteen years. To acquire your signature, it takes decades.

When I look at a bespoke suit, I know who did it because I am able to recognize the handwork, the signature.

So the real challenge now is for young people to acquire those skills. How are they going to do it? That is the question of the future.

There are young people who have studied the craft, but they don’t necessarily have roots in what I would call masculine elegance, so they are trying to make a name and they are trying to make fashion. They have great skills but they misuse it. They make fashion — they don’t make style.

I was very much inspired by the cinema of the past, from the forties where actors were dressed in an immaculate way, with a lot of personality. I believe that young tailors should first learn to master the style from these movies before trying to do fashion.

Bespoke has its own universe and should not be mixed with an industrial production. Fashion and Bespoke are two separate worlds. They are like oil and vinegar, you can’t mix them together.

FTDF: What do you think of French tailors?

Yukio Akamine: They are only a few remaining now. I liked Smalto in 1970’s when he started with a very refined, very elegant, close to the body cut which was a little over the top, but I appreciated it. Now, it is industrial… I have no longer any interest in it.

I also loved Cifonelli back in the days. It had a really masculine identity which really came from its Italian roots. Today, it is sort of gone, it is very feminine, it doesn’t know where it is.

FTDF: Is it not the responsibility of the customer to have taste and culture? Some people dress in bespoke but have no taste; they ask for ugly things, the tailors cannot be blamed for that.

Yukio Akamine: I agree with you. It is the customer’s responsibility, but there are not many great customers anymore.

There are very few bad tailors but there are lots of bad customers. Brummel said: "It is the customer who makes the tailor. The tailor absolutely cannot make the client. It is the client who makes the tailor great." Unfortunately we are losing those kinds of customers.

FTDF: Where can one find this masculine style you are talking about?

Yukio Akamine: Nowadays, you’ll find this great style in small tailoring houses such as Sartoria Crimi in Palermo, Caraceni in Milan, Liverano in Florence.

It is all about sweat and time, it is all about small productions. The more hours you put into it, the more sweat you put into it, the better it is. It is no secret. It is pretty clear.

Many young tailors want to show off. But I believe that understatement is extremely important. The key to taste is to be as subtle as possible.

FTDF: What has been the impact of the Internet on the world of bespoke tailoring?

Yukio Akamine: Some people have more financial resources than they have taste resources so whatever they do they tend to do it in pretty bad style. Internet at some level tends to be the cause of that. People are all about the moment, they want things to happen right away without taking the time to learn and to appreciate anything.

I believe that you see a continuity of taste in a person’s life from the way you speak, you conduct yourself, and from the way your house is set up and furnished.

The shoes I wear today are from John Lobb, they are 25 years old. When I first got them they weren’t really comfortable but after 25 years, they really feel comfortable. With beautiful things, it is all about learning to wait, being patient. People today, they don’t want to give it time. But it is like love, it is like a relationship, it is like learning, like all the things we admire, it takes time. Anything that happens in the snap of a finger isn’t good.

Using internet to communicate some tailoring houses are trying to become brands, but brands are not interesting. The hand, the quality of the work, that is what matters. Is it beautiful or is it ugly? That what matters; the brand, who made it, it is irrelevant. It is the thing itself that speaks for itself. Either it has soul or it doesn’t. 

FTDF: What is your view on menswear/ready to wear nowadays in Japan?

Yukio Akamine: Thirty years ago, the Japanese economy was at its best. But in the last few years, it has been more difficult. For that reason there was a great pressure on people to buy less expensive products. As a result there was a great boom of mass produced garments made in China which were of poor quality and were not very good at all. Now things are starting back to be made in Japan. Therefore, there is more attention to details and some quality products are now back on the market. There is more attention to the quality of the manufacturing, of the fabrics. It is positive.

FTDF: Growing up, did you have style icons?

Yukio Akamine: There are many. I loved Jean Cocteau who was very elegant. There was also Visconti who radiated natural elegance.

Every once in a while in Paris I happen to see an elderly man who has got a lot of style. I don’t see a lot of style in young people. When I was in my twenties I was always impressed by the way more mature people dressed. 

FTDF: What is your definition of elegance?

Yukio Akamine: Elegance is born in the heart of a person. Elegance is a personal affair. It is a very personal experience, that is why you can’t replicate it, you can’t mass produce it.

For instance, when I look at Scott Schuman’s pictures, most of the time I don’t even notice the clothes, I notice that Scott is able to get the subject’s heart on film. If you look at The Sartorialist only for the clothes, you are missing the point. Scott is taking pictures of souls.

Source: The Sartorialist

We would like to thank Yukio Akamine for his availability, his kindness and his wisdom.

We would also like to thank Michael Alden for his crucial help.

This interview was conducted by PAL and VM for For The Discerning Few. Paris, February 2012. All Rights Reserved.


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Michael Alden & Yukio Akamine

Interview with Mr Akamine coming soon…

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